ROBERT II LE PIEUX. (996-1031) mercredi, Sep 8 2010 

ROBERT II LE PIEUX. (996-1031)

« Paré de ses actions merveilleuses, il brillait chaque jour davantage de l’éclat de ses mérites, lui qui se distinguaient par l’étendue et la perfection de sa science. Il était de taille élevée ; sa chevelure était lisse et bien planté, son regard modeste, son nez proéminent et large, sa bouche suave et douce, pour donner le baiser de la sainte paix, sa barbe très imposante, ses épaules hautes. Quand la couronne était posée sur sa tête, on devinait que par ses aïeux, et bisaïeux, il descendait d’une race royale. . Lorsqu’il montait son cheval royal, chose admirable à dire, ses doigts de pied rejoignaient presque le talon, et cela était considéré comme un miracle par les personnes qui voyaient. Helgaud. Les amours, les amis, les emmerdes : Du drame shakespearien au vaudeville Robert naquit à Orléans, en 972, environ. Son père fut Hugues capet épousant Adelaïde de Poitiers, ou d’Aquitaine. Celle-ci était issue de la famille de Rammufilde. Elle descendit par son père des carolingiens par les femmes, et par sa mère, elle avait du sang viking par les comtes de Normandie. Bien que loin, le sang sacré de Charlemagne coulait doublement dans les veines de Robert. Le jeune Robert reçut une excellente instruction, dans l’école de Reims, l’ENA de l’époque, mais en mieux. Théologie, rhétorique et latin furent au programme. Un peu roi-philosophe de la cité platonicienne, il fit figure du prince modèle. Lorsque son père fut couronné roi, il revint à la cour. Il prit le métier du roi, et pour assurer la continuité du pouvoir, son père le sacra à Noël 987. Officiellement, son père devait secourir le comte d’Espagne et son fils devait s’occuper de la régence, en quelque sorte. Mais Hugues ne vit jamais Barcelone ! Avec le consentement d’Adalbéron, à son insu, il fit un coup d’Etat ! Après lui, son fils sera roi. Il épousa la même année Rosala dit Suzanne d’Italie, fille de Béranger, roi déchu. Elle vécut exilée, dans le donjon du roi de Germanie, Otton. Elle se marie avec Arnould II, comte de Flandres et devient veuve vingt ans pus tard. L’âge avancé de Suzanne n’est pas très connu, et varie selon 35 et 50 ans, une vieille dame pour l’époque, de toute façon. Elle comptait se retirer de ce monde, mais Hugues Capet eut de l’ambition, pour elle… et pour son fils. Elle avait une dote énorme qui intéressait le petit Capet. Son premier choix, fut plus exotique, une princesse Constantinople, mais nous attendons toujours la réponse de Byzance… Allez, Suzanne devint la deuxième reine capétienne, par défaut ! Vu son âge honorable, elle ne fut point féconde. Robert la répudia, tout en gardant sa dote. Pas folle la guêpe ! Elle se retira en Flandres, chez son fils Baudouin IV, où elle mena une vie discrète et s’éteignit en 1003, à l’âge de 65 ans. Elle ne repose pas à Saint Denis, mais au près de son époux, en Flandre. Le roi Hugues rendit l’âme, Son fils Robert II lui succéda instantanément. Ce pendant, au fur et à mesure qu’Hugues vieillissait son fils prenait de plus en plus d’importance dans les affaires publiques. Naturellement, associé au pouvoir depuis 11 ans, il devient roi sans grandes difficultés. Face aux rides de Suzanne,, le jeune Robert eut ses hormones qui titillaient quelque peu. Le jeune éphèbe tomba amoureux de Barthe de Bourgogne. Quel joli prénom ! Ce fut une cousine éloignée au 7ème degré, veuve et mère de 5 enfants. Elle était la petite-fille du roi Louis IV d’Outremer. Pour corser l’affaire, Robert fut le parrain, le père spirituel du petit dernier. Tel un drame shakespearien, Robert et Berthe ne purent se marier. Mais, Hugues Capet et Eude, le comte Blois, son mari décédèrent en quelques mois N’étant plus que le seul roi, il épousa sa concubine Berthe avec la bénédiction de l’archevêque de Tour, plus conciliant. Et déjà, les libertés gallicanes étaient en germe… Mais le pape s’opposa, pour des raisons incestueuses, comme nous l’avons vu plus haut, et pour des raisons politiques. Le capet, il ‘aimait bien, tant qu’il n’était pas puissant. Là, il s’agrandissait un peu trop, à son goût. Le pape le menaça de l’excommunier. Mais peu lui chalut de la décision du pape. Il résista durant 4 ans. Mais le couple royal fut excommunia, et la cour s’exila, de peur être en quelque sorte excommunier. Robert fit semblant de céder… Mais non ! Il continua et persista. En 998, un concile se réunit à Rome, où l’excommunication était prononcée, sur lui mais aussi sur le royaume. Mais, Gerbert devint Sylvestre II et devant le maître, et un enfant mort-né, le roi se décida de se séparer de sa dulcinée, La mort dans l’âme. L’unique amour de sa vie… Mais celle-ci resta tout de même dans la cour, où elle tenta de récupérer le pouvoir sans y parvenir. Agé de 29 ans, le roi de France ne pouvait pas rester seul. Il ne pouvait pas mettre fin à l’œuvre de ses pères en ne contactant point d’Alliance. Après lui, le déluge. Les grands auraient du réélire un autre roi. Il était le seul fils d’Hugues Capet et probablement, le seul descendant mâle d’Hugues le Grand. Ainsi, le nord allait épouser le sud, Robert épousa Constance d’Arles. Le midi rentra dans la cour de France ! Un choc de civilisation ! Madame eut un caractère bien trempé, un caractère bien sudiste, et elle fit vivre l’enfer au près de son mari. Mais les deux mondes furent aussi étrangers entre eux. La bonhommie, le raffinement des méridionaux s’accommoda mal avec l’austérité et la rusticité du nord. Quel cela tienne, le sang du midi coule à tout jamais dans les veines de nos princes. Mais Robert supporte mal sa nouvelle femme et souhaite l’annulation de son mariage par le peuple. Il n’est plus à un mariage près. Mais le pape refuse… La reine Constance avait donné trois fils à la France. Hugues, Henri et Robert. Robert eut la préférence de sa mère, et voulu qu’il fût roi. Robert II décida de co-sacré son aîné, Hugues comme le fit son père. Il sacra Hugues en 1017, malgré les mécontentements des grands. L’élection du roi leur échappa. Il instaure ainsi la règle de primogéniture. Les petits capétiens s’imposèrent peu à peu. Le prince héritier ne reçut pas d’apanage, normal, il allait recevoir la couronne ! Constance fit rebeller son fils Robert et eut gain de cause. Hugues mourut en 1027. Henri fut sacré durant le dimanche de pentecôte. Il est sûr qu’avoir l’ex femme dans le palais royal, n’arrangeait pas l’harmonie du couple. Constance fut folle et quitta la cour. Bon débarras ! La cour fut soulagée. Mais le cadet se rebella contre Henri, espérant un grand domaine. Les deux frères se retournèrent contre leur père. Brave homme, celui-ci un grand chrétien pardonna. Mais le clergé soutint le fils qui vengea son grand-père qui eut des difficultés avec les amours de son fils. L’accroissement du domaine royal, un destin presque impérial. Le Xème siècle marque l’époque féodale, avec sa dureté, ses guerres incessantes entre seigneurs. Les plus pauvres en souffrent. L’Eglise veut imposer la paix de Dieu par l’intermédiaire des rois. De là, se mit en place, l’image justicier qui déterminera la royauté capétienne. Robert II, baigné dans ce mouvement religieux inspiré des cisterciens, joua son rôle. Ainsi Robert fut le glaive de Dieu, pour imposer la paix de Dieu et ainsi que son autorité. Robert avait le souci d’accroître son pouvoir royal. Son oncle Eude de Bourgogne mourut sans descendant direct, seulement un fils adoptif qui n’avait pas de droits féodaux. Celui-ci, Otte-Guillaume, beau-fils d’Eude, s’empara de la Bourgogne. Aussitôt, Robert répliqua. En 1002, l’année suivante, Ote-Guillaume vaincu, abdiqua. Mais ses alliés ne furent pas du même avis. Robert les combattit jusqu’en 1016. Robert donna en apage à son fils, Robert, fondateur de la lignée des capétiens de Bourgogne et de Portugal. En effet, son arrière-petit-fils Alphonse- Henrique de Bourgogne connaîtra un destin royal. Il sera le premier roi de Portugal, le 27 juillet 1139. Actuellement, la famille royale de Bragance, prétendante au trône de Portugal, descend en ligne directe de lui, et par conséquent de notre Hugues Capet. Mais, ils sont issus de branches bâtardes. Son représentant actuel est Don Duarte de Bragance, né en 1945. La famille Bragance régna aussi au Portugal, au XIXème siècle, avec Pierre Ier, Pierre II. Sa fille épouse Gaston d’Orléans, et leur descendance, Isabelle (1911-2003) épousera le feu comte de Paris (1908-1999), dont descend notre famille royale. Robert II donc fut aussi un grand guerrier où il parvient à rattacher le duché de Bourgogne, les comtés de Dreux, de Melun et de Paris, au domaine royal. Suite, ses victoires, Robert eut un prestige international. Le petit capétien prit de l’ampleur. Lui, le descendant de Pépin d’Italie, de Charlemagne et d’Otton Ier, on lui proposa le trône d’Italie et du Saint empire. Le dernier descendant ottonien direct, le futur Saint Henri, s’éteignit sans descendant. La place était libre. Mais Robert déclina l’offre. Non, par refus de l’empire, il est faut de croire que es capétiens n’avaient pas de rêve impérial. Pour les partisans de l’empire jusqu’au XVIIème siècle, les capétiens étaient l’héritier de Charlemagne. Plus d’une fois, on proposa au roi de France ou un capétien, le trône impérial. Le frère de Saint Louis, Charles d’Anjou se vit proposer l’empire. François Ier et Louis XIV se portèrent candidats. Et enfin, l’hériter des Habsbourg proposa comme représentant de l’Union Européen nouveau Saint Empire Romain Germanique, pour paraphraser Voltaire qui n’est ni saint ni empire et ni romain, son cousin le grand duc de Luxembourg, descendant direct de Louis XIV, par les Bourbon de Parme et Philippe V d’Espagne. Un prince européen dans toute sa splendeur. Certes, les capétiens n’eurent pas d’empire, mais ils en construisirent un indirectement. Des rejetons ont régné au Portugal, Espagne, presque en Angleterre, Italie, Hongrie, Brésil… Puis ils firent un empire moral, artistique et spirituel, la civilisation française rayonnant sur le monde. Pour revenir à Robert, il refusa l’offre, bien que tentantes, il préféra avoir un petit royaume, avec une forte autorité qu’en empire sans pouvoir. Arrêtons de rêver, et concentrons nous sur le royaume de France, et précisément sur dans la cour de France. Un nouveau Numa à la française ou la réforme clunisienne. « Sa pieuse mère l’envoya aux écoles de Reims et le confia au maître Gerbert, pour être élevé par lui et instruit suffisamment dans les doctrines libérales. » — Helgaud de Fleury, Epitoma vitae regis Roberti pii, v. 1033. « Le très bon et très pieux Robert, roi des Francs, fils de Hugues, dont la piété et la bonté ont retenti par tout le monde, a de tout son pouvoir enrichi chéri et honoré ce saint [Aignan] par la permission duquel nous avons voulu écrire la vie de ce très excellent roi. » — Helgaud de Fleury, Epitoma vitae regis Roberti pii, v. 1033. L’époque connaît des courants hérétiques cherchèrent à purifier à l’Eglise par ses excès de laxisme, avec le simonisme, le concubinage des prêtres, la vie des évêques éloignée des préceptes évangéliques. Critiques légitimes qui sont revenues souvent au cours de l’histoire de l’Eglise. Mais, le vrai problème est leur contestation de l’ordre social, de la hiérarchie de l’Eglise et de la famille. Inacceptable pour Rome. Des cas d’hérésies se trouvaient dans l’orléanais touchaient essentiellement la noblesse et le clergé. Les accusés passaient devant un tribunal, et débattaient à un haut niveau de théologie, avec l’évêque. Celui-ci, face à la persistance des hérétiques, les laissa dans les mains du pouvoir séculier. Robert, contre l’avis du conseil et de l’Eglise n’allait pas aller de main morte. Au bucher ! Les 13 hérétiques furent donc brûler. Mais, Robert crut qu’il fit le bien, et défendit défendre l’orthodoxie. Il était sincèrement pieux. Dans « la vocation chrétienne de la France » Jean-François Chemain, note que deux souverains français ont l’épithète de « Pieux », Louis et Robert II, tous les deux second dans les deux dynasties. Jean-François Chemain met en lien avec la royauté Romaine, qui après tout, nos rois s’en réclamaient. Le deuxième roi fut Numa, succédant à Romulus qui fonda l’Etat, tout comme Charlemagne et Hugues Capet, qui ancra cet Etat « dans le granit de l’alliance divine. » Leçon à retenir, pour plus tard. Robert II est un roi pieux, il prit chaque jour, seul et longuement, multiplie les actes d’humilité et de charité, comme laver les pieds aux pauvres le jeudi Saint, comme le fit Saint-Louis et Louis XIII. L’image pieuse de ce roi est renforcée par les pouvoirs thaumaturges. En effet, il est le premier capétien a soigné les écrouelles.. Le roi te touche, Dieu te guérit », diront les rois à partir des Valois. Est-ce ces quelques mots simples, courants mais magiques qui fit le charme et la légitimité des capétiens, jusqu’à Charles X ? Face aux hérésies, la réponse de l’Eglise fut plus douce et spirituelle, avec la réforme clunisienne et l’élan monarchiste. Le cœur de cette purification fut l’abbaye de Cluny. Un siècle plus tôt, en 909, Guillaume Ier d’Aquitaine créa l’abbaye. Elle visa à restaurer l’ordre bénédictin sur les pas de Saint Benoît d’Aniane. Les monastères clunisiens ont des privilèges immunitaire, c’est-à-dire qu’elles n’eurent des compte qu’à rendre au pape directement, et furent séparer du pouvoir séculier. Selon Jean-François Chemain, elle soutint Robert pour s’affranchir de la souveraineté impériale. Celui-ci encouragea la réforme cistercienne pour purifier l’Eglise. On lui doit notamment la construction de Saint-Germain-des-Prés détruite par les normands. La mort du roi. Robert mourut en 1031. Il demanda pardon pour ses péchés et fit l’aumône. La population garda de ce saint homme, un roi pieux. Il préfigura le roi chrétien, modèle de Louis VII et surtout Saint Louis. Il aurait pu être canonisé, mais ses amours lui coûtèrent d’être Saint Robert de France. Nous ne constaterons par la suite que les premiers capétiens dépourvus de pouvoirs politiques eurent un grand sens religieux. Roi car intermédiaire entre Dieu et les hommes. Roi car ayant une autorité morale à défaut d’en avoir une politique. Certes, tous nos rois se comporteront en roi Très Chrétien, tentant d’imiter Saint Louis. Mais aucun n’eut l’épithète de pieux ou

Les Capétiens, naissance d’une dynastie nationale- Hugues Capet-. mardi, Juil 21 2009 

Les Capétiens, naissance d’une dynastie nationale.

1 / HUGUES CAPET (987-996)

a/ Hugues, duc des Francs.

Hugues Capet fut le petit-fils de Robert Ier, roi des francs (922-923), sa famille eut du prestige avec l’arrêt des Vikings à Paris (885-886), par Eude, comte de Paris qui deviendra roi des francs.

Son père fut Hugues le Grand (898-956) refusant une royauté bancale pour ne pas  perdre ses bénéficies, il met sur le trône l’héritier carolingien, Louis IV d’outre-mer qui le nomme dux francorum. Mais doutant de l’accroissement du pouvoir et de l’influence, le roi carolingien lui déclare la guerre mais il est perdant. Il épousa la fille d’Henri Ier l’oiseleur, empereur du Saint Empire et ils auront autre Hugues Capet qui héritera le titre du duc des Francs. Hugues reçoit une éducation rudimentaire, plus apte à faire la guerre : il apprend à monter à cheval, tirer à l’arc et à combattre corps à corps. Hugues n’apprendra jamais à lire, écrire et n’aura aucun goût pour ni pour les arts et ni pour le latin. Mais il reçoit une éducation religieuse solide.

Il apprend son métier de duc, qui lui servira pour celui de roi, grâce à son père, qui l’accompagne dans ses chevauchées à travers ses domaines. Hugues le Grand est intelligent, fin diplomate et politique avisé, qualités qui héritera son fils, notre futur roi.

b. Un nouveau roi, une nouvelle dynastie.

A la mort de Louis V, Hugues Capet devient donc le 3 juin 987, roi des francs. Il est reconnu par l’ensemble des peuples qui constituent la Francis Occidentale :

« Le duc fut porté au trône et reconnu roi par les Gaulois, les Bretons, les Normands, les Aquitains, les Goths, les Espagnols (du comté de Barcelone) et les Gascons. »
— Richer de Reims, Histoire, IV, v. 990

Il est sacré  à Noyon, le 3 juillet 987. Lors de son sacre, il promet :

« Je promets à chacun de vous [les évêques] de lui conserver le privilège canonique, la loi et la justice qui lui sont dus et de vous défendre autant que je le pourrai, avec l’aide du Seigneur, comme il est juste que le roi agisse en son royaume envers chaque évêque et l’Eglise qui lui ai confiée ; je promets de concéder de notre autorité au peuple qui nous est confié une justice selon ses droits »

Plusieurs raisons ont amené les grands à élire Hugues Capet. Tout d’abord, Hugues est issu d’une lignée prestigieuse, sa famille a déjà accédé à la couronne royale, il est à la tête de réseau vassalique, et il est carolingien par sa mère, une Vermandois et Ottonien par Henri Ier l’oiseleur. Il a toutes les vertus et la foi chrétienne, pour être un bon roi, soucieux de la Respublica. Son concurrent le plus sérieux, fut Charles de Lorraine, dernier carolingien, oncle de Louis V. En théorie, il était légitime, car carolingien. Mais Adalbéron de Reims argumenta sur le fait que Charles de Lorraine.

« Nous n’ignorons pas que Charles [de Lorraine] a des partisans : ils soutiennent qu’il a des droits à la couronne, transmis par ses parents. Mais on ne doit porter sur le trône qu’un homme exceptionnel par la noblesse du sang et la vertu de l’âme. Or, Charles n’obéit pas à l’honneur, il a perdu la tête au point de s’être remis au service d’un roi étranger Otton II et d’avoir pris femme dans une classe inférieure de la noblesse. » Richer de Reims, Histoire, IV, v. 990.

« En acceptant, avec le duché de Basse-Lorraine, la vassalité de l’empereur, Charles était devenu un étranger au royaume et ne pouvait plus revendiquer le trône 1 »

1 L’argument de Richer est intéressant pour l’histoire du sentiment national en France. Il préfigure celui qu’invoqueront en 1328, à la mort de Charles IV le Bel, les grands de France pour préférer à Edouard III d’Angleterre, neveu du défunt roi et sont plus proche parent, le comte Philippe de Valois, son cousin germain. Ce dernier dira un chroniqueur de l’époque, « était du royaume » alors qu’Edouard III ne l’était pas. » Yves Sassier, Hugues Capet, p 196

Il est assez intéressant de constater que dès le Xème siècle, la nationalité du prince pouvait avoir des conséquences sur ses futures qualités de roi. Celle-ci s’affirmera au XIVème et au XVIème siècle avec l’arrêt Lemaistre de 1593. Ainsi, Hugues Capet fut élu en qualité de prince national. Jacques Bainville.

L’autre raison est plus paradoxale. Adalbéron favorise l’élection d’Hugues Capet, au détriment de Charles de Lorraine, car il est partisan de l’Empire. D’ailleurs, Louis V l’avait trainé en justice, à Compiègne, pour le juger comme traitre. Sa mort arrangea bien l’archevêque. Ainsi, il veut écarter le dernier carolingien pour favoriser les Ottoniens. A cette date, l’empereur est le jeune Otton III, qui est encore mineur. Hugues Capet est un homme mûr. Ainsi, il pense qu’à la mort du nouveau roi de Francs, Otton III sera acclamé comme roi de la Francis occidentale, et d’unir sur sa tête, la chrétienté latine. Mais c’est méconnaître Hugues Capet et les siens. Toutes l’histoire de cette dynastie est l’affirmation de leur souveraineté contre les empereurs du Saint-Empire. La dynastie capétienne fut installée par la volonté des empereurs, et celle-ci finira par vaincre l’empire.

Afin d’asseoir sa famille sur le trône des francs, Hugues trouve le prétexte d’une aide militaire au comte d’Espagne (Barcelone) en lutte contre les musulmans, pour faire acclamer et sacré son fils Robert à noël 987. Au début, Adalbéron fut contre, mettant en mal ses idées impériales. Mais l’argumentation du roi lui fit changer d’avis.  Ainsi, en cas de mort d’Hugues Ier, son fils sera son successeur. Cette pratique sera abolir sous Philippe II, ne doutant pas de sa légitimité ne fera pas sacre son fils, Louis, de son vivant. Bien sûr, Hugues Ier ne guerroya jamais en Espagne.

Hugues instaure la progéniture masculine qui ne sera pas contestée jusqu’en 1316, dit « le miracle capétien ».

c. Un roi guerrier.

Ainsi, la légitimité d’Hugues Capet fut faible. Il fut contesté par une partie des « légitimistes » carolingien et le premier d’entre eux. Celui-ci le fit une guerre et prit en 988 la ville de Laos. Adalbéron mourut, Hugues favorisa l’élection d’Arnould, neveu de Charles comme archevêque de Reims, pour calmer les ardeurs du carolingien. Mauvais calcule, l’archevêque aida son oncle à rentrer dans la ville, en 989. Hugues rentre en guerre, contre le carolingien. Hugues Ier souhaite négocier avec lui à Reims. Mais  l’évêque de Laon, Adalbéron, malgré sa fidélité à Charles, le trahit et le livre avec son neveu, à Hugues. Charles est enfermé à Orléans et mourra en 991. Ses fils, Otton et Louis mourront en 1012, sans descendance et s’éteindront avec eux, l’illustre lignée des Carolingiens. L’attitude d’Adalbéron et d’Hugues choquèrent leurs contemporains.

Outre un parti « légitimiste » ou « carliste », il existe un parti impérial, rêvant d’unir l’ancien empire franc sous la même tête, le même qui a mis Hugues Capet sur le trône peu glorieux des francs. Celui comporte Eude Ier de Blois, cousin Hugues Capet par les Vermandois et Robert Ier de France, par les femmes, et Adalbéron de Laon, souhaitant destituer les deux rois capétiens, au profit d’Otton III, en 995. Avertis, les deux rois ont déjoué le complot.

En 991, Eude de Blois vise la ville de Melun, qui pourrait unir son territoire. La ville est placée sous l’autorité du roi, et il sait qu’une prise par la force lui serait fatale. La ville appartenait à un de ses aïeux, ainsi il corrompre l’administrateur.  Les deux rois sont furieux. Richard Ier de Normandie, allié des capétiens,  Foulques Nerra et Bouchard se lancent contre Eude, celui-ci est vaincu. Enfin, Eude lance une attaque sur la château de Langeais, mais il est mis en échec et meurt quelques temps après. Son fils Robert II voudra épouser sa veuve, Berthe de Bourgogne,  et répudie sa première femme Rozala, en 992, contre l’avis de son père.

Hugues Capet ne fut certainement pas un grand roi, il a juste mis la première pierre de la grande famille capétienne.

Il a su appuyer la réforme monastique, qui donnera un nouveau souffle  à la chrétienté. Enfin, il met au pas les barons rebelles, politique suivie jusqu’à Louis XIV.

Il meurt en  le 24 octobre 996, après un pèlerinage sur la tombe de son ami Mayeul. Selon le moine Helgaud, Hugues confie à son fils ces quelques mots :

« Je t’adjure, au nom de la Sainte et Indivisible  Trinité,  de ne pas livrer ton âme au conseil des flatteurs, de ne pas écouter les vœux de leur ambition, en leur faisant un don empoisonné de ces abbayes que je te confie. Je souhaite également qu’il ne t’arrive point, conduit par la légèreté d’esprit ou ému par la colère, de distraire ou d’enlever quelque chose de leurs biens. Mais je te recommande surtout de veiller à ce que, pour aucune raison, tu ne déplaises jamais à leur chef commun, le grand Benoît ».

Bibliographie,

Yves Sassier, Hugues Capet, 1987

Jacques Bainville, Histoire, de France, Fayard, 1924

Le danger allemand et de la construction européenne. samedi, Mai 23 2009 

Le danger allemand et de la construction européenne.

Le coût de la réunification allemande, pour la France.

A quelques jours des élections européennes, il est bon de montrer les dessous des cartes.

Edouard Husson [1], grand connaisseur de l’Allemagne, nous explique le coût de la réunification de l’Allemagne, sur l’économie européenne et particulièrement française : http://www.diploweb.com/p5ehus02b.htm. Selon lui, les pays de l’Europe de l’occidentale ont payé deux fois cette réunification : Une première fois au début des années 1990 par la politique des taux d’intérêts pratiqués en Allemagne et une deuxième fois par la dévaluation des monnaies européennes intégrées à l’euro-mark. Nous payons deux fois, mais ce n’est pas dit.

Pour  Edouard Husson, la réunification allemande a affaibli l’Europe, dont elle veut l’hégémonie : l’Allemagne étant en situation prépondérante en Europe, ne serait-ce que par l’accroissement démographique induit par la réunification, a pesé sur toutes les décisions. Ceci d’autant plus que les Français se sont liés les mains via le traité de Maastricht. Pourtant, cette Allemagne était elle-même en voie d’affaiblissement. Il en résulte une situation paradoxale : la réunification de l’Allemagne a été accompagnée d’un affaiblissement de l’Europe. La manière dont l’Allemagne a imposé ses choix politiques en 1991 – 1993 dans la crise Yougoslave a sans doute précipité et accéléré la crise, empêchant de lui trouver une solution européenne satisfaisante et qui murisse avec le temps. De la même manière, la politique monétaire européenne à laquelle l’impulsion est donnée par l’Allemagne conduit plutôt à un affaiblissement de l’Europe dans son entier … et ce sont les américains qui viennent à la rescousse. Aussi bien dans les Balkans que pour soutenir l’euro.

De plus, l’Europe de la puissance est un leurre. L’Allemagne cherche l’hégémonie en Europe, mais reste la partenaire privilégié  des USA: En fait, les américains sont profondément agacés par ce qu’ils considèrent être une incompétence européenne flagrante. Cependant, l’Allemagne souffre moins de ce discrédit à leurs yeux que les autres partenaires européens. Parce que l’Allemagne reste malgré tout le partenaire prioritaire en Europe. En 1999, la guerre du Kosovo a amplement démontré que Berlin est maintenant l’interlocuteur européen privilégié des Etats-Unis au sein de l’OTAN. La chaîne de commandement en Europe est constituée par l’axe Washington-Londres-Berlin. Paris se retrouve à la marge.

Une nécessité retour à la politique réaliste de nos rois.

Ce qui est intéressant dans cet article est la démonstration de  l’irréalisme politique  de nos dirigeants. Depuis 50 ans, nous construisons l’Europe. Contrairement aux autres pays, nous ne défendons pas nos intérêts, au nom de la construction européenne. Cela peut être noble, mais, cela ne nous sert pas et sert les intérêts de l’Allemagne, puisque l’élargissement se fait dans sa zone d’influence. Nous ne devons pas être biaisés par rapport aux autres. L’auteur regrette l’attitude de toutou des français, suivant aveuglement l’Allemagne : La France s’est pourtant fait un énorme tort en Europe en se mettant à la remorque de l’Allemagne et en traitant de haut ce qu’on appelle les « petits » pays.

Les petits  Etats Européens sont déçus de l’attitude pro allemande de la France, et de l’ignorance de ces petits Etats de notre part : « Il faudrait sortir de cette logique perverse et le meilleur moyen serait que la France devienne la voix des « petits » pays. Ce qui permettrait une remise à plat nécessaire et positive au sein de l’Union européenne. »

Et oui, c’est une diplomatie réaliste donc capétienne qu’il faut revenir. Du traité de Westphalie (1648) au traité de Vienne (1814), la France a toujours eu une diplomatie protégeant les petits Etats, contre l’Empire Autrichien. Il faudrait faire de même vis-à-vis  de l’Allemagne.

Intérêts des allemands et des américains.

Un autre article intéressant résume les analyses de Pierre Hilaire. Selon lui, malgré les régimes successifs en Allemagne, celle-ci n’a pas renoncé à sa volonté hégémonique en Europe, en promouvant une Europe des régions, contre les Etats-Nations : http://www.diploweb.com/ue/hillard.htm. Or, si nous regardons la politique européenne et mondiale des USA, celles-ci a toujours voulu redessinée une carte de nations-ethniques. Ce sont les USA qui ont divisé les empires centraux n 1918, aidé par le républicain Clémenceau, au nom « des droits des peuples à disposer d’eux même ». Il y a deux semaines, le congrès américain s’est penché sur le démantèlement de l’Irak, entre kurdes, chiites, et sunnites.  La division de l’Europe en région, profiterait en premier lieu aux USA. Ils auront un partenaire privilégié et solide avec une Allemagne, unissant tout les peuples germaniques.

Il serait faux de croire que la construction européenne permettrait un équilibre mondial avec une puissance européenne, face à une puissance américaine. La promotion de la construction européenne et la division de l’Europe en région, iraient contre nos intérêts. La zone euro est quand même la zone la moins forte en croissance dans le monde. Quand nos dirigeants auront le courage de dire que l’Europe est utopique nous desservant ?

Comment redéfinir la vocation de la France et sa mission ? Chaque pays, chaque nation, de même que chaque individu, a pour vocation de pouvoir vivre sa différence hors de toute uniformité réductrice, car chacun possède une identité et une personnalité qui lui sont propres. Ainsi, au cours des siècles, la France a su bâtir sa souveraineté, dans les limites de sa géographie, par la conquête et la persuasion laborieuse des peuples. Dans la perception des frontières naturelles qui ont donné à notre pays sa configuration et sa force, la France a pu accueillir sur son sol de multiples courants d’immigrants. Pays fort, notre pays ne pouvait que s’enrichir de ces divers apports. J’aimerais alors que chaque Français puisse être conscient du magnifique patrimoine qui lui fut transmis et qui peut se résumer dans le nom même de la France. Aujourd’hui qui se souvient que le nom premier de la Gaule « gaol » en araméen signifie libérer ? La France, tout au cours de sa longue Histoire, a donné un sens exemplaire à cette réalité d’un creuset où se sont forgées les libertés. Pourtant, de ce pays naguère envié et jalousé, aujourd’hui en perte de souveraineté, que reste-t’i1 ? Henri d’Orléans.

[1] http://www.edouardhusson.com/

Bibliographie :

  • Minorités et régionalismes dans l’Europe fédérale des régions, sous-titre : Enquête sur le plan allemand qui va bouleverser l’Europe, préface de Paul-Marie Coûteaux et postface d’Edouard Husson, Éditions François-Xavier de Guibert, 2004 ;
  • Les ambiguïtés de la politique allemande dans la construction européenne, thèse de doctorat de sciences politiques sous la direction d’Edmond Jouve, Université Paris-V, 2005 ;
  • La Décomposition des nations européennes, sous-titre : De l’union euro-Atlantique à l’Etat mondial. Géopolitique cachée de la constitution européenne, préface d’Édouard Husson, Éditions François-Xavier de Guibert, 2005 ;
  • La Marche irrésistible du nouvel ordre mondial, sous-titre : Destination Babel, Éditions François-Xavier de Guibert, 2007 ;
  • La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale, Editions François-Xavier de Guibert, 9 avril 2009.


Le testament politique de Louis XVI retrouvé mercredi, Mai 20 2009 

La dernière page du manuscrit, qui en compte seize en tout, racheté par un collectionneur français. Louis XVI termine son message par ces mots : « Français, et vous surtout Parisiens, vous habitants d’une ville que les ancêtres de Sa Majesté se plaisaient à appeler la bonne ville de Paris, méfiez-vous des suggestions et des mensonges de vos faux amis, revenez à votre Roi, il sera toujours votre père, votre meilleur ami. Quel plaisir n’aura-t-il pas d’oublier toutes ses injures personnelles, et de se revoir au milieu de vous lorsqu’une Constitution qu’il aura acceptée librement fera que notre sainte religion sera respectée, que le gouvernement sera établi sur un pied stable et utile par son action, que les biens et l’état de chacun ne seront plus troublés, que les lois ne seront plus enfreintes impunément, et qu’enfin la liberté sera posée sur des bases fermes et inébranlables. A Paris, le 20 juin 1791, Louis.» (DR)

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/05/20/01016-20090520ARTFIG00025-le-testament-politique-de-louis-xvi-retrouve-.php

GOD SAVE THE QUEEN vendredi, Avr 24 2009 

GOD SAVE THE QUEEN

– Le 21 avril, la reine d’Angleterre a fêté ses 83 ans. Il y a quelques années sur nos grands écrans passe  » The Queen  » retraçant l’épisode de la disparition de l’ex princesse Diana et de la réaction de la reine face à sa mort et de l’émotion populaire. Ce film montre surtout l’institution monarchique, attachée à une tempérance face l’affolement général, ne voulant pas surfer sur les sentiments de ses sujets. Nous voyons aussi, une institution restée fidèle à la tradition coûte que coûte, mais qui accepte de se moderniser pour être en symbiose avec le peuple, sans se renier. – – Le peuple quand il est dans la peine, se retourne naturellement vers sa reine, comme ont fait les espagnols lors des attentats envers Juan Carlos. Les anglais lors de la mort de Diana, ne comprend pas pourquoi la reine n’est pas à Londres, et demande son retour. Cela m’a fait penser, à notre histoire, où sous la Révolution, le peuple ramena le roi à Paris. Le peuple a besoin de partager ses bonheurs et ses malheurs avec cette souveraine. – Nous ne pouvons qu’être admiratif, de sa conscience de reine, de ses devoirs qui lui incombent une charge qu’elle n’a pas voulue. Dans une scène, sa mère lui rappelle qu’elle a juré, devant Dieu de servir son peuple, lors de son sacre. Quel homme politique fait ce métier pour servir le peuple ? Les rois européens ont été un peu dans l’image du Christ se mettant au service de ses disciples en lavant leurs pieds, comme a renouvelé St Louis et Louis XIII. – Enfin, nous accusons la reine de ne servir à rien. Lors de la prise de fonction de Tony Blair, elle lui rappelle qu’elle est là pour lui conseiller, car elle l’expérience de 50 ans derrière elle, et qu’elle a été formée par Churchill. Elle fait donc figure de sage, conseillant ces ministres indépendant de toutes leurs appartenances politiques, car elle ne souhaite que le bonheur de son peuple. Elle assure la continuité de l’histoire anglaise et de sa politique, elle guide la politique du gouvernement par l’expérience qu’elle acquise. Elle met son savoir, ses expériences au vu du bien Commun. – Alors que dans la même semaine quand est sorti le film, sont passés, deux documents sur Chirac, où nous voyons que les hommes politiques sont prêts à tous pour arriver au pouvoir, trahison des amis et de leurs idées, nous voyons une reine voulant assumer son rôle, sans vouloir écraser un quidam. Son statut assure au pays, l’arbitrage entre les partis, elle est au dessus. La monarchie est populaire en Angleterre, une autre institution qui l’est aussi, est la chambre des Lords, la chambre haute non élue, il juge qu’elle sert mieux ses intérêts et moins démagogique que la chambre des communes, pourtant élue démocratiquement. Ce film montre l’avantage que la France aurait si elle décidait de retourner au régime qui l’a crée. Il permettrait d’avoir un arbitre au dessus des partis, un Etat indépendant de toute fraction et la continuité pour gouverner. La Reine d’Angleterre est sans doute, le souverain qui incarne mieux, la fonction royale en Europe et dans le monde ; incarnant la vieille Europe aristocratique, royale et chrétienne. Lorsque Louis XIV est mort, nous annonçâmes au roi de Prusse que « le Roi est mort », ne précisant pas « roi de France ». Le roi de Prusse comprit qu’il s’agissait de lui. Quand la Reine d’Angleterre mourra (le plus tard possible), il suffira de dire « La Reine est morte », pour comprendre.

22 mars 1841 : loi Montalembert sur le travail des enfants dimanche, Mar 22 2009 

22 mars 1841 : loi Montalembert sur le travail des enfants

Posté le 22 mars 2009, 11:09  |  Auteur : Ubu

Le 22 mars 1841 est votée, à l’initiative de députés royalistes légitimistes, la loi Montalembert qui interdit le travail des enfants de moins de huit ans et en limite la durée jusqu’à seize ans. Bien que peu appliquée, elle n’en constitua pas moins une certaine évolution des mentalités.

Depuis les débuts de la révolution industrielle, la condition ouvrière n’avait cessé de se dégrader d’autant plus que la loi Le Chapelier, votée en 1791, interdisait les corporations, les rassemblements de paysans et d’ouvriers ainsi que le compagnonnage. De fait, elle fut utilisée pour interdire les grèves, la constitution de syndicats et les mutuelles.

Certains élus légitimistes sont indignés par la misère et l’exploitation des ouvriers. C’est le vicomte Alban de Villeneuve-Bargemont qui pose le premier, devant la Chambre des députés, le problème dans toute son ampleur : «La restauration des classes inférieures, des classes ouvrières, souffrantes, est le grand problème de notre âge» (22 décembre 1840). Il  fait voter le 22 mars 1841 la loi réglementant le travail des enfants, réclamée aussi par le comte Charles de Montalembert, autre grand aristocrate catholique.

L’âge minimum d’embauche est fixé à 8 ans et à 13 ans s’il s’agit d’un travail de nuit. La durée du temps de travail est établie à 8 heures par jour pour les enfants de 8 à 12 ans et à 12 heures pour ceux entre 12 et 16 ans. Véritable prise de conscience de la

condition ouvrière, la loi ne sera que très peu appliquée et il faudra attendre 1874 pour que l’Inspection de travail soit créée à l’initiative d’Ambroise Joubert, député chrétien-social issu du groupe parlementaire royaliste légitimiste.

http://www.fdesouche.com/articles/31198

Le paysan, le cochon et le cheval. vendredi, Mar 13 2009 

Le paysan, le cochon et le cheval.

Un vieux cheval se mourait dans une ferme.

Des abcès écloraient sur son épiderme.

Ses pates furent tremblantes,

Son haleine fut puante.

Végétatif fut son teint.
Nous sentîmes proche, sa fin.

Le paysan était triste

De voir son cheval en fin de piste.

Celui-ci fit venir le vétérinaire

Et annonça d’une voix lacunaire

Que seule une piqure était son aide,

Et hormis la mort, il n’y avait pas d’autres remèdes.

« Si dans trois jours, le cheval n’est pas sur ces quatre pates,

Nous serons obligés de l’abattre ! »

Le cochon passant par là à tout entendu,

Et quémanda à cette bourrique de se lever.

Celle-ci ne fit aucun effort,

Pour surélever son corps.

Le jour suivant, le cochon redemanda,

Mais le cheval n’en fit d’avantage,

Le dernier jour, il recommença,

En expliquant que vu son grand âge,

Qu’i était bon pour finir à l’abattoir.
D’un bon, la bête fut son beau

Juste au moment, où son maître pouvait le voir.

Celui-ci, heureux voulait fêter ça

Et pris le cochon et le mangea !

Moralité, il faut toujours s’occuper de nos affaires,

Au risque de subir un calvaire !

Microcéphalopolis mardi, Fév 24 2009 

Microcéphalopis.

microcephalopolis

La cité des petits cerveaux n’est pas une utopie, ou une dysotopie mais la triste réalité de la France actuelle. « Microcéphalopolis est fière de ne ressembler à rien connu, de ne ressembler à rien du tout, elle est flattée d’incarner l’informe et ne de se connaître aucun modèle, de ne correspondre à aucun parangon et de ne trouver en soi la reconduction d’aucune grandeur passée ». Maxence Caron, docteur en philosophie, raconte sous un air apocalyptico-bloyo-daudétien la France contemporaine, dans un roman-essaie. La forme est élancée, baroque et aristocratique, opposé à un fond décrivant la médiocrité démocratique ambiante, du français moyen « quand un microcéphalien, verrat, il est l’homme de la nullité clamoreuse : toutes ses habitudes ont grossières, tous ses goûts sont immondes, toutes ses sensations se réduisent à une luxure furieuse et à une gourmandise brutale, qui lui fait dévorer indistinctement tut ce qu’il présente, et même sa progéniture avant qu’il naisse. Il vit dans une joie autosuggetive dont il est étonné de voir qu’elle ne parvient pas à recouvrir la tristesse attachée à tous ceux qui existent à rebours de leur humaine vocation à l’Esprit ». La société festive, républicaine et tolérante en prend pour son grade, ainsi que les philosophes, les écrivains la classe politique. Ce livre se lit vite par son épaisseur (37 pages) son style vif, et sa thématique. A mettre dans les mains de tous les macrocéphaliens désespérant de notre Microcéphalopolis.

Le Testament de Louis XVI mercredi, Jan 21 2009 

LE TESTAMENT DE LOUIS XVI

Au nom de la Très Sainte Trinité du père du Fils et du Saint Esprit, aujourd’hui vingt cinquième jour de Décembre, mil sept cent quatre vingt douze Moi Louis XVIe du nom Roy de France étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille de plus impliqué dans un Procès, dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune Loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser, je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.
Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, je le prie de la recevoir en sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ, qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes quelqu’indignes que nous en fussions et moi le premier.
Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de St Pierre auquel Jésus Christ les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Eglise, les Sacrements et les Mystères tels que l’Eglise Catholique les enseigne et les a toujours enseignés.
Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchire l’Eglise de Jésus Christ mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Saint Eglise Catholique donnent et donnèrent conformément à la discipline de l’Eglise suivie depuis Jésus Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.
Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester, à les détester, à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Eglise Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur, je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.
Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne) ou ceux à qui j’aurais pu donner de mauvais exemples ou des scandales de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.
Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.
Je pardonne de tout mon cœur, à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en ai donné aucun sujet et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle malentendu, m’ont fait beaucoup de mal.
Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes tantes, mes frères, et tous ceux qui me sont attachés par les Liens du Sang ou par quelqu’autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu ,particulièrement de jeter de yeux de miséricorde, sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.
Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux, je lui recommande surtout d’en faire de bons Chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Eternité, je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.
Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donné dans le cours de notre union, comme elle peut être sure que je ne garde rien contre elle, si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.
Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissant de tous les soins et peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.
Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve, qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.
Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou le parents de ceux qui ont péris pour moi et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi, je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne (souvent dans les moments de troubles et d’effervescence on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.
Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé, d’un côté si j’étais seulement touché de l’ingratitude et de la déloyauté des gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux à leurs parents ou amis, de l’autre j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés, je les prie d’en recevoir tous mes remerciements, dans la situation où sont encore les choses, je craindrait de les compromettre si je parlais plus explicitement mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.
Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation si je ne recommandais ouvertement à mon fils M. De Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi, avait porté à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes, je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tant lieu de me louer depuis qu’il est avec moi comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie Messieurs de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposées au Conseil de la Commune.
Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gènes dont ils ont cru devoir user envers moi, j’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.
Je prie Messieurs de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité, pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.
Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant lui que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancées contre moi. Fait en double à la tour du Temple le vingt cinq décembre mil sept cent quatre vingt douze.
LOUIS

Le bonheur lundi, Déc 22 2008 

i tu veux être heureux, ne cueille pas la rose
Qui te frôle au passage et qui s’offre à ta main;
La fleur est déjà morte à peine est-elle éclose.
Même lorsque sa chair révèle un sang divin.


N’arrête pas l’oiseau qui traverse l’espace;
Ne dirige vers lui ni flèche, ni filet
Et contente tes yeux de son ombre qui passe
Sans les lever au ciel où son aile volait;


N’écoute pas la voix qui te dit : « Viens ». N’écoute
Ni le cri du torrent, ni l’appel du ruisseau;
Préfère au diamant le caillou de la route;
Hésite au carrefour et consulte l’écho.


Aussi bien que les pleurs, le rire fait les rides.
Ne dis jamais : Encore, et dis plutôt : Assez…
Le Bonheur est un Dieu qui marche les mains vides
Et regarde la Vie avec des yeux baissés !


Prends garde… Ne vêts pas ces couleurs éclatantes
Dont l’aspect fait grincer les dents de l’envieux;
Le marbre du palais, moins que le lin des tentes
Rend les réveils légers et les sommeils heureux.

Henri de Regnier

Page suivante »