Le danger allemand et de la construction européenne. samedi, Mai 23 2009 

Le danger allemand et de la construction européenne.

Le coût de la réunification allemande, pour la France.

A quelques jours des élections européennes, il est bon de montrer les dessous des cartes.

Edouard Husson [1], grand connaisseur de l’Allemagne, nous explique le coût de la réunification de l’Allemagne, sur l’économie européenne et particulièrement française : http://www.diploweb.com/p5ehus02b.htm. Selon lui, les pays de l’Europe de l’occidentale ont payé deux fois cette réunification : Une première fois au début des années 1990 par la politique des taux d’intérêts pratiqués en Allemagne et une deuxième fois par la dévaluation des monnaies européennes intégrées à l’euro-mark. Nous payons deux fois, mais ce n’est pas dit.

Pour  Edouard Husson, la réunification allemande a affaibli l’Europe, dont elle veut l’hégémonie : l’Allemagne étant en situation prépondérante en Europe, ne serait-ce que par l’accroissement démographique induit par la réunification, a pesé sur toutes les décisions. Ceci d’autant plus que les Français se sont liés les mains via le traité de Maastricht. Pourtant, cette Allemagne était elle-même en voie d’affaiblissement. Il en résulte une situation paradoxale : la réunification de l’Allemagne a été accompagnée d’un affaiblissement de l’Europe. La manière dont l’Allemagne a imposé ses choix politiques en 1991 – 1993 dans la crise Yougoslave a sans doute précipité et accéléré la crise, empêchant de lui trouver une solution européenne satisfaisante et qui murisse avec le temps. De la même manière, la politique monétaire européenne à laquelle l’impulsion est donnée par l’Allemagne conduit plutôt à un affaiblissement de l’Europe dans son entier … et ce sont les américains qui viennent à la rescousse. Aussi bien dans les Balkans que pour soutenir l’euro.

De plus, l’Europe de la puissance est un leurre. L’Allemagne cherche l’hégémonie en Europe, mais reste la partenaire privilégié  des USA: En fait, les américains sont profondément agacés par ce qu’ils considèrent être une incompétence européenne flagrante. Cependant, l’Allemagne souffre moins de ce discrédit à leurs yeux que les autres partenaires européens. Parce que l’Allemagne reste malgré tout le partenaire prioritaire en Europe. En 1999, la guerre du Kosovo a amplement démontré que Berlin est maintenant l’interlocuteur européen privilégié des Etats-Unis au sein de l’OTAN. La chaîne de commandement en Europe est constituée par l’axe Washington-Londres-Berlin. Paris se retrouve à la marge.

Une nécessité retour à la politique réaliste de nos rois.

Ce qui est intéressant dans cet article est la démonstration de  l’irréalisme politique  de nos dirigeants. Depuis 50 ans, nous construisons l’Europe. Contrairement aux autres pays, nous ne défendons pas nos intérêts, au nom de la construction européenne. Cela peut être noble, mais, cela ne nous sert pas et sert les intérêts de l’Allemagne, puisque l’élargissement se fait dans sa zone d’influence. Nous ne devons pas être biaisés par rapport aux autres. L’auteur regrette l’attitude de toutou des français, suivant aveuglement l’Allemagne : La France s’est pourtant fait un énorme tort en Europe en se mettant à la remorque de l’Allemagne et en traitant de haut ce qu’on appelle les « petits » pays.

Les petits  Etats Européens sont déçus de l’attitude pro allemande de la France, et de l’ignorance de ces petits Etats de notre part : « Il faudrait sortir de cette logique perverse et le meilleur moyen serait que la France devienne la voix des « petits » pays. Ce qui permettrait une remise à plat nécessaire et positive au sein de l’Union européenne. »

Et oui, c’est une diplomatie réaliste donc capétienne qu’il faut revenir. Du traité de Westphalie (1648) au traité de Vienne (1814), la France a toujours eu une diplomatie protégeant les petits Etats, contre l’Empire Autrichien. Il faudrait faire de même vis-à-vis  de l’Allemagne.

Intérêts des allemands et des américains.

Un autre article intéressant résume les analyses de Pierre Hilaire. Selon lui, malgré les régimes successifs en Allemagne, celle-ci n’a pas renoncé à sa volonté hégémonique en Europe, en promouvant une Europe des régions, contre les Etats-Nations : http://www.diploweb.com/ue/hillard.htm. Or, si nous regardons la politique européenne et mondiale des USA, celles-ci a toujours voulu redessinée une carte de nations-ethniques. Ce sont les USA qui ont divisé les empires centraux n 1918, aidé par le républicain Clémenceau, au nom « des droits des peuples à disposer d’eux même ». Il y a deux semaines, le congrès américain s’est penché sur le démantèlement de l’Irak, entre kurdes, chiites, et sunnites.  La division de l’Europe en région, profiterait en premier lieu aux USA. Ils auront un partenaire privilégié et solide avec une Allemagne, unissant tout les peuples germaniques.

Il serait faux de croire que la construction européenne permettrait un équilibre mondial avec une puissance européenne, face à une puissance américaine. La promotion de la construction européenne et la division de l’Europe en région, iraient contre nos intérêts. La zone euro est quand même la zone la moins forte en croissance dans le monde. Quand nos dirigeants auront le courage de dire que l’Europe est utopique nous desservant ?

Comment redéfinir la vocation de la France et sa mission ? Chaque pays, chaque nation, de même que chaque individu, a pour vocation de pouvoir vivre sa différence hors de toute uniformité réductrice, car chacun possède une identité et une personnalité qui lui sont propres. Ainsi, au cours des siècles, la France a su bâtir sa souveraineté, dans les limites de sa géographie, par la conquête et la persuasion laborieuse des peuples. Dans la perception des frontières naturelles qui ont donné à notre pays sa configuration et sa force, la France a pu accueillir sur son sol de multiples courants d’immigrants. Pays fort, notre pays ne pouvait que s’enrichir de ces divers apports. J’aimerais alors que chaque Français puisse être conscient du magnifique patrimoine qui lui fut transmis et qui peut se résumer dans le nom même de la France. Aujourd’hui qui se souvient que le nom premier de la Gaule « gaol » en araméen signifie libérer ? La France, tout au cours de sa longue Histoire, a donné un sens exemplaire à cette réalité d’un creuset où se sont forgées les libertés. Pourtant, de ce pays naguère envié et jalousé, aujourd’hui en perte de souveraineté, que reste-t’i1 ? Henri d’Orléans.

[1] http://www.edouardhusson.com/

Bibliographie :

  • Minorités et régionalismes dans l’Europe fédérale des régions, sous-titre : Enquête sur le plan allemand qui va bouleverser l’Europe, préface de Paul-Marie Coûteaux et postface d’Edouard Husson, Éditions François-Xavier de Guibert, 2004 ;
  • Les ambiguïtés de la politique allemande dans la construction européenne, thèse de doctorat de sciences politiques sous la direction d’Edmond Jouve, Université Paris-V, 2005 ;
  • La Décomposition des nations européennes, sous-titre : De l’union euro-Atlantique à l’Etat mondial. Géopolitique cachée de la constitution européenne, préface d’Édouard Husson, Éditions François-Xavier de Guibert, 2005 ;
  • La Marche irrésistible du nouvel ordre mondial, sous-titre : Destination Babel, Éditions François-Xavier de Guibert, 2007 ;
  • La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale, Editions François-Xavier de Guibert, 9 avril 2009.


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Le testament politique de Louis XVI retrouvé mercredi, Mai 20 2009 

La dernière page du manuscrit, qui en compte seize en tout, racheté par un collectionneur français. Louis XVI termine son message par ces mots : « Français, et vous surtout Parisiens, vous habitants d’une ville que les ancêtres de Sa Majesté se plaisaient à appeler la bonne ville de Paris, méfiez-vous des suggestions et des mensonges de vos faux amis, revenez à votre Roi, il sera toujours votre père, votre meilleur ami. Quel plaisir n’aura-t-il pas d’oublier toutes ses injures personnelles, et de se revoir au milieu de vous lorsqu’une Constitution qu’il aura acceptée librement fera que notre sainte religion sera respectée, que le gouvernement sera établi sur un pied stable et utile par son action, que les biens et l’état de chacun ne seront plus troublés, que les lois ne seront plus enfreintes impunément, et qu’enfin la liberté sera posée sur des bases fermes et inébranlables. A Paris, le 20 juin 1791, Louis.» (DR)

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/05/20/01016-20090520ARTFIG00025-le-testament-politique-de-louis-xvi-retrouve-.php