ROBERT II LE PIEUX. (996-1031) mercredi, Sep 8 2010 

ROBERT II LE PIEUX. (996-1031)

« Paré de ses actions merveilleuses, il brillait chaque jour davantage de l’éclat de ses mérites, lui qui se distinguaient par l’étendue et la perfection de sa science. Il était de taille élevée ; sa chevelure était lisse et bien planté, son regard modeste, son nez proéminent et large, sa bouche suave et douce, pour donner le baiser de la sainte paix, sa barbe très imposante, ses épaules hautes. Quand la couronne était posée sur sa tête, on devinait que par ses aïeux, et bisaïeux, il descendait d’une race royale. . Lorsqu’il montait son cheval royal, chose admirable à dire, ses doigts de pied rejoignaient presque le talon, et cela était considéré comme un miracle par les personnes qui voyaient. Helgaud. Les amours, les amis, les emmerdes : Du drame shakespearien au vaudeville Robert naquit à Orléans, en 972, environ. Son père fut Hugues capet épousant Adelaïde de Poitiers, ou d’Aquitaine. Celle-ci était issue de la famille de Rammufilde. Elle descendit par son père des carolingiens par les femmes, et par sa mère, elle avait du sang viking par les comtes de Normandie. Bien que loin, le sang sacré de Charlemagne coulait doublement dans les veines de Robert. Le jeune Robert reçut une excellente instruction, dans l’école de Reims, l’ENA de l’époque, mais en mieux. Théologie, rhétorique et latin furent au programme. Un peu roi-philosophe de la cité platonicienne, il fit figure du prince modèle. Lorsque son père fut couronné roi, il revint à la cour. Il prit le métier du roi, et pour assurer la continuité du pouvoir, son père le sacra à Noël 987. Officiellement, son père devait secourir le comte d’Espagne et son fils devait s’occuper de la régence, en quelque sorte. Mais Hugues ne vit jamais Barcelone ! Avec le consentement d’Adalbéron, à son insu, il fit un coup d’Etat ! Après lui, son fils sera roi. Il épousa la même année Rosala dit Suzanne d’Italie, fille de Béranger, roi déchu. Elle vécut exilée, dans le donjon du roi de Germanie, Otton. Elle se marie avec Arnould II, comte de Flandres et devient veuve vingt ans pus tard. L’âge avancé de Suzanne n’est pas très connu, et varie selon 35 et 50 ans, une vieille dame pour l’époque, de toute façon. Elle comptait se retirer de ce monde, mais Hugues Capet eut de l’ambition, pour elle… et pour son fils. Elle avait une dote énorme qui intéressait le petit Capet. Son premier choix, fut plus exotique, une princesse Constantinople, mais nous attendons toujours la réponse de Byzance… Allez, Suzanne devint la deuxième reine capétienne, par défaut ! Vu son âge honorable, elle ne fut point féconde. Robert la répudia, tout en gardant sa dote. Pas folle la guêpe ! Elle se retira en Flandres, chez son fils Baudouin IV, où elle mena une vie discrète et s’éteignit en 1003, à l’âge de 65 ans. Elle ne repose pas à Saint Denis, mais au près de son époux, en Flandre. Le roi Hugues rendit l’âme, Son fils Robert II lui succéda instantanément. Ce pendant, au fur et à mesure qu’Hugues vieillissait son fils prenait de plus en plus d’importance dans les affaires publiques. Naturellement, associé au pouvoir depuis 11 ans, il devient roi sans grandes difficultés. Face aux rides de Suzanne,, le jeune Robert eut ses hormones qui titillaient quelque peu. Le jeune éphèbe tomba amoureux de Barthe de Bourgogne. Quel joli prénom ! Ce fut une cousine éloignée au 7ème degré, veuve et mère de 5 enfants. Elle était la petite-fille du roi Louis IV d’Outremer. Pour corser l’affaire, Robert fut le parrain, le père spirituel du petit dernier. Tel un drame shakespearien, Robert et Berthe ne purent se marier. Mais, Hugues Capet et Eude, le comte Blois, son mari décédèrent en quelques mois N’étant plus que le seul roi, il épousa sa concubine Berthe avec la bénédiction de l’archevêque de Tour, plus conciliant. Et déjà, les libertés gallicanes étaient en germe… Mais le pape s’opposa, pour des raisons incestueuses, comme nous l’avons vu plus haut, et pour des raisons politiques. Le capet, il ‘aimait bien, tant qu’il n’était pas puissant. Là, il s’agrandissait un peu trop, à son goût. Le pape le menaça de l’excommunier. Mais peu lui chalut de la décision du pape. Il résista durant 4 ans. Mais le couple royal fut excommunia, et la cour s’exila, de peur être en quelque sorte excommunier. Robert fit semblant de céder… Mais non ! Il continua et persista. En 998, un concile se réunit à Rome, où l’excommunication était prononcée, sur lui mais aussi sur le royaume. Mais, Gerbert devint Sylvestre II et devant le maître, et un enfant mort-né, le roi se décida de se séparer de sa dulcinée, La mort dans l’âme. L’unique amour de sa vie… Mais celle-ci resta tout de même dans la cour, où elle tenta de récupérer le pouvoir sans y parvenir. Agé de 29 ans, le roi de France ne pouvait pas rester seul. Il ne pouvait pas mettre fin à l’œuvre de ses pères en ne contactant point d’Alliance. Après lui, le déluge. Les grands auraient du réélire un autre roi. Il était le seul fils d’Hugues Capet et probablement, le seul descendant mâle d’Hugues le Grand. Ainsi, le nord allait épouser le sud, Robert épousa Constance d’Arles. Le midi rentra dans la cour de France ! Un choc de civilisation ! Madame eut un caractère bien trempé, un caractère bien sudiste, et elle fit vivre l’enfer au près de son mari. Mais les deux mondes furent aussi étrangers entre eux. La bonhommie, le raffinement des méridionaux s’accommoda mal avec l’austérité et la rusticité du nord. Quel cela tienne, le sang du midi coule à tout jamais dans les veines de nos princes. Mais Robert supporte mal sa nouvelle femme et souhaite l’annulation de son mariage par le peuple. Il n’est plus à un mariage près. Mais le pape refuse… La reine Constance avait donné trois fils à la France. Hugues, Henri et Robert. Robert eut la préférence de sa mère, et voulu qu’il fût roi. Robert II décida de co-sacré son aîné, Hugues comme le fit son père. Il sacra Hugues en 1017, malgré les mécontentements des grands. L’élection du roi leur échappa. Il instaure ainsi la règle de primogéniture. Les petits capétiens s’imposèrent peu à peu. Le prince héritier ne reçut pas d’apanage, normal, il allait recevoir la couronne ! Constance fit rebeller son fils Robert et eut gain de cause. Hugues mourut en 1027. Henri fut sacré durant le dimanche de pentecôte. Il est sûr qu’avoir l’ex femme dans le palais royal, n’arrangeait pas l’harmonie du couple. Constance fut folle et quitta la cour. Bon débarras ! La cour fut soulagée. Mais le cadet se rebella contre Henri, espérant un grand domaine. Les deux frères se retournèrent contre leur père. Brave homme, celui-ci un grand chrétien pardonna. Mais le clergé soutint le fils qui vengea son grand-père qui eut des difficultés avec les amours de son fils. L’accroissement du domaine royal, un destin presque impérial. Le Xème siècle marque l’époque féodale, avec sa dureté, ses guerres incessantes entre seigneurs. Les plus pauvres en souffrent. L’Eglise veut imposer la paix de Dieu par l’intermédiaire des rois. De là, se mit en place, l’image justicier qui déterminera la royauté capétienne. Robert II, baigné dans ce mouvement religieux inspiré des cisterciens, joua son rôle. Ainsi Robert fut le glaive de Dieu, pour imposer la paix de Dieu et ainsi que son autorité. Robert avait le souci d’accroître son pouvoir royal. Son oncle Eude de Bourgogne mourut sans descendant direct, seulement un fils adoptif qui n’avait pas de droits féodaux. Celui-ci, Otte-Guillaume, beau-fils d’Eude, s’empara de la Bourgogne. Aussitôt, Robert répliqua. En 1002, l’année suivante, Ote-Guillaume vaincu, abdiqua. Mais ses alliés ne furent pas du même avis. Robert les combattit jusqu’en 1016. Robert donna en apage à son fils, Robert, fondateur de la lignée des capétiens de Bourgogne et de Portugal. En effet, son arrière-petit-fils Alphonse- Henrique de Bourgogne connaîtra un destin royal. Il sera le premier roi de Portugal, le 27 juillet 1139. Actuellement, la famille royale de Bragance, prétendante au trône de Portugal, descend en ligne directe de lui, et par conséquent de notre Hugues Capet. Mais, ils sont issus de branches bâtardes. Son représentant actuel est Don Duarte de Bragance, né en 1945. La famille Bragance régna aussi au Portugal, au XIXème siècle, avec Pierre Ier, Pierre II. Sa fille épouse Gaston d’Orléans, et leur descendance, Isabelle (1911-2003) épousera le feu comte de Paris (1908-1999), dont descend notre famille royale. Robert II donc fut aussi un grand guerrier où il parvient à rattacher le duché de Bourgogne, les comtés de Dreux, de Melun et de Paris, au domaine royal. Suite, ses victoires, Robert eut un prestige international. Le petit capétien prit de l’ampleur. Lui, le descendant de Pépin d’Italie, de Charlemagne et d’Otton Ier, on lui proposa le trône d’Italie et du Saint empire. Le dernier descendant ottonien direct, le futur Saint Henri, s’éteignit sans descendant. La place était libre. Mais Robert déclina l’offre. Non, par refus de l’empire, il est faut de croire que es capétiens n’avaient pas de rêve impérial. Pour les partisans de l’empire jusqu’au XVIIème siècle, les capétiens étaient l’héritier de Charlemagne. Plus d’une fois, on proposa au roi de France ou un capétien, le trône impérial. Le frère de Saint Louis, Charles d’Anjou se vit proposer l’empire. François Ier et Louis XIV se portèrent candidats. Et enfin, l’hériter des Habsbourg proposa comme représentant de l’Union Européen nouveau Saint Empire Romain Germanique, pour paraphraser Voltaire qui n’est ni saint ni empire et ni romain, son cousin le grand duc de Luxembourg, descendant direct de Louis XIV, par les Bourbon de Parme et Philippe V d’Espagne. Un prince européen dans toute sa splendeur. Certes, les capétiens n’eurent pas d’empire, mais ils en construisirent un indirectement. Des rejetons ont régné au Portugal, Espagne, presque en Angleterre, Italie, Hongrie, Brésil… Puis ils firent un empire moral, artistique et spirituel, la civilisation française rayonnant sur le monde. Pour revenir à Robert, il refusa l’offre, bien que tentantes, il préféra avoir un petit royaume, avec une forte autorité qu’en empire sans pouvoir. Arrêtons de rêver, et concentrons nous sur le royaume de France, et précisément sur dans la cour de France. Un nouveau Numa à la française ou la réforme clunisienne. « Sa pieuse mère l’envoya aux écoles de Reims et le confia au maître Gerbert, pour être élevé par lui et instruit suffisamment dans les doctrines libérales. » — Helgaud de Fleury, Epitoma vitae regis Roberti pii, v. 1033. « Le très bon et très pieux Robert, roi des Francs, fils de Hugues, dont la piété et la bonté ont retenti par tout le monde, a de tout son pouvoir enrichi chéri et honoré ce saint [Aignan] par la permission duquel nous avons voulu écrire la vie de ce très excellent roi. » — Helgaud de Fleury, Epitoma vitae regis Roberti pii, v. 1033. L’époque connaît des courants hérétiques cherchèrent à purifier à l’Eglise par ses excès de laxisme, avec le simonisme, le concubinage des prêtres, la vie des évêques éloignée des préceptes évangéliques. Critiques légitimes qui sont revenues souvent au cours de l’histoire de l’Eglise. Mais, le vrai problème est leur contestation de l’ordre social, de la hiérarchie de l’Eglise et de la famille. Inacceptable pour Rome. Des cas d’hérésies se trouvaient dans l’orléanais touchaient essentiellement la noblesse et le clergé. Les accusés passaient devant un tribunal, et débattaient à un haut niveau de théologie, avec l’évêque. Celui-ci, face à la persistance des hérétiques, les laissa dans les mains du pouvoir séculier. Robert, contre l’avis du conseil et de l’Eglise n’allait pas aller de main morte. Au bucher ! Les 13 hérétiques furent donc brûler. Mais, Robert crut qu’il fit le bien, et défendit défendre l’orthodoxie. Il était sincèrement pieux. Dans « la vocation chrétienne de la France » Jean-François Chemain, note que deux souverains français ont l’épithète de « Pieux », Louis et Robert II, tous les deux second dans les deux dynasties. Jean-François Chemain met en lien avec la royauté Romaine, qui après tout, nos rois s’en réclamaient. Le deuxième roi fut Numa, succédant à Romulus qui fonda l’Etat, tout comme Charlemagne et Hugues Capet, qui ancra cet Etat « dans le granit de l’alliance divine. » Leçon à retenir, pour plus tard. Robert II est un roi pieux, il prit chaque jour, seul et longuement, multiplie les actes d’humilité et de charité, comme laver les pieds aux pauvres le jeudi Saint, comme le fit Saint-Louis et Louis XIII. L’image pieuse de ce roi est renforcée par les pouvoirs thaumaturges. En effet, il est le premier capétien a soigné les écrouelles.. Le roi te touche, Dieu te guérit », diront les rois à partir des Valois. Est-ce ces quelques mots simples, courants mais magiques qui fit le charme et la légitimité des capétiens, jusqu’à Charles X ? Face aux hérésies, la réponse de l’Eglise fut plus douce et spirituelle, avec la réforme clunisienne et l’élan monarchiste. Le cœur de cette purification fut l’abbaye de Cluny. Un siècle plus tôt, en 909, Guillaume Ier d’Aquitaine créa l’abbaye. Elle visa à restaurer l’ordre bénédictin sur les pas de Saint Benoît d’Aniane. Les monastères clunisiens ont des privilèges immunitaire, c’est-à-dire qu’elles n’eurent des compte qu’à rendre au pape directement, et furent séparer du pouvoir séculier. Selon Jean-François Chemain, elle soutint Robert pour s’affranchir de la souveraineté impériale. Celui-ci encouragea la réforme cistercienne pour purifier l’Eglise. On lui doit notamment la construction de Saint-Germain-des-Prés détruite par les normands. La mort du roi. Robert mourut en 1031. Il demanda pardon pour ses péchés et fit l’aumône. La population garda de ce saint homme, un roi pieux. Il préfigura le roi chrétien, modèle de Louis VII et surtout Saint Louis. Il aurait pu être canonisé, mais ses amours lui coûtèrent d’être Saint Robert de France. Nous ne constaterons par la suite que les premiers capétiens dépourvus de pouvoirs politiques eurent un grand sens religieux. Roi car intermédiaire entre Dieu et les hommes. Roi car ayant une autorité morale à défaut d’en avoir une politique. Certes, tous nos rois se comporteront en roi Très Chrétien, tentant d’imiter Saint Louis. Mais aucun n’eut l’épithète de pieux ou

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Les Capétiens, naissance d’une dynastie nationale- Hugues Capet-. mardi, Juil 21 2009 

Les Capétiens, naissance d’une dynastie nationale.

1 / HUGUES CAPET (987-996)

a/ Hugues, duc des Francs.

Hugues Capet fut le petit-fils de Robert Ier, roi des francs (922-923), sa famille eut du prestige avec l’arrêt des Vikings à Paris (885-886), par Eude, comte de Paris qui deviendra roi des francs.

Son père fut Hugues le Grand (898-956) refusant une royauté bancale pour ne pas  perdre ses bénéficies, il met sur le trône l’héritier carolingien, Louis IV d’outre-mer qui le nomme dux francorum. Mais doutant de l’accroissement du pouvoir et de l’influence, le roi carolingien lui déclare la guerre mais il est perdant. Il épousa la fille d’Henri Ier l’oiseleur, empereur du Saint Empire et ils auront autre Hugues Capet qui héritera le titre du duc des Francs. Hugues reçoit une éducation rudimentaire, plus apte à faire la guerre : il apprend à monter à cheval, tirer à l’arc et à combattre corps à corps. Hugues n’apprendra jamais à lire, écrire et n’aura aucun goût pour ni pour les arts et ni pour le latin. Mais il reçoit une éducation religieuse solide.

Il apprend son métier de duc, qui lui servira pour celui de roi, grâce à son père, qui l’accompagne dans ses chevauchées à travers ses domaines. Hugues le Grand est intelligent, fin diplomate et politique avisé, qualités qui héritera son fils, notre futur roi.

b. Un nouveau roi, une nouvelle dynastie.

A la mort de Louis V, Hugues Capet devient donc le 3 juin 987, roi des francs. Il est reconnu par l’ensemble des peuples qui constituent la Francis Occidentale :

« Le duc fut porté au trône et reconnu roi par les Gaulois, les Bretons, les Normands, les Aquitains, les Goths, les Espagnols (du comté de Barcelone) et les Gascons. »
— Richer de Reims, Histoire, IV, v. 990

Il est sacré  à Noyon, le 3 juillet 987. Lors de son sacre, il promet :

« Je promets à chacun de vous [les évêques] de lui conserver le privilège canonique, la loi et la justice qui lui sont dus et de vous défendre autant que je le pourrai, avec l’aide du Seigneur, comme il est juste que le roi agisse en son royaume envers chaque évêque et l’Eglise qui lui ai confiée ; je promets de concéder de notre autorité au peuple qui nous est confié une justice selon ses droits »

Plusieurs raisons ont amené les grands à élire Hugues Capet. Tout d’abord, Hugues est issu d’une lignée prestigieuse, sa famille a déjà accédé à la couronne royale, il est à la tête de réseau vassalique, et il est carolingien par sa mère, une Vermandois et Ottonien par Henri Ier l’oiseleur. Il a toutes les vertus et la foi chrétienne, pour être un bon roi, soucieux de la Respublica. Son concurrent le plus sérieux, fut Charles de Lorraine, dernier carolingien, oncle de Louis V. En théorie, il était légitime, car carolingien. Mais Adalbéron de Reims argumenta sur le fait que Charles de Lorraine.

« Nous n’ignorons pas que Charles [de Lorraine] a des partisans : ils soutiennent qu’il a des droits à la couronne, transmis par ses parents. Mais on ne doit porter sur le trône qu’un homme exceptionnel par la noblesse du sang et la vertu de l’âme. Or, Charles n’obéit pas à l’honneur, il a perdu la tête au point de s’être remis au service d’un roi étranger Otton II et d’avoir pris femme dans une classe inférieure de la noblesse. » Richer de Reims, Histoire, IV, v. 990.

« En acceptant, avec le duché de Basse-Lorraine, la vassalité de l’empereur, Charles était devenu un étranger au royaume et ne pouvait plus revendiquer le trône 1 »

1 L’argument de Richer est intéressant pour l’histoire du sentiment national en France. Il préfigure celui qu’invoqueront en 1328, à la mort de Charles IV le Bel, les grands de France pour préférer à Edouard III d’Angleterre, neveu du défunt roi et sont plus proche parent, le comte Philippe de Valois, son cousin germain. Ce dernier dira un chroniqueur de l’époque, « était du royaume » alors qu’Edouard III ne l’était pas. » Yves Sassier, Hugues Capet, p 196

Il est assez intéressant de constater que dès le Xème siècle, la nationalité du prince pouvait avoir des conséquences sur ses futures qualités de roi. Celle-ci s’affirmera au XIVème et au XVIème siècle avec l’arrêt Lemaistre de 1593. Ainsi, Hugues Capet fut élu en qualité de prince national. Jacques Bainville.

L’autre raison est plus paradoxale. Adalbéron favorise l’élection d’Hugues Capet, au détriment de Charles de Lorraine, car il est partisan de l’Empire. D’ailleurs, Louis V l’avait trainé en justice, à Compiègne, pour le juger comme traitre. Sa mort arrangea bien l’archevêque. Ainsi, il veut écarter le dernier carolingien pour favoriser les Ottoniens. A cette date, l’empereur est le jeune Otton III, qui est encore mineur. Hugues Capet est un homme mûr. Ainsi, il pense qu’à la mort du nouveau roi de Francs, Otton III sera acclamé comme roi de la Francis occidentale, et d’unir sur sa tête, la chrétienté latine. Mais c’est méconnaître Hugues Capet et les siens. Toutes l’histoire de cette dynastie est l’affirmation de leur souveraineté contre les empereurs du Saint-Empire. La dynastie capétienne fut installée par la volonté des empereurs, et celle-ci finira par vaincre l’empire.

Afin d’asseoir sa famille sur le trône des francs, Hugues trouve le prétexte d’une aide militaire au comte d’Espagne (Barcelone) en lutte contre les musulmans, pour faire acclamer et sacré son fils Robert à noël 987. Au début, Adalbéron fut contre, mettant en mal ses idées impériales. Mais l’argumentation du roi lui fit changer d’avis.  Ainsi, en cas de mort d’Hugues Ier, son fils sera son successeur. Cette pratique sera abolir sous Philippe II, ne doutant pas de sa légitimité ne fera pas sacre son fils, Louis, de son vivant. Bien sûr, Hugues Ier ne guerroya jamais en Espagne.

Hugues instaure la progéniture masculine qui ne sera pas contestée jusqu’en 1316, dit « le miracle capétien ».

c. Un roi guerrier.

Ainsi, la légitimité d’Hugues Capet fut faible. Il fut contesté par une partie des « légitimistes » carolingien et le premier d’entre eux. Celui-ci le fit une guerre et prit en 988 la ville de Laos. Adalbéron mourut, Hugues favorisa l’élection d’Arnould, neveu de Charles comme archevêque de Reims, pour calmer les ardeurs du carolingien. Mauvais calcule, l’archevêque aida son oncle à rentrer dans la ville, en 989. Hugues rentre en guerre, contre le carolingien. Hugues Ier souhaite négocier avec lui à Reims. Mais  l’évêque de Laon, Adalbéron, malgré sa fidélité à Charles, le trahit et le livre avec son neveu, à Hugues. Charles est enfermé à Orléans et mourra en 991. Ses fils, Otton et Louis mourront en 1012, sans descendance et s’éteindront avec eux, l’illustre lignée des Carolingiens. L’attitude d’Adalbéron et d’Hugues choquèrent leurs contemporains.

Outre un parti « légitimiste » ou « carliste », il existe un parti impérial, rêvant d’unir l’ancien empire franc sous la même tête, le même qui a mis Hugues Capet sur le trône peu glorieux des francs. Celui comporte Eude Ier de Blois, cousin Hugues Capet par les Vermandois et Robert Ier de France, par les femmes, et Adalbéron de Laon, souhaitant destituer les deux rois capétiens, au profit d’Otton III, en 995. Avertis, les deux rois ont déjoué le complot.

En 991, Eude de Blois vise la ville de Melun, qui pourrait unir son territoire. La ville est placée sous l’autorité du roi, et il sait qu’une prise par la force lui serait fatale. La ville appartenait à un de ses aïeux, ainsi il corrompre l’administrateur.  Les deux rois sont furieux. Richard Ier de Normandie, allié des capétiens,  Foulques Nerra et Bouchard se lancent contre Eude, celui-ci est vaincu. Enfin, Eude lance une attaque sur la château de Langeais, mais il est mis en échec et meurt quelques temps après. Son fils Robert II voudra épouser sa veuve, Berthe de Bourgogne,  et répudie sa première femme Rozala, en 992, contre l’avis de son père.

Hugues Capet ne fut certainement pas un grand roi, il a juste mis la première pierre de la grande famille capétienne.

Il a su appuyer la réforme monastique, qui donnera un nouveau souffle  à la chrétienté. Enfin, il met au pas les barons rebelles, politique suivie jusqu’à Louis XIV.

Il meurt en  le 24 octobre 996, après un pèlerinage sur la tombe de son ami Mayeul. Selon le moine Helgaud, Hugues confie à son fils ces quelques mots :

« Je t’adjure, au nom de la Sainte et Indivisible  Trinité,  de ne pas livrer ton âme au conseil des flatteurs, de ne pas écouter les vœux de leur ambition, en leur faisant un don empoisonné de ces abbayes que je te confie. Je souhaite également qu’il ne t’arrive point, conduit par la légèreté d’esprit ou ému par la colère, de distraire ou d’enlever quelque chose de leurs biens. Mais je te recommande surtout de veiller à ce que, pour aucune raison, tu ne déplaises jamais à leur chef commun, le grand Benoît ».

Bibliographie,

Yves Sassier, Hugues Capet, 1987

Jacques Bainville, Histoire, de France, Fayard, 1924

Le testament politique de Louis XVI retrouvé mercredi, Mai 20 2009 

La dernière page du manuscrit, qui en compte seize en tout, racheté par un collectionneur français. Louis XVI termine son message par ces mots : « Français, et vous surtout Parisiens, vous habitants d’une ville que les ancêtres de Sa Majesté se plaisaient à appeler la bonne ville de Paris, méfiez-vous des suggestions et des mensonges de vos faux amis, revenez à votre Roi, il sera toujours votre père, votre meilleur ami. Quel plaisir n’aura-t-il pas d’oublier toutes ses injures personnelles, et de se revoir au milieu de vous lorsqu’une Constitution qu’il aura acceptée librement fera que notre sainte religion sera respectée, que le gouvernement sera établi sur un pied stable et utile par son action, que les biens et l’état de chacun ne seront plus troublés, que les lois ne seront plus enfreintes impunément, et qu’enfin la liberté sera posée sur des bases fermes et inébranlables. A Paris, le 20 juin 1791, Louis.» (DR)

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/05/20/01016-20090520ARTFIG00025-le-testament-politique-de-louis-xvi-retrouve-.php

22 mars 1841 : loi Montalembert sur le travail des enfants dimanche, Mar 22 2009 

22 mars 1841 : loi Montalembert sur le travail des enfants

Posté le 22 mars 2009, 11:09  |  Auteur : Ubu

Le 22 mars 1841 est votée, à l’initiative de députés royalistes légitimistes, la loi Montalembert qui interdit le travail des enfants de moins de huit ans et en limite la durée jusqu’à seize ans. Bien que peu appliquée, elle n’en constitua pas moins une certaine évolution des mentalités.

Depuis les débuts de la révolution industrielle, la condition ouvrière n’avait cessé de se dégrader d’autant plus que la loi Le Chapelier, votée en 1791, interdisait les corporations, les rassemblements de paysans et d’ouvriers ainsi que le compagnonnage. De fait, elle fut utilisée pour interdire les grèves, la constitution de syndicats et les mutuelles.

Certains élus légitimistes sont indignés par la misère et l’exploitation des ouvriers. C’est le vicomte Alban de Villeneuve-Bargemont qui pose le premier, devant la Chambre des députés, le problème dans toute son ampleur : «La restauration des classes inférieures, des classes ouvrières, souffrantes, est le grand problème de notre âge» (22 décembre 1840). Il  fait voter le 22 mars 1841 la loi réglementant le travail des enfants, réclamée aussi par le comte Charles de Montalembert, autre grand aristocrate catholique.

L’âge minimum d’embauche est fixé à 8 ans et à 13 ans s’il s’agit d’un travail de nuit. La durée du temps de travail est établie à 8 heures par jour pour les enfants de 8 à 12 ans et à 12 heures pour ceux entre 12 et 16 ans. Véritable prise de conscience de la

condition ouvrière, la loi ne sera que très peu appliquée et il faudra attendre 1874 pour que l’Inspection de travail soit créée à l’initiative d’Ambroise Joubert, député chrétien-social issu du groupe parlementaire royaliste légitimiste.

http://www.fdesouche.com/articles/31198

Le Testament de Louis XVI mercredi, Jan 21 2009 

LE TESTAMENT DE LOUIS XVI

Au nom de la Très Sainte Trinité du père du Fils et du Saint Esprit, aujourd’hui vingt cinquième jour de Décembre, mil sept cent quatre vingt douze Moi Louis XVIe du nom Roy de France étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille de plus impliqué dans un Procès, dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune Loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser, je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.
Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, je le prie de la recevoir en sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ, qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes quelqu’indignes que nous en fussions et moi le premier.
Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de St Pierre auquel Jésus Christ les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Eglise, les Sacrements et les Mystères tels que l’Eglise Catholique les enseigne et les a toujours enseignés.
Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchire l’Eglise de Jésus Christ mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Saint Eglise Catholique donnent et donnèrent conformément à la discipline de l’Eglise suivie depuis Jésus Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.
Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester, à les détester, à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Eglise Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur, je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.
Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne) ou ceux à qui j’aurais pu donner de mauvais exemples ou des scandales de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.
Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.
Je pardonne de tout mon cœur, à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en ai donné aucun sujet et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle malentendu, m’ont fait beaucoup de mal.
Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes tantes, mes frères, et tous ceux qui me sont attachés par les Liens du Sang ou par quelqu’autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu ,particulièrement de jeter de yeux de miséricorde, sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.
Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux, je lui recommande surtout d’en faire de bons Chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Eternité, je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.
Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donné dans le cours de notre union, comme elle peut être sure que je ne garde rien contre elle, si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.
Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissant de tous les soins et peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.
Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve, qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.
Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou le parents de ceux qui ont péris pour moi et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi, je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne (souvent dans les moments de troubles et d’effervescence on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.
Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé, d’un côté si j’étais seulement touché de l’ingratitude et de la déloyauté des gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux à leurs parents ou amis, de l’autre j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés, je les prie d’en recevoir tous mes remerciements, dans la situation où sont encore les choses, je craindrait de les compromettre si je parlais plus explicitement mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.
Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation si je ne recommandais ouvertement à mon fils M. De Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi, avait porté à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes, je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tant lieu de me louer depuis qu’il est avec moi comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie Messieurs de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposées au Conseil de la Commune.
Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gènes dont ils ont cru devoir user envers moi, j’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.
Je prie Messieurs de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité, pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.
Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant lui que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancées contre moi. Fait en double à la tour du Temple le vingt cinq décembre mil sept cent quatre vingt douze.
LOUIS

Brève histoire de l’époque médiévale. jeudi, Déc 18 2008 


Brève histoire de l’époque médiévale.

I. CLOVIS ET LES MEROVINGIENS.

  1. Les mérovingiens avant Clovis.

Clovis descendrait d’un Pharamond, roi franc, plus ou moins imaginaire.

L’ancêtre le plus historique est Clodion qui en 430 a pris Cambrais. Il meurt en 448 pour laisser place à Mérovée (grand-père de Clovis), il meurt en 458, son fils Childéric le remplace. Mérovée est considéré comme le fondateur de la dynastie mérovingienne.

Ils pensaient descendre des dieux, et la marque indiscutable est une chevelure dense, blonde et bouclée (appelée le mund) légitimant son pouvoir.

Childéric est un officier au service de l’Empire Romain d’Occident, il règne sur un petit royaume de Tournai. Ayant des tendances autoritaires et coureur de jupon, il se fait déchoir. Mais vu l’anarchie dans son royaume il est rappelé en 461, il épouse une princesse Basine avec qui il aura Clovis. Il meurt en 481. Clovis devient roi.

  1. Le règne de Clovis.

la Gaule sous Clovis

la Gaule sous Clovis

Il hérite du petit royaume de son père, mais en 486, il part en conquête d’autres terres.

Il bat Syagus, « roi des romains » régnant sur Soisson (histoire du vase de Soisson).

En 490, il s’empare de tous les royaumes au dessus de la Loire. En 493, Clovis épouse Clothilde, princesse chrétienne, roi de Burgondes.

En 496, il part en guerre contre les Alamans, voyant une défaite, il appelle « au Dieu de Clothilde » pour gagner la victoire à Tolbiac, il la remporte et se converti au christianisme. Le 25 décembre 496 (ou 498 ou 499), il se fait baptiser à Reims, par l’évêque Rémi. La France, à partir de cette date, devient « fille aînée de l’Eglise », le roi protège le catholicisme.

En 507, il gagne contre les Wisigoth, à Vouillé.

En 508, Clovis choisit Paris (Lutèce) comme capitale. Son royaume s’étend des Pyrénées au-delà du Rhin.

  1. Les rois mérovingiens.

En 511, Clovis meurt. Selon la coutume franque, son royaume est divisé entre ces 4 fils (patrimonialité). Sa descendance se fera la guerre pour unir les regna sous une même autorité. En 558, Clotaire Ier, troisième fils, de Clovis a éliminé tous les frères et neveux concurrents, se retrouvant à la tête du regnus francorum. En 561, il meurt, son royaume est divisé entre ces 4 enfants.

Des luttes fratricides font rage, surtout entre deux belle-sœur : Brunehaut et Frédégonde. Mais en 629, le roi Dagobert réunit sous son nom, le regnus francorum, il règnera jusqu’en 639. Ce fut le dernier roi mérovingien qui sera puissant. Par la suite, l’autorité des mérovingiens sera affaiblir au profit des maires du palais (sorte de 1er ministre) apparus sous Clovis II. C’est la famille Pipinide qui aura la charge des maires de Palais qui exercera le pouvoir réel. Le 25 octobre 732, le maire de Paris, Charles Martel arrête l’avancée musulmane à Poitiers. Il aura une aura dans toute la chrétienté. Il meurt en 741. Ses terres sont divisées entre ces fils, mais son fils Cadet, Pépin le Bref réussira à être le seul maire de palais des trois royaumes francs.

II. Les Carolingiens.

1. Pépin le bref.

déposition de Childéric III

déposition de Childéric III

En 749, Pépin envoie des émissaires à Rome pour savoir qui devrait régner entre celui qui a le titre de roi, mais pas le pouvoir, et entre celui qui a le pouvoir mais pas le titre de roi. La réponse du pape Zacharie est sans appel, celui qui a le pouvoir doit porter le titre de roi. Ainsi, avec l’appuie du pape, Pépin le Bref dépose le dernier roi mérovingien Childéric III en 751, qui se fait tonsurer et envoyer dans un monastère, où il meurt en 755. Il se fait élire roi par les aristocrates et se fait sacré roi des francs (premier roi sacré en France). Il encourage la réforme de l’Eglise et lance des campagnes militaires contre les lombards pour protéger le pape et en 759, il chasse définitivement les musulmans de Narbonne. En 754, il donne des terres au Pape (base des états pontificaux). Il meurt en 768.

2. Charlemagne, l’apogée des carolingiens.

Lempire carolingien.

L'empire carolingien.

A la mort de Pépin le Bref, le royaume franc est divisé entre ces deux fils : Carloman et Charles. Mais par chance, Carloman meurt en 771, Carloman meurt, laissant son frère seul à bord du royaume !

Charles Ier s’avère un grand conquérant contre les saxons, les bretons, les avars… Son royaume s’agrandit.

En l’an 800, allant sauver le pape, Léon III, il est couronné empereur d’occident (il fut sacré de son vivant de son père), à son insu, restaurant l’empire romain d’occident. C’est l’apogée des carolingiens.

Il réorganise son empire par des fonctionnaires dans chaque comté et marché (missi dominici) et la justice avec les capitulaires. Notons qu’en 789, l’école gratuite et obligatoire est instaurée, et tenue par le clergé pour tous les enfants !

Mais, en 814, Charlemagne meurt laissant l’empire à un seul héritier : Louis Ier dit le Pieux qui fut déjà couronné en 813.

3. La fin des carolingiens.

le partage de lempire carolingien

le partage de l'empire carolingien

Louis le Pieux, contrairement aux rois francs a une conception romaine du pouvoir, il veut un empire unifié et le transmettre à sa mort, à son fils ainé uniquement, le titre d’empereur et laissant aux autres des états vassaux sous l’autorité de l’empereur (fin du partage équitable entre héritiers). Il promulgue en 817, l’ Ordinatio Imperii.

Ses fils Louis et Charles (de deuxième mariage) se rebellent contre Lothaire (pour les raisons de partage) et le dépose en 833. Lothaire devient empereur, mais en 834, Pépin et Louis le Germanique s’allient contre Lothaire et remette leur père sur le trône.

En 840, Louis Ier meurt. Mais les guerres de succession continuent. En 842, Charles et Louis le Germanique s’associent et se promettent fidélité (traité de Strasbourg, premier document en langue française), contre Lothaire. En même temps, les Normands pillent l’empire, les trois frère s’unissent en 843 (traité de Verdun) et se partagent l’empire. Lothaire a le titre de l’empereur et a Aix-La Chapelle et Rome, Charles a la Francis occidentale (la future France) et Louis le Germanique, la partie orientale (future Allemagne). Le partage n’a rien de nationalisme, simplement de liens de vassalité avec des aristocrates.

En 855, Lothaire meurt. Ses frères se disputent la part de l’héritage de Lothaire donnée à leurs neveux.

Après avoir essayé de lutter contre les vikings, les bretons… Charles II, dit le Chauve se fait couronné empereur, le 25 décembre 875.

En 877, avant de partir pour l’Italie, il promulgue le capitulaire de Quierzy qui autorise les enfants des comtes à succéder en cas de mort, à leurs morts, durant la campagne militaire. Mais il meurt en cours de route. Ainsi, par ce capitulaire se met en place la féodalité, devant la menace viking et hongroise et avec l’affaiblissement du pouvoir impérial puis royal.

Le pouvoir carolingien s’affaiblie, malgré le couronnement comme empereur de Charles III le gros (888), l’aristocratie prend le dessus et élit le roi des francs. A la fin du Xème siècle, les carolingiens se voient peu à peu écartés du trône, au profit des Robertiens, ancêtres des capétiens.

III. Les Capétiens, naissance d’une dynastie nationale.


  1. Hugues Capet et les premiers capétiens.

Laccroissement du domaine royal

L'accroissement du domaine royal

Hugues Capet fut le petit-fils de Robert Ier, roi des francs (922-923), sa famille eut du prestige avec l’arrêt des Vikings à Paris (885-886), par Eude, comte de Paris qui deviendra roi des francs.

Hugues Capet devient donc le 3 janvier 987, roi des francs. Son domaine est l’un des plus faibles du royaume s’étendant de Paris à Orléans, mais son titre roi de France par la grâce de Dieu lui donne une autorité. Il n’agrandira pas le royaume et tentera d’affirmer l’autorité de sa famille en couronnant et en sacrant son fils Robert, de son vivant.

Il meurt en 996, son fils Robert II lui succède. Il fut un grand guerrier, un roi instruit mais un cœur tendre réputé pour ses déboires conjugaux. On lui doit notamment la construction de Saint-Germain-des-Prés détruite par les normands.

Puis, Henri Ier le succède en 1031, il épouse Anne de Kiev, la fille du grand Laroslav de Russie. Il maintient le domaine royal sans l’agrandir.

En 1060, succède son fils Philippe Ier il agrandit un peu le domaine royal en s’emparant d’une partie du Vermandois, du Gâtinais (1068), du Vexin français (1077), de la vicomté de Bourges et de la seigneurie de Dun-le-Roi (1101). Il développe l’administration royale et, pour assurer des revenus à la couronne, dispose des biens de l’Église et vend les charges ecclésiastiques, ce qui lui attire les foudres des réformateurs grégoriens. Grâce à Anne de Kiev, le nom Philippe apparaît en France.

Il meurt en 1108, après 48 ans de règne (plus long règne après Louis XIV et Louis XV), il est enterré à Saint-Benoît sur Loire.

Son fils Louis VI le gros le succède. Il affranchi les paysans. Louis VI encourage les mouvements communaux, associations professionnelles sociales ou religieuses. Dès 1110, il octroie aux habitants des villes divers avantages fiscaux et le droit de s’administrer sous la direction d’un maire. En 1111 il lutte contre le brigandage perpétré par certains seigneurs tels que Hugues du Puiset à l’intérieur du domaine royal.

C’est à partir des règnes de Louis VI et de Louis VII, conseillés par l’abbé Suger, que la royauté commence à exercer un rôle national, en répondant à l’appel de ses sujets. La justice du roi va se mettre à régler les conflits entre différents vassaux, confirmer des chartes communales aux bourgeois des villes et garantir des propriétés d’abbaye. Il sera le premier roi a descendre en Occitanie pour affirmer son pouvoir. Il demande à se faire appeler « roi de France » par le pape. Signe que les rois ne le sont pas d’un peuple mais d’un Etat qui s’affirme.

Son fils Louis VII lui succède en 1137. Il a épousé Aliénor d’Aquitaine, mais il la répudia et elle épousa le roi d’Angleterre et lui apportera beaucoup de terre du sud ouest de la France…

Louis VII écarte sa mère de la Cour, mais garde les conseillers de son père, dont l’abbé de Saint-Denis, Suger. Il poursuit la politique de son père et continue de mettre en valeur le domaine royal. Cette même année débutent les travaux de construction de la basilique Saint-Denis. Il fait de multiples concessions aux communautés rurales, encourage les défrichements et favorise l’émancipation des serfs. Il prend appui sur les villes en accordant des chartes de bourgeoisie (Étampes, Bourges) et en les encourageant hors de son domaine (Reims, Sens, Compiègne, Auxerre). Il soutient enfin l’élection d’évêques dévoués au pouvoir royal. Il partit pour la deuxième croisade.

Nous lui devons pour l’anecdote, l’ébauche de nos droits de l’homme :

« Un décret de la divine bonté a voulu que tous les hommes, ayant la même origine, fussent douées dès leurs apparition d’une sorte de liberté naturelle. Mais la Providence a permis aussi que certains d’entre eux aient perdu, par leur propre faute, leur première dignité et soient tombés dans la condition servile. C’est à notre majesté royale qu’il est donné de les élever de nouveau à la liberté. »

Les premiers capétiens ont su maintenir leur dynastie à la tête du royaume, en sacrant et couronnant leurs fils de leurs vivants, ils ont un peu agrandi le domaine. Les Capétiens deviendront incontestablement la famille royale française au XIIème siècle avec l’ébauche de la notion d’Etat par le droit romain.

  1. L’accroissement du pouvoir royal du XIIème au XIVème siècle.

Son fils, Philippe II Auguste devient roi en 1180. Il marque le début de la naissance du royaume de France. Il accroît le pouvoir royal dans le royaume avec la création de bailli pour administrer. Il fait de Paris une grande capitale avec la création du Palais du Louvre.

Surtout, en 1214, il remporte contre son vassal, le puissant roi d’Angleterre la bataille de Bouvines, où il agrandit considérablement son pouvoir royal. A cette date, les capétiens ne seront plus contestés dans leur légitimité, et son fils le futur Louis VIII n’aura plus besoin d’être sacré du vivant de son père. Il accroît aussi l’influence des capétiens dans le sud de la France avec la croisade anti albigeois en 1207 qui dura jusqu’en 1244. Il meurt le 14 juillet 1223, son fils Louis VIII ne règnera que 3 ans. (Au passage, les barons anglais avaient fait appel à lui pour qu’il devînt roi d’Angleterre).

En 1226, l’un de nos rois les plus connu règne, c’est Louis IX, dit Saint-Louis. Il continue la politique de baillage de son père, qui donnera

Saint Louis

Saint Louis

l’image d’Epinal du roi justicier dessous son chêne de Vincennes. En 1254, il fait des grandes ordonnances judiciaire allant contre une justice favorable aux riches et défavorables aux pauvres. Il impose l’habeas corpus avant l’heure : tout accusé qui n’est pas encore condamné est présumé innocent. On commence à consigner les appels de la cour royale. Il crée aussi le parlement de Paris, cours de justice. Il centralise le pouvoir monétaire, seul le roi peut battre monnaie. Enfin, en 1257, la Sorbonne ouvre ses portes grâce à Saint-Louis, ouvrant la gratuité de l’enseignement supérieur.

Sa Sainteté est du au respect scrupule des commandements de l’Eglise, et surtout à l’aide apportées aux pauvres, à les soigner, laver les pieds comme le Christ… Il meurt en Croisade en Tunisie et sera canonisé en 1297. Son fils Philippe III le succède en 1270. Il continuera la politique de ses pères.

Enfin, en 1285, Philippe IV le bel devient roi. Grand roi qui agrandit le pouvoir du roi et les frontières de la France. Il consulte les représentants de la nation avec les Etats-généraux (1304) pour lever les impôts contre le pape. Il veut être « empereur en son royaume » et ne reconnaît la puissance temporelle du pape et de l’empereur sur la France. Il a comme « eternel » rival, le roi d’Angleterre qui ne respecte pas ses devoirs. Ca sera la guerre ! D’où sa volonté d’accroître les impôts via les Etats généraux qui déplaira le pape puisqu’il veut lever un décime sur le clergé français. Il fait déposer le pape Boniface III en 1303.

En 1307, il s’empare de l’argent des templiers. Jacques de Molay est brûlé vif en 1314 et maudit le pape et le roi… qui mourront dans les 40 jours.

  1. Les derniers capétiens.


Avec trois fils, l’avenir de la dynastie semblait assuré, mais « le miracle capétien » prend fin.

Son fils Louis X le hutin lui succède, il ne règne que jusqu’en 1316, il affranchit les serfs du domaine royal. Il meut sans fils, son frère, Philippe prend la régence le temps d’attendre la naissance d’un plausible fils de Louis X. La reine accouche d’un fils Jean Ier, qui « règnera » que 4 jours, son oncle devient Philippe V. Il règne jusqu’en 1322, il n’a pas de fils, son frère Charles IV le Bel devient roi durant 5 ans. Il meurt sans fils.

La crise de succession commence, entre Edouard III, roi d’Angleterre neveu de Charles IV par sa mère et un cousin, Philippe de Valois, un cousin du dernier roi. Les barons se rappelant qu’à l’origine la monarchie était élective, élisent Philippe de Valois, sous le nom de Philippe VI préférant un roi français qu’étranger. La guerre de 100 ans commence en 1338 pour finir en 1453.

A la fin de la guerre de 100 ans les Valois recentralisent le pouvoir royal (Charles V, Louis XI, François Ier) mais à la fin XVIème siècle, le pouvoir royal est menacé de guerre de religion. Elles sont mises fin, avec la dynastie des Bourbons, branche cadette des capétiens, avec Henri IV. La dynastie des Bourbons règnera sans discontinuité jusqu’à Louis XVI (1792), puis sera restauré en 1814 avec ses frères Louis XVIII et Charles X et avec les Bourbons-Orléans Louis-Philippe Ier, suite à une révolution en 1830. Les capétiens se maintiendront jusqu’en 1848.

La pratique religieuse.(1814-1848) mardi, Déc 16 2008 

La pratique religieuse


A. Le contexte intellectuel.

de-maistreLa Restauration renaît de la ruine de la Révolution. Alors qu’au XVIIIème siècle, l’aristocratie était voltairienne (dont les futurs Louis XVIII et Charles X), voulant rationaliser l’illustre monarchie. Les dégâts révolutionnaires sur la religion provoquent une réaction spirituelle de la part de l’aristocratie grâce à Joseph de Maistre, Louis de Bonald et François-René de Chateaubriand. Ce dernier inaugure le romantisme et sa réaction contre le rationalisme en France, avec le Génie du Christianisme.

En France, sous l’Empire des jeunes hommes catholiques s’organisent dans une société secrète : « les chevaliers de la foi », préparant le climat royaliste et religieux à la chute de l’empire. Ils se retrouveront dans la chambre introuvable (1816).

« Le trône de Saint-Louis sans la religion de Saint-Louis est une supposition absurde ». Chateaubriand.

– La Révolution a voulu déchristianisé la France en profondeur, en causant une guerre civile. N’oublions pas que notre première constitution fut celle du clergé. Napoléon comprenant que la religion est un moyen pour souder le peuple, signe avec le Pape, un concordat remettant de l’ordre dans les affaires religieuses. Ce pendant, l’Etat est laïc, le divorce est reconnu par exemple. L’Etat s’occupe des affaires ecclésiastiques, en nommant, les évêques et les curés.

Il n’avait pas volonté de rechristianiser la société, puisque les jours de chôme, sauf le dimanche était supprimés avec Noël, l’ascension, l’assomption et la Toussaint. L’enseignement supérieur n’était plus assuré par les religieux mais par l’Etat, qui avait pour but de former une élite de fonctionnaires et de militaires. Et enfin, l’humiliation de Pie VI choqua les catholiques. Tous ces facteurs rendirent les catholiques, ultramontains.

B. L’effort fait sous la Restauration.

La chartre constitutionnelle assure que le catholicisme est religion d’Etat. L’ordonnance du 10 juin 1814 facilite les dons aux établissements ecclésiastiques, celle de 1815 permet aux évêques d’ouvrir une école ecclésiastique, puis l’université aux mains du clergé. Le 18 décembre, le repos dominical supprimé sous la Révolution, redevient sacré.

Grâce au concordat de 1801 qui ne fut pas aboli, la monarchie nomme des évêques voués à sa cause. Généralement, ces évêques furent dévoué à leur cause et consciencieux : « En toute vérité, on peut dire que la France n’a jamais eu des pasteurs plus édifiants et plus vertueux » le nonce Macchi, 1826.

La Restauration n’a pas failli à sa tâche pour le recrutement des curés. Sous la Révolution, la situation est catastrophique. Entre 1790 et 1802, l’ordination fut suspendu, sous l’Empire c’est de l’ordre de 350 à 500 soit 10 ou 15 fois moins que sous l’Ancien Régime. En 1816, Chateaubriand craint la disparition des curés. La Restauration a permis un redressement sans précédent de la prêtrise, du en partie à un budget favorable aux curés.

Les nouvelles recrues sont beaucoup moins cultivées et instruites que celles de l’Ancien Régime. « Autrefois, le clergé était à la tête de la société par ses lumières. Jamais depuis bien des siècles, le clergé pris en masse, n’avait été aussi si ignorant qu’aujourd’hui, et jamais, ce pendant la vraie science n’a été plus nécessaire. Lamennais ; 1828.

Nous pouvons l’expliquer par différentes raison. Tout d’abord ces nouveaux curés furent instruits dans la méfiance du progrès et des nouveautés. Secondement, les séminaires furent pillés et les livres brulés sous la Révolution Le recrutement se fait moins élitiste.

La Restauration voit aussi les œuvres pour évangéliser les campagnes et les villes, avec les maristes, oratoriens, lazaristes, jésuites, et les Oblats crée par Mazenod. Les missionnaires, pour reconvertir les français parodiant les chants révolutionnaires, pour en faire des chants religieux. Les missionnaires pour reconvertir, donnaient place à des grandes cérémonies religieuses, amende honorable pour les fautes privées, pardon des injures et réparation sur les places publiques. Ils firent renouveler les vœux du baptême, consécration à la Vierge, procession dans les cimetières et prêches parlant de la mort et de l’enfer. Cela eut des effets, les communions, confessions et présence à la messe furent plus présentes. Un des représentants de cette époque, et sans aucun doute, le curé d’Ars, Jean-Marie Vianney.

Nous voyons réapparaître un renouveau religieux, perçu dans les ex-voto où le XIXème siècle est le siècle d’or. Ce pendant, contrairement aux autres siècles, la place pour la dévotion rétrécit.

Le renouveau religieux fut surtout présente pour les femmes, en effet beaucoup de jeunes filles de bonnes familles, rentrèrent au couvent, trouvant plus de liberté qu’en étant femme placé sous la domination de l’homme, depuis le code Napoléonien. Nous voyons une féminisation de la religion, où 55% des femmes composaient les confréries.

Mais, la revangelisation chez les français n’est pas à la hauteur des espérances. En effet, la pratique superstitieuse dominait largement.

Pour ce qui est des autres religions, les protestants et les juifs gardèrent leur liberté religieuse comme la Charte le prévoit. Des protestants sont bien assimilés dans la fonction publique, comme Guizot. Le protestantisme connaît un renouveau spirituel au XIXème siècle et avait un réseau social, avec des écoles, des congrégations de charités…

En 1818, le régime d’exception pour les juifs d’Alsace, de 1808 prit fin et devinrent des citoyens français à part entière. L’arrivé de Rothschild à Paris et son aide aux ministres de la finance permit à sa famille et à d’autres juifs de prendre des positions confortable dans la vie économique de la nation.

– Bien qu’il y ait une légère rechristianisassions de la société, la Restauration ne permit pas complètement ; et au fur et mesure des régimes passant, la déchristianisation avança. Ce pendant, le renouveau religieux au XIXème siècle, fut permis par la Restauration. En outre, la liberté religieuse fut respectée bien que le catholicisme fut encouragé.

C. La religion sous la Monarchie de Juillet.

1. Relation entre l’Etat et la Religion

La prise de pouvoir de Louis-Philippe Ier ne ressemble à rien à celui du sacre prestigieux des rois de France. Ni crucifix, ni Bible ne sont présents à sa prise en fonction. Ce pendant, Dieu est cité lors de sa déclaration de fidélité à la Charte : « En présence de Dieu, je jure d’observer fidèlement la Charte constitutionnelle avec les modifications exprimées dans la déclaration ; de ne gouverner que par la loi : de faire rendre bonne et exacte justice chacun son droit, et d’agir en toutes choses dans la seule vue de l’intérêt du bonheur et de la gloire du peuple français.

C’est plutôt un Dieu, déiste que catholique. Louis-Philippe est conscient qui règne au milieu d’un peuple parisien largement déchristianisé depuis la fin du XVIIIème siècle et ne supportant pas les excès cléricaux de Charles X. Le début du règne est marqué par un anticléricalisme virulent  contre le clergé, le culte catholique et les croix de mission. L’archevêque de Paris a du s’en fuir, car attaché à Charles X. Des pièces de théâtres sont tournées à connotation anticléricales Guizot est scandalisé car il voit une atteinte à la liberté religieuse.

Le 15 août, le roi enlève le culte catholique à Sainte-Geneviève, pour remettre le culte païen sous la Révolution, en le renommant Panthéon.

Le 14 février 1831, des légitimistes commémorent à Paris la mort du duc de Berry. Cela provoque le mécontentement des anticléricaux qu’ils pillent les églises. Le gouvernement ne voulant pas avoir d’ennemis à gauche, arrête les prêtres et les carlistes.

Ce pendant, le régime se montrera plus favorable au catholicisme, paradoxalement grâce au protestant Guizot. Celui-ci accorde par la loi de 1833 la liberté d’éducation aux clergés pour les petites écoles et l’obligation aux communes d’avoir au moins une école. Il espère conserver la société actuelle.

Enfin, en 1838, le roi Louis-Philippe érige l’évêché d’Alger et recevra de la part du pape Grégoire XVI, le titre « le Roi Très Chrétien ».

Pour montrer l’ambigüité du régime, sur la religion, nous pouvons voir une non-laïcisation (le concordat reste de vigueur) sur les pièces de cette époque, sur l’arrêt, il est marqué « Dieu protège la France », qu’il le sera jusqu’en 1905.

2. Les mouvements catholiques.

Juste au début de la monarchie de juillet né en France le catholicisme libéral et le libéralisme catholique, à ne pas confondre. Le second prône Dieu et la liberté, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, voyant dans le concordat une domination de l’Etat sur l’Eglise. Ces représentants sont Lamennais et Lacordaire, ils relativisent assez les dogmes catholiques et donneront les premiers socialistes chrétiens. Les catholiques libéraux prônent la liberté afin de permettre aux catholiques d’existaient politiquement. La figure dominante est Montalembert. Il veut la liberté d’enseignement, de suffrage, de conscience et religieuse. Il est anti absolutiste et antidémocrate, mais favorable à une représentation politique. Pour lui l’âge d’or de la représentation est l’époque médiévale. Il trouve que la liberté est morte en 1789. Tous les trois collaborent dans la revue « Avenir »

Ces courants sans distinctions furent condamnés par le pape Grégoire XVI, dans l’encyclique de 1832 « Maris vos »

La Restauration et dans une moindre mesure, la Monarchie de Juillet la France se rechristianise après les dégâts révolutionnaires. Mais elle touche plus une population rurale et féminine. Ce pendant les grandes dévotions et conversions se font après les apparitions mariales de 1830 à Paris, à la rue du bac et à La Salette en 1846.

Bibliographie :

Bertier de Sauvigny, La Restauration, le club

Guy Antonnetti, Louis-Philippe le club

Pierre Milza et Serge Berstein, Histoire du XIXème siècle, Hatier, 2006

Pierre Albertini, la France du XIXème siècle, Hachète, 2000

François Huguenin, le conservatisme impossible, la table ronde, 2006

Liens.

http://www.19e.org/documents/colonies/evechealger1838.htm

http://lumiere101.com/2008/12/16/anne-bernet-les-apparitions-du-xixe-siecle-et-leur-contexte-politique-et-social/

La vie des français sous la Restauration et La Monarchie de Juillet. (1ère partie) mardi, Déc 9 2008 

La vie des français sous la Restauration et La Monarchie de Juillet.

Louis XVIII relevant la France de la ruine.

Louis XVIII relevant la France de la ruine.


La France fut peuplée de 32 millions d’habitants, dont 70% de ruraux. Elle s’accroît de 200000 sujets par an. C’est une population jeune. Ce pendant, la baisse de taux de natalité est incontestable, elle passe de 36%0 à la veille de la Révolution, à 33%0 entre 1816 et 1820, pour arriver à 28.4%0 au milieu de la Monarchie de Juillet. A cette date, le taux français est un tiers inférieur aux autres pays européens. Plusieurs raisons. Tout d’abord, les régions les plus touchées par la baisse de natalité sont dues à la déchristianisation non-volontaire par des curés jansénistes, détachant les paysans de la religion, car trop rigoriste. La Révolution a accentué et voulu la déchristianisation de la France, ce qui fit chuter un peu plus la natalité. En outre, le partage successoral en part égal pour chaque héritier a accentué cette tendance, avec la montée de l’individualisme. La mortalité reste encore élevée, à cause du niveau de vie moyen.

Les conditions du peuple et en particulier des ouvriers restaient dures, surtout avec la loi Chapelier de 1791, où le salaire d’un ouvrier était de 3 ou 4 francs par jour. Mais la Restauration avait restauré le dimanche comme jour de chôme, supprimé durant la Révolution, avec la semaine de 10 jours. Durant, cette période, la France a connu la paix, ce qui permit une prospérité avec le retour des paysans chez eux. La France agricole était excédentaire et pouvait vendre, les paysans avaient la capacité d’agrandir leurs champs. L’industrie, bien qu’archaïque rattrapait son retard accumulait depuis la Révolution par rapport à l’Angleterre, mais elle se modernisait, l’indice de production augmenta de 30% sous la Restauration.

Paris retrouva ses lettres de noblesses, pour les lettres (pensons au mouvement des romantiques et à Victor Hugo qui reçu une pension de la part du roi), l’école de Charte fut fondé en 1921, la médecine eut comme statut de science exacte, elle progressa avec Laënnec, par exemple.

La France avait accompli plus de progrès en un an que pendant un siècle » Bernanove.

I. La vie économique sous la Restauration et la monarchie de Juillet.


1. Données générales :

L’économie de cette période profite des réformes mises en place sous l’Empire.
La monnaie, le franc germinal connaît une stabilité entre 1803 et 1914, grâce à la création de la Banque de France. Le Code Civil (1804) et le Code de Commerce (1807) déterminent le cadre des activités économiques.

Entre 1817 et 1850, la France est dans la phase B des cycles de Kondratieff, c’est-à-dire à la baisse des prix, à l’élimination des stocks à la fermeture des entreprises et des secteurs les moins compétitifs et à la préparation de nouvelles innovations.

Le rôle de l’Etat. Paradoxalement, son rôle s’accru sous les libéraux de la monarchie de juillet. Sous la Restauration, l’Etat et l’administration technique ont des statuts fixés sous l’Empire, avec des principes libéraux, hérités de la Révolution. L’économie se base sur les lois naturelles et économiques et l’intervention de l’Etat est limitée. Le budget est mesuré et augmentent peu (1% par an), les impôts baissent comparé sous l’empire. La plus part de ses dépenses ne sont pas ou peu lié à l’économie. Ce pendant, au cours de la monarchie de juillet, le rôle de l’Etat, dans l’économie augmente. Les hommes d’affaire orléanistes considèrent l’Etat comme un gendarme ou un douanier, hérité du despotisme éclairé. Les ingénieurs des grands corps juge que l’Etat est le meilleur garant de l’intérêt public, jouant un rôle important dans les infrastructures des transports.

Peu à peu, et déjà sous la Restauration, l’Etat remet en état les réseaux routiers de l’Ancien Régime, puis les voies navigables, et enfin, en 1842, l’Etat envoie l’expulsion de la politique ferroviaire.

Le budget pour l’entretien des routes est de 3 à 4% de la dépense totale de l’Etat. Les ponts suspendus voient le jour à partir de 1819 à La Roche-Guyon. Les premiers bateaux en transport voient le jour, à partir de 1820.

Enfin, l’Etat encourage l’épargne avec la création de la Caisse de dépôt et de consignations (1816) et les fonds des Caisses d’Epargne (1818). Puis, il encourage les paysans par la mise en place d’une politique douanière, ses réseaux de transports et par l’institution des comices agricole (1832).

Le monde paysan sous la Restauration et la monarchie de juillet.


Les Paysans de Flagey, par Gustave Courbet.

Les Paysans de Flagey, par Gustave Courbet.

Durant la Restauration, l’agriculture s’est modernisée mais inégalement selon le temps et l’espace. Les pratiques restent assez de type d’Ancien Régime. La jachère recule, l’élevage se développe, ainsi que l’engrais, du notamment au progrès du chemin de fer. Cette modernisation est due essentiellement, à des initiatives privées, avec des sociétés d’agriculture sous la Monarchie de Juillet par des cercles légitimistes « le journal d’agriculture pratique » et ont ouvert des écoles privées.

§ La croissance de 1800-1850.

Durant cette période, la production a augmenté, comme le blé de 40%. Peu à peu, le marché national se met en place, du au progrès de la communication et à l’urbanisation, ce qu’il fait baisser les prix.

Mais en 1846-47 a lieu la dernière grande disette européenne due à une mauvaise météo. Après 1847, ça sera une crise de surproduction. Cela la dernière crise de type d’Ancien Régime

A la même époque, la classe paysanne s’émancipe peu à peu. La domination féodale persiste mais les « suzerains » ne sont plus les nobles mais les

bourgeois. En ce sens, la Révolution Française n’a pas fait changer la vie des paysans. Le monde rural est aussi encadré par les curés qui s’occupent de l’école et du catéchisme, seule forme de scolarisation accessible aux paysans. Cette emprise est renforcée par la loi de 1833 relatif à l’enseignement par Guizot. Les paysans sont obligés de d’avoir un revenu complémentaire pour arrondir leurs fins de mois. Les travaux sont généralement artisa

Durant cette période, la propriété augment. Ce pendant, les ventes nationaux n’ont profité qu’à la catégorie supérieure du monde rural.

Le vote de la paysannerie est plutôt conservateur, comme nous l’avons vu pour 1848 et 1871 avec des chambres à majorité monarchiste. Nous pouvons des lors nous poser la question, si la monarchie aurait pu se maintenir par le suffrage universel, comme le préconisaient les ultra, sous la Restauration

.

-La classe ouvrière.


La Révolution industrielle n’a pas encore commencé en France, contrairement en Angleterre. Elle est en retard par rapport à elle. Cela est du bien évidemment à la Révolution Française. La Restauration connaît une proto-industriel style XVIIIème siècle. La France est essentiellement agricole, en 1880, l’activité industrielle ne représente que 25%.

Comme nous l’avons vu, les paysans sont obligés d’avoir deux travaux dont un dans l’industrie. Cela entraîne une immigration saisonnière et un chômage périodique. L’industrie emploie aussi des femmes et des enfants, par nécessité pour la famille

Les conditions ouvrières furent particulièrement dures par les lois révolutionnaires d’Allarde et Le Chapelier de 1791 interdisant les coalitions ouvrières. En cas de litige, l’ouvrier doit montrer ses preuves. Enfin, Napoléon met en place le livret ouvrier permettant de surveiller et contrôler les travailleurs. Le secteur qui emploi le plus est le textile, permettant aux ouvriers de rester chez eux « manufacture dispersée ». La matière première est livrée à des ruraux à domicile, celui-ci, la travaille puis il commercialise le produit fini. C’est une pratique d’Ancien Régime, mais qui offre une grande souplesse en cas de crise.

Ce pendant, la condition ouvrière connaît une légère amélioration sous la monarchie de Juillet avec la loi Guizot de 1841, relatif à l’interdiction de travail pour les enfants de –8 ans, pas plus de 12h pour les 8-12 ans et l’interdiction du travail de nui jusqu’à 13 ans. Mais cette loi fut très peu appliquée, puisque cela arranger les patrons et les parents. Cette loi fut proposée et votée par les catholiques sociaux de la chambre.

Les ouvriers furent secouru par les aides sociales viennent du privée ou municipal. C’est sous la monarchie de juillet que les catholiques sociaux

Fréderic Ozanam

Fréderic Ozanam

venant du bord des légitimistes fondent des Œuvres de Charité, comme Frédéric Ozanam avec « les œuvres française de Saint-Vincent de Paul ». Ce pendant, cela n’aide pas à endiguer la pauvreté, de 50 à 80% du salaire passe pour la nourriture. La deuxième dépense est pour le logement.

Dans le milieu ouvrier, le taux d’alcoolisme est élevé ainsi que le concubinage.

Enfin, des ouvriers a part constituant l’aristocratie sont les compagnonnage sous la Monarchie de Juillet, héritage médiéval. Les membres doivent réaliser un tour de France et un chef d’œuvre. Ils constituent une société d’entraide mutuelle.

La classe ouvrière se constitue peu à peu, nous le voyons déjà avec la révolte des Canuts, mais la monarchie de Juillet reste dans un schéma libérale et ne voit pas la menace des classes populaire, ce qui lui sera fatale en 1848. Le roi Louis-Philippe intervient dans l’aide sociale qu’à titre privé, il n’existe pas de politique sociale. Le prince royal, mort en 1842, Philippe-Ferdinand, duc d’Orléans avait vu le besoin de réforme sociale et aurait pu sauver la monarchie en 1848. Mais sa mort prématurée précipitera la chute de la monarchie en France.

L’élite.

Guizot

Guizot

L’élite politique et administrative ne se renouvèle peu durant ces régimes, surtout sous la Restauration. L’Ancienne noblesse reprend sa place politique : gouvernement, assemblée, diplomatie et militaire, mais tout en assimilant la noblesse d’Empire. Le régime repose sur le suffrage universitaire favorisant l’élite aristocratique et haute bourgeoisie. Les électeurs doivent payer 300 francs et les candidats 1000 francs, ce qui donne un personnel politique de 16000 nobles. La chambre des députes est formée de 40% de propriétaires appartiennent de l’aristocratie. 60% sont des hauts fonctionnaires et des propriétaires bourgeois. Les professions libérales et patrons ne sont pas représentés. L’assemblée reflète une conception aristocratique et physiocratique de l’élite. Ce pendant, c’est un léger progrès par rapport avec l’Ancien Régime.

La monarchie de Juillet s’ouvre un peu à la moyenne. Bourgeoisie. Le cens est abaissé à 200 et même à 100 pour les électeurs, et à 500 francs pour les candidats. Ce qui porte à 56000 citoyens actifs, avec les académiciens et les officiers.

Le changement personnel change, comme des bourgeois universitaires comme Guizot et Thiers, plusieurs fois ministres, et aussi la bourgeoisie industrielle, avec Casimir Perrier et Laffitte.

C’est une élite basée sur le mérite et la richesse. La citation de Guizot « enrichissez-vous par le travail et l’épargne et vous deviendrez électeurs » reflète cette mentalité. Le personnel romanesque représentant cette époque, est le Rastignac de Balzac.

L’élite locale se renouvelle par la décentralisation, et aussi la formation des instituteurs par la loi de 1833.

L’élite rurale est des grands propriétaires souvent nobles, malgré la Révolution. Ils n’ont pas abandonné leur mode de vie seigneurial et ont un comportement paternaliste avec leurs employés. Après 1830, certains légitimistes expérimentent dans leur domaine des nouveautés agronomiques et animent des sociétés d’agricultures.

Autre catégorie dans l’élite est le bourgeois rural, appelé « Monsieur », souvent instruits et cultivés ils servent d’intermédiaires culturel et politique.

La Diplomatie et l’armée de la Restauration à la Monarchie de Juillet. vendredi, Déc 5 2008 

La Diplomatie et l’armée de la Restauration à la Monarchie de Juillet.

La diplomatie.


duc-dangouleme

Les rois du XIXème siècle reprirent une diplomatie traditionnelle propre à la monarchie capétienne surtout celle du XVIIIème siècle, sous Louis XV et Louis XVI. Ils ne cherchèrent pas une expansion en Europe, mais se contentant du « pré-carré ». Ce pendant, la recherche d’une gloire militaire hors de hors de nos frontières étaient quelque peu recherchés pour le prestige de la monarchie et assoir une certaine légitimité.

Les traités de Vienne de 1814 et 15 mettant fin à l’empire de Napoléon, donna à l’Europe pendant un siècle l’ordre européen. La France prit par à cet ordre et fit même l’un des arbitres et garant de l’équilibre européen par l’intermédiaire de Talleyrand.

Louis XVIII renonça au premier traité de Vienne, à tout idée d’expansion pour s’appuyer sur des petites et moyennes puissances, en protégeant les Etats italiens et Allemand, comme le fit Richelieu et Mazarin.

Il eut aussi une politique familiale digne de l’Ancien Régime, en soutenant son cousin le roi de Saxe, et le Bourbon d’Espagne et de Naples.

a coutume de dire, ce traité ne fut pas humiliant pour la France mais avantageux. Ce pendant, après les cents jours et la chute de Napoléon, à Waterloo, le deuxième traité de Vienne l’est beaucoup moins. Nous perdons la Savoie, plus les fortes places comme Philippeville. La France est occupée en partie par la Sainte Alliance, pays conservateurs, voulant éviter toute révolution en Europe.

Louis XVIII, après Talleyrand, nomme comme ministre des affaires Etrangère, le duc de Richelieu. Celui-ci, se donna deux missions : évacuer les puissances étrangères en France après le traité d’Aix la Chapelle signé le 25 octobre 1818 et intégré le concert des Nations : « Nous avons fait bien des tords, mais nous avons fait pénitence publique. Maintenant nous demandons à être admis dans le giron de l’Eglise (i.e la quadruple alliance). Vous ne nous refusez pas, parce que nous sommes amendés, qu’il ne faut pas repousser le pécheur repentant, et qu’en dernière analyse vous pouvez tout aussi bien nous admettant dans votre communion, que si nous étions exclus »et Richelieu concluait « La France ne peut pas être un corps isolé, il faut qu’elle se rattache à quelque chose pour ne pas s’agiter dans son orbite, à son détriment et à celui des autres »

-Nous avons en image, de rois passifs diplomatiquement, or il n’en est rien. La monarchie essaya par les évènements du moment d’exercer ces objectifs. La première occasion fut l’expédition d’Espagne, menée par Louis d’Angoulême pour rétablir Ferdinand VII dans ses droits en 1823. Au début, Louis XVIII n’était pas partisan d’une intervention militaire préférant jouer l’arbitre en proposant son modèle de Charte, mais ce fut un échec et du se résigner à une intervention. Cette victoire française permit à la France de retrouver du prestige et de la gloire nationale, et d’avoir lutter contre la révolution en Espagne, ce qui plut aux puissances européennes conservatrices. Le même cas de figure eut lieu à Naples et en Sicile, où ses cousins furent rétablir mais, il donna l’impression de répandre le modèle constitutionnel en Europe. Ainsi, nous voyons que la Restauration permit de restaurer l’influence française en Europe, l’équilibre européen tout en promouvant l’idée du juste milieu constitutionnel.


Une autre occasion de redonner le blason à la France fut l’expédition en Grèce. Par le courant romantique, l’orientalisme fut à la mode aux salons parisiens. En 1821, les grecs se révoltèrent contre la joute ottomane. Le 27 janvier 1822, la Grèce proclama leurs indépendances. Tous les courants politiques les soutinrent ; Ultra par fraternité chrétienne, libéraux pour le droit des peuples à disposer d’eux même. Le roi Charles X est donc en phase avec l’opinion public. Ainsi, il lance une expédition, et la flotte française gagna victoire à Navarin, le 25 Octobre 1825, ce qui coupa la flotte turco-egyptienne de la base et affaiblissait l’empire Ottoman. En 1828, il envoya un corps expéditionnaire en Morée. L’amiral de Rigny convainquit le Pacha d’accepter une suspension des armes. Le 14 août 1829, le traité d’Andrinople consacra l’indépendance de la Grèce et le février 1830, la Grèce fut une monarchie. Par sa fermeté, Charles X joua les médiations entre l’Angleterre et la Russie qui avait des intérêts divergents dans la région, ce qui évita sans doute un conflit.

prise-dalger Enfin, le dernier la dernière victoire de la Restauration fut la conquête d’Alger. Nous pouvons discerner plusieurs causes, la première financière datant de 1798, la seconde politique, Charles X espéra redonner de la gloire à son trône, et la troisième, pour mettre fin au piratage et à l’esclavage des chrétiens des blancs par les musulmans d’Alger. Ce fut une victoire amère, puisque nos meilleurs soldats loyaux furent là bas et non à Paris durant les Trois Glorieuses. Mais, Charles X laissa à la France en héritage l’Algerie, dont la colonisation sera l’œuvre de la Monarchie de Juillet.

Louis-Philippe bien que libéral et incarnant « un Vatican II de la Royauté » comme le définit Guy Antonetti dans sa lpbiographie continua la politique diplomatique de la Restauration et donc de la monarchie Capétienne. Il incarna la continuité nationale en matière diplomatique face à une instabilité ministérielle. Sa politique fut axée sur trois idées :

–> éviter la guerre à tous pris.

–>Reconnaissance de sa famille dans les cours européennes

–>Intermédiaire entre l’Autriche et l’Angleterre.

« La France montrera à l’Europe qu’uniquement occupé de sa prospérité intérieure, elle chérit la paix aussi bien la liberté et ne veut que le bonheur et le repos de ses voisins » Louis-Philippe, lors de son avènement.

Lors de sa prise de sa succession, il prit Mollé, aux affaires étrangères, et Talleyrand comme ambassade à Londres, ce qui rassura les cours européennes.

La première crise internationale de son règne est l’indépendance de la Belgique, s’inscrivant dans des révolutions libérale et nationale en Europe. Les belges demandèrent l’aide de la France et souhaite comme roi, le duc de Nemours, fils de Louis-Philippe. La Belgique fut toujours un point contentieux dans les affaires internationales, entre la France et l’Angleterre, évitant que la France s’en empare au risque de lui déclarer la guerre. Souvenons-nous que durant la guerre de succession d’Autriche, Louis XV déclina l’offre de l’annexion de la Belgique, même conquise, prétextant qu’il n’est pas là pour négocier en commerçant mais en tant que roi. Louis-Philippe fut de même, il refusa le trône pour son fils, par peur de provoquer une guerre avec l’Angleterre, pensant que la Belgique pourrait être « vassale » de La France. Ce pendant, Louis-Philippe fit épousé sa fille, au nouveau roi de Belgique, trouvant un compromis dynastique.

La deuxième crise de ce « printemps des peuples » fut la Pologne. Nos liens avec la Pologne remontent au moins depuis, Henri III, qui fut pour une courte période roi de Pologne, et ce pays fut allié de la France révolutionnaire. Louis-Philippe refusa d’intervenir militairement, suite à la proclamation de l’indépendance pour ne pas bouleverser l’équilibre européen.

Enfin, la même période voit des troubles nationalistes en Italie, menaçant le Vatican. L’Autriche intervienne, ce qui fait protester la France, et fait pression contre Grégoire XVI pour faire partir les autrichiens et appel à la réforme. Cela se réalise et la France en si peu de temps, augmente son influence et se trouve l’arbitre de l’Europe.

La première décennie du règne, voit l’alliance avec la monarchie constitutionnelle anglaise, par idéologie, et tradition orléaniste-, pensons au régent. Ce pendant au cours de la décennie des années 40, l’alliance traditionnelle depuis le XVIIème siècle, se réalisa avec l’Autriche. La Monarchie de Juillet tenta le rôle de l’arbitre entre L’Angleterre et l’Autriche, selon nos intérêts, puisque nos relations ave l’Angleterre s’est quelques peu refroidi   .

Cela commençait en 1840, au moyen orient. L’Europe risque de connaître une guerre à propos de Mehemet Ali d’Egypte, menacé par l’Empire Ottoman dont les intérêts anglais et russe sont enjeux. Les anglais nous tapissèrent en séparant nos intérêts. Mehemet Ali doit rendre ses possessions aux turcs par pression. Thiers, qui est ministre, appela à la guerre et à l’invasion du côté droit du rhin. Louis-Philippe ne voulant pas la guerre, renvoie Thiers et le remplace par Guizot, comme premier ministre. Le 13 Juillet 1831, est signé le traité de Londres. Il prévoit le retour du la situation de 1832 : le Bosphore est interdit de navigation, et Mehmed Ali est roi héréditaire en Egypte.

Suite à cette affaire, Guizot fut nommé Ministre des affaires étrangères. Cet anglomane, spécialiste de Glorieuse Révolution anglaise souhaite l’entente cordiale avec l’Angleterre et la paix à tous prix.

Ce pendant, cette politique sera dure à maintenir, avec les événements de la décennie, mais la paix sera maintenue, malgré des discordes dans tous les coins du monde.

La première crise du ministère de Guizot fut celle d’Haïti en 1842. Dans cette île a lieu, une lutte d’influence entre des missionnaires protestants et des militaires français. Les parlementaires français pousse Guizot à la guerre contre l’Angleterre, mais celui-ci refuse, après cette expérience, où il est traité de traite servant les intérêts anglais, il en retiendra : « C’est l’un des inconvénients du gouvernement parlementaire, que les évènements et les questions, au moment, où elles apparaissent et tombent dans le domaine de la discussion, grandissent démesurément et prennent aux yeux du public, une importance de toute proportion avec la vérité des choses et les intérêts du pays »

En outre, Guizot doit faire face à une autre crise avec l’Angleterre, au Maroc.

En effet, en 1842, l’Angleterre reconnut implicitement la conquête de l’Algerie par la France. Le 1er mai 1843, le duc d’Aumale prit la Smala d’Abdel Kader, qui se réfugia au Maroc.

a frontière marocaine connut des troubles, car Abdel Kader est aidé par le Maroc. Ainsi, Guizot répliqua en envoyant un ultimatum, au Maroc, pour disperser les troupes marocaines à la frontière est sanctionner les coupables. Ce pendant, des anglais sont installés au Maroc pour commercer, et pensent que la France va annexer l’Angleterre car Joinville bombarde Tanger et le général Bugeaud gagne la bataille de l’Isly. Au finale, Guizot calme le jeu.

– Enfin, le mariage espagnol est un tournant dans les relations franco-anglaises. En effet, la reine Isabelle II avait l’âge de se marier. Toutes les cours européennes voulaient avoir l’un des leurs, sur le trône d’Espagne. L’Angleterre voyait un Saxe- Cabourg, et Louis-Philippe son fils Montpensier, pour garder le trône d’Espagne aux Bourbons. Ce pendant, les deux pays trouve un compromis avec le duc de Cadix « Paquita », cousin de la reine. Mais celui-ci avec des airs féminins lui déplurent. Mais, en bonne chrétienne dut l’accepter. Louis-Philippe ressortit gagnant de ce mariage, puisque le trône d’Espagne resta dans la famille, et Montpensier épousa la cadette de la reine. L’Angleterre s’était sentie trahie et répliqua par le traité d’Utrecht. Nos relations se sont refroidies. Certains historiens comme Antonneti, pensent que le refroidissement de nos relations avec l’Angleterre en 1829 et 1847, n’est pas pour rien dans les révolutions de 1830 et 1848.

La France dans le monde.

La bataille de Navarin, tableau de 1846 d' Ivan Ayvazovskiy (1817-1900)

La bataille de Navarin, tableau de 1846 d' Ivan Ayvazovskiy (1817-1900)

Tous d’abord, le retour de la France dans le monde est du à la renaissance de la marine, délaissée par la Révolution et l’Empire. Celle-ci rivalisait avec la Royale Navy sous Louis-Philippe et a été la base de notre marine à l’époque contemporaine. La Marine permit la bataille de Navarin en 1829 et la conquête d’Alger et l’expansion du domaine coloniale sous la IIIème République. Marseille connut grâce à cela, et jusqu’en 1962, son apogée commerciale du aux colonies. La marine se modernisa et rentra dans l’époque contemporaine, avec la machine à vapeur. Louis XVIII, et Charles X lancèrent des grandes expéditions, renouant avec Louis XVI. Le plus célèbres des explorateurs était Dumont d’Urville qui découvrit les îles Fidji, et fit la reconnaissance d’îles inconnues en Nouvelle Islande, la Nouvelle-Bretagne et la Nouvelle-Guinée.

La Monarchie de Juillet hérita de cette marine et continua l’œuvre. Elle permit de commercer avec l’Amérique du Sud, nouvellement indépendants, à l’aide de comptoirs et eut le privilège de commercer avec la Chine.

Enfin, les rois renouèrent avec l’aide d’évangélisation du nouveau monde, surtout dans le pacifisme, avec le soutien, du pape Grégoire XVI, qui redonna le titre du roi « Très Chrétien » à Louis -Philippe.

L’armée.

L’armée française a été réformée durant cette période. La royauté voulait éliminer le modèle révolutionnaire. Ces premières mesures furent l’abolition de Saint Cyr et la circonscription pour mettre en place l’enrôlement. La carrière miliaire offrait un bon débouché, pour la classe moyenne puisque la Restauration fonctionnarisa l’armée et surtout les officiers : le premier fonctionnaire dont le déroulement de carrière soit organisée et garantie » Général Dalmas. Le but de cette fonctionnarisation est de défendre l’Etat, indépendamment de la couleur politique et l’armée est le garant de l’Etat de droit.

La monarchie de Juillet perfectionnera cette politique. La loi du 23 février 1833 prévoit que l’école d’application d’Etat-Major et ouverte à une promotion annuelle de 25 sous lieutenants issu pour 22 de Saint Cyr et de 3 polytechniciens. Une société militaire s’organisait pour le temps de paix. Elle intervient peu à l’extérieur, et maintien la paix et l’ordre à l’intérieur.

L’armée se modernise avec l’artillerie et le génie. L’expédition en Algerie a été composée de plus de 37 000 hommes. En 1845, l’armée d’Afrique fut composée de 115 000 hommes, soit un tiers de l’armée française. Ce sont ces régiments qui libéreront la France en 1942. Louis-Philippe installa l’école de sous Lieutenant en Algerie très réputée.

Le processus de fonctionnarisation se poursuivit sous Louis-Philippe, et plaça ses fils au sommet de l’armée pour la surveiller.  L’armée est l’une des première préoccupation du nouveau régime. Tout au long de 1831-32 l’armée sera réformée et la loi de Gouvion-de Saint-Cyr de 1818 est revue. Les effectifs sont doublés passant à 400 000. Enfin, le 9 mars1831, Louis-Philippe créa la légion étrangère, toujours existante, pour intervenir hors dehors du territoire national.

En 1838, la loi Soult met l’indépendance vis à vis du favoritisme. Puis, loi mettant la mise en activité. Le système se fige sous la monarchie de Juillet.

La modernisation et la fonctionnarisation a débuté sous la monarchie au XIXème siècle. L’encadrement disciplinaire et l’obéissance absolue à la hiérarchie est en vigueur. Napoléon III renforcera ce système.

La Restauration marque, dans un premier temps le retour de la sagesse de nos rois, ne voulant pas une expansion mais des frontières sûres et un rôle d’arbitre. Ce pendant, Charles X par souffle romantique noue avec quelques aventures périlleuse avec l’indépendance de la Grèce et la prise d’Alger, par l’esprit de Croisade qui lui coûta son trône. Paradoxalement, Louis-Philippe Ier voulant une rupture avec l’Ancien Régime et la Restauration renoue avec la politique traditionnelle de nos rois.
Malgré un refus d’expansion en Europe, la France renouvelle son destin colonial, grâce à une modernisation de la marine. Le dernier vestige des Bourbons sera l’Algérie.

Enfin, l’armée connaît une modernité avec la fonctionnarisation et un début de démocratisation, qui est toujours d’actualité.

Olivier R.

Les institutions de la Restauration (1814-1830) jeudi, Déc 4 2008 

L’esprit de la charte. Les pouvoirs publics

charte

I. L’autorité en haut

Contrairement nos monarchies actuelles, l’autorité Etait non dans les mains du peuple, mais bien du roi.  « Nous avons considéré que, bien que l’autorité tout entière réside en France dans la personne du roi ». C’est bien Louis XVIII qui a octroyé une constitution le peuple français, et non le peuple français qui l’appela et lui imposa une constitution « A CES CAUSES – NOUS AVONS volontairement, et par le libre exercice de notre autorité royale, ACCORD… ET ACCORDONS. FAIT CONCESSION ET OCTROI à nos sujets, tant pour nous que pour nos successeurs, et toujours, de la Charte constitutionnelle qui suit ». Plusieurs fois dans le préambule, Louis XVIII rappelle qu’il est le seul souverain: « En même temps que nous reconnaissions qu’une Constitution libre et monarchique devait remplir l’attente de l’Europe éclairée, nous avons d’ nous souvenir aussi que notre premier devoir envers nos peuples Etait de conserver, pour leur propre intérêt, les droits et les prérogatives de notre couronne »

Les articles de la charte renforcent son autorité: « Il est le chef du pouvoir exécutif, et ses ministres sont responsables que devant lui »: Article 13. – La personne du roi est inviolable et sacrée. Ses ministres sont responsables. Au roi seul appartient la puissance exécutive.

Article 14. – Le roi est le chef suprême de l’Etat, il commande les forces de terre et de mer, déclare la guerre, fait les traités de paix, d’alliance et de commerce, nomme tous les emplois d’administration publique, et fait les règlements et ordonnances nécessaires pour l’exécution des lois et la sureté de l’Etat.

En outre, il partage une part du pouvoir législatif

Article 15. – La puissance législative s’exerce collectivement par le roi, la Chambre des pairs, et la Chambre des députés des départements.

Article 16. – Le roi propose la loi.

Article 17 – La proposition de la loi est portée, au gré du roi, la Chambre des pairs ou celle des députés, excepté la loi de l’impôt, qui doit Etre adressée d’abord * la Chambre des députés.

Article 22. – Le roi seul sanctionne et promulgue les lois.

Article 50. – Le roi convoque chaque année les deux Chambres ; il les proroge, et peut dissoudre celle des députés des départements ; mais, dans ce cas, il doit en convoquer une nouvelle dans le délai de trois mois.

Enfin, la justice Emane de lui, s’incarnant dans la continuité des rois de France, justicier.

Article 57. – Toute justice Emane du roi. Elle s’administre en son nom par des juges qu’il nomme et qu’il institue.

Article 58. – Les juges nommés par le roi sont inamovibles.

Article 67. – Le roi a le droit de faire grâce, et celui de commuer les peines.

La séparation des pouvoirs ne sont pas tout fait respectées, puisque le roi partage la puissance législative avec la chambre, en quelque sorte comme sous la V ème République avec le gouvernement.

Enfin les députés, contrairement à notre république, ne représente pas la Nation, mais concrètement, leur circonscription: De la Chambre des députés des départements. Nous avons donc bien un représentant de la Nation qui est le roi, et des représentants des français, par la chambre des députés. Représentation plus normale qu’actuellement.

II. Les libertés en bas.

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La charte ne remet pas en cause les libertés et les droits acquis sous la Révolution : Egalité devant la loi: Article 1. – Les Français sont Egaux devant la loi, quels que soient d’ailleurs leurs titres et leurs rangs. Et devant la promotion sociale par la fonction publique: Article 3. – Ils sont tous Egalement admissibles aux emplois civils et militaires. Certaines libertés sont respectées comme celle de professer sa religion*: Article 5. – Chacun professe sa religion avec une Egale liberté, et obtient pour son culte la même protection. Ce qui fut condamné par Pie IX. La liberté de presse*: Article 8. – Les Français ont le droit de publier et de faire imprimer leurs opinions, en se conformant aux lois qui doivent réprimer les abus de cette liberté. Et enfin, la propriété est garantie*: Article 9. – Toutes les propriétés sont inviolables, sans aucune exception de celles qu’on appelle nationales, la loi ne mettant aucune différence entre elles.

Enfin, bien que censitaire, et sans doute cause de la Révolution de 1830, la France connait sous la Restauration, une chambre de député qui fera notre le parlementarisme en France : Les députes votent et propose les lois et ainsi que le budget :

Article 17 – La proposition de la loi est portée, au gré du roi, * la Chambre des pairs ou * celle des députés, excepté la loi de l’impôt, qui doit être adressée d’abord à la Chambre des députés.

Article 18. – Toute la loi doit être discutée et votée librement par la majorité de chacune des deux chambres.

Article 19. – Les chambres ont la faculté de supplier le roi de proposer une loi sur quelque objet que ce soit, et d’indiquer ce qu’il leur parait convenable que la loi contienne.

Article 48. – Aucun impôt ne peut Etre Etabli ni perçu, s’il n’a été consenti par les deux Chambres et sanctionné par le roi Article 49. – L’impôt foncier n’est consenti que pour un an. Les impositions indirectes peuvent l’Etre pour plusieurs années.

Paradoxalement, nous avons à faire à une monarchie constitutionnelle, en apparence, mais elle donne beaucoup de pouvoirs au roi, renforcés par la centralisation révolutionnaire et napoléonienne, ce qui donne une monarchie de type absolue, dépassant celle de Louis XIV.

De point de vue constitutionnel et parlementaire, la Restauration a donné à la France, une certaine originalité. La Restauration a donné à la France un schéma constitutionnel d’un bicamérisme exécutif d’un chef d’Etat élu ou héréditaire cohabitant avec un gouvernement dépendant de lui et de l’assemblée. Notons que comme la IIIème République, le président du conseil n’était pas prévu par la constitution. La monarchie de juillet, Le second empire, la IIIème république, celle prévue par Vichy, IVème république et la Vème.

La Restauration a aussi institué le bicamérisme législatif avec une chambre basse et une chambre haute, qui se sont peu à peu démocratisé jusqu’à la Vème. Ce bicamérisme fut repris par la monarchie de juillet, Second Empire, la constitution de Vichy et la IIIème, IVème et Vème République.

Autre point commun, mais rompu par la Vème, la loi n’est pas soumise à juge, comme avec le conseil constitutionnel.

Enfin, nous remarquons que la loi de succession n’était pas intégrée dans la Charte. En cas de disparition de la branche aînée, nous ne savons pas qui aurait du prendre la succession. Charles X était plutôt favorable à la branche d’Orléans, mais Louis XVIII en cas d’absence de mâle dans la branche de son frère, envisagea d’abolir purement et simplement la loi salique, avant la naissance du comte de Chambord,  à la faveur de sa petite nièce, Louise d’Artois. Ainsi, la branche de Parme, descendant de Louise d’Artois aurait pu revendiquer le trône au même titre que les Bourbons d’Espagne et les d’Orléans. Ainsi, les lois fondamentales ont bien disparu avec la royauté traditionnelle en 1791.


Bibliographie:

Renaud Denoix de Saint Marc, Histoire de la noire, Edition Privat, 2008

Daniel de Monplaisir, le comte de Chambord,  Edition perrin, 2008


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