ROBERT II LE PIEUX. (996-1031) mercredi, Sep 8 2010 

ROBERT II LE PIEUX. (996-1031)

« Paré de ses actions merveilleuses, il brillait chaque jour davantage de l’éclat de ses mérites, lui qui se distinguaient par l’étendue et la perfection de sa science. Il était de taille élevée ; sa chevelure était lisse et bien planté, son regard modeste, son nez proéminent et large, sa bouche suave et douce, pour donner le baiser de la sainte paix, sa barbe très imposante, ses épaules hautes. Quand la couronne était posée sur sa tête, on devinait que par ses aïeux, et bisaïeux, il descendait d’une race royale. . Lorsqu’il montait son cheval royal, chose admirable à dire, ses doigts de pied rejoignaient presque le talon, et cela était considéré comme un miracle par les personnes qui voyaient. Helgaud. Les amours, les amis, les emmerdes : Du drame shakespearien au vaudeville Robert naquit à Orléans, en 972, environ. Son père fut Hugues capet épousant Adelaïde de Poitiers, ou d’Aquitaine. Celle-ci était issue de la famille de Rammufilde. Elle descendit par son père des carolingiens par les femmes, et par sa mère, elle avait du sang viking par les comtes de Normandie. Bien que loin, le sang sacré de Charlemagne coulait doublement dans les veines de Robert. Le jeune Robert reçut une excellente instruction, dans l’école de Reims, l’ENA de l’époque, mais en mieux. Théologie, rhétorique et latin furent au programme. Un peu roi-philosophe de la cité platonicienne, il fit figure du prince modèle. Lorsque son père fut couronné roi, il revint à la cour. Il prit le métier du roi, et pour assurer la continuité du pouvoir, son père le sacra à Noël 987. Officiellement, son père devait secourir le comte d’Espagne et son fils devait s’occuper de la régence, en quelque sorte. Mais Hugues ne vit jamais Barcelone ! Avec le consentement d’Adalbéron, à son insu, il fit un coup d’Etat ! Après lui, son fils sera roi. Il épousa la même année Rosala dit Suzanne d’Italie, fille de Béranger, roi déchu. Elle vécut exilée, dans le donjon du roi de Germanie, Otton. Elle se marie avec Arnould II, comte de Flandres et devient veuve vingt ans pus tard. L’âge avancé de Suzanne n’est pas très connu, et varie selon 35 et 50 ans, une vieille dame pour l’époque, de toute façon. Elle comptait se retirer de ce monde, mais Hugues Capet eut de l’ambition, pour elle… et pour son fils. Elle avait une dote énorme qui intéressait le petit Capet. Son premier choix, fut plus exotique, une princesse Constantinople, mais nous attendons toujours la réponse de Byzance… Allez, Suzanne devint la deuxième reine capétienne, par défaut ! Vu son âge honorable, elle ne fut point féconde. Robert la répudia, tout en gardant sa dote. Pas folle la guêpe ! Elle se retira en Flandres, chez son fils Baudouin IV, où elle mena une vie discrète et s’éteignit en 1003, à l’âge de 65 ans. Elle ne repose pas à Saint Denis, mais au près de son époux, en Flandre. Le roi Hugues rendit l’âme, Son fils Robert II lui succéda instantanément. Ce pendant, au fur et à mesure qu’Hugues vieillissait son fils prenait de plus en plus d’importance dans les affaires publiques. Naturellement, associé au pouvoir depuis 11 ans, il devient roi sans grandes difficultés. Face aux rides de Suzanne,, le jeune Robert eut ses hormones qui titillaient quelque peu. Le jeune éphèbe tomba amoureux de Barthe de Bourgogne. Quel joli prénom ! Ce fut une cousine éloignée au 7ème degré, veuve et mère de 5 enfants. Elle était la petite-fille du roi Louis IV d’Outremer. Pour corser l’affaire, Robert fut le parrain, le père spirituel du petit dernier. Tel un drame shakespearien, Robert et Berthe ne purent se marier. Mais, Hugues Capet et Eude, le comte Blois, son mari décédèrent en quelques mois N’étant plus que le seul roi, il épousa sa concubine Berthe avec la bénédiction de l’archevêque de Tour, plus conciliant. Et déjà, les libertés gallicanes étaient en germe… Mais le pape s’opposa, pour des raisons incestueuses, comme nous l’avons vu plus haut, et pour des raisons politiques. Le capet, il ‘aimait bien, tant qu’il n’était pas puissant. Là, il s’agrandissait un peu trop, à son goût. Le pape le menaça de l’excommunier. Mais peu lui chalut de la décision du pape. Il résista durant 4 ans. Mais le couple royal fut excommunia, et la cour s’exila, de peur être en quelque sorte excommunier. Robert fit semblant de céder… Mais non ! Il continua et persista. En 998, un concile se réunit à Rome, où l’excommunication était prononcée, sur lui mais aussi sur le royaume. Mais, Gerbert devint Sylvestre II et devant le maître, et un enfant mort-né, le roi se décida de se séparer de sa dulcinée, La mort dans l’âme. L’unique amour de sa vie… Mais celle-ci resta tout de même dans la cour, où elle tenta de récupérer le pouvoir sans y parvenir. Agé de 29 ans, le roi de France ne pouvait pas rester seul. Il ne pouvait pas mettre fin à l’œuvre de ses pères en ne contactant point d’Alliance. Après lui, le déluge. Les grands auraient du réélire un autre roi. Il était le seul fils d’Hugues Capet et probablement, le seul descendant mâle d’Hugues le Grand. Ainsi, le nord allait épouser le sud, Robert épousa Constance d’Arles. Le midi rentra dans la cour de France ! Un choc de civilisation ! Madame eut un caractère bien trempé, un caractère bien sudiste, et elle fit vivre l’enfer au près de son mari. Mais les deux mondes furent aussi étrangers entre eux. La bonhommie, le raffinement des méridionaux s’accommoda mal avec l’austérité et la rusticité du nord. Quel cela tienne, le sang du midi coule à tout jamais dans les veines de nos princes. Mais Robert supporte mal sa nouvelle femme et souhaite l’annulation de son mariage par le peuple. Il n’est plus à un mariage près. Mais le pape refuse… La reine Constance avait donné trois fils à la France. Hugues, Henri et Robert. Robert eut la préférence de sa mère, et voulu qu’il fût roi. Robert II décida de co-sacré son aîné, Hugues comme le fit son père. Il sacra Hugues en 1017, malgré les mécontentements des grands. L’élection du roi leur échappa. Il instaure ainsi la règle de primogéniture. Les petits capétiens s’imposèrent peu à peu. Le prince héritier ne reçut pas d’apanage, normal, il allait recevoir la couronne ! Constance fit rebeller son fils Robert et eut gain de cause. Hugues mourut en 1027. Henri fut sacré durant le dimanche de pentecôte. Il est sûr qu’avoir l’ex femme dans le palais royal, n’arrangeait pas l’harmonie du couple. Constance fut folle et quitta la cour. Bon débarras ! La cour fut soulagée. Mais le cadet se rebella contre Henri, espérant un grand domaine. Les deux frères se retournèrent contre leur père. Brave homme, celui-ci un grand chrétien pardonna. Mais le clergé soutint le fils qui vengea son grand-père qui eut des difficultés avec les amours de son fils. L’accroissement du domaine royal, un destin presque impérial. Le Xème siècle marque l’époque féodale, avec sa dureté, ses guerres incessantes entre seigneurs. Les plus pauvres en souffrent. L’Eglise veut imposer la paix de Dieu par l’intermédiaire des rois. De là, se mit en place, l’image justicier qui déterminera la royauté capétienne. Robert II, baigné dans ce mouvement religieux inspiré des cisterciens, joua son rôle. Ainsi Robert fut le glaive de Dieu, pour imposer la paix de Dieu et ainsi que son autorité. Robert avait le souci d’accroître son pouvoir royal. Son oncle Eude de Bourgogne mourut sans descendant direct, seulement un fils adoptif qui n’avait pas de droits féodaux. Celui-ci, Otte-Guillaume, beau-fils d’Eude, s’empara de la Bourgogne. Aussitôt, Robert répliqua. En 1002, l’année suivante, Ote-Guillaume vaincu, abdiqua. Mais ses alliés ne furent pas du même avis. Robert les combattit jusqu’en 1016. Robert donna en apage à son fils, Robert, fondateur de la lignée des capétiens de Bourgogne et de Portugal. En effet, son arrière-petit-fils Alphonse- Henrique de Bourgogne connaîtra un destin royal. Il sera le premier roi de Portugal, le 27 juillet 1139. Actuellement, la famille royale de Bragance, prétendante au trône de Portugal, descend en ligne directe de lui, et par conséquent de notre Hugues Capet. Mais, ils sont issus de branches bâtardes. Son représentant actuel est Don Duarte de Bragance, né en 1945. La famille Bragance régna aussi au Portugal, au XIXème siècle, avec Pierre Ier, Pierre II. Sa fille épouse Gaston d’Orléans, et leur descendance, Isabelle (1911-2003) épousera le feu comte de Paris (1908-1999), dont descend notre famille royale. Robert II donc fut aussi un grand guerrier où il parvient à rattacher le duché de Bourgogne, les comtés de Dreux, de Melun et de Paris, au domaine royal. Suite, ses victoires, Robert eut un prestige international. Le petit capétien prit de l’ampleur. Lui, le descendant de Pépin d’Italie, de Charlemagne et d’Otton Ier, on lui proposa le trône d’Italie et du Saint empire. Le dernier descendant ottonien direct, le futur Saint Henri, s’éteignit sans descendant. La place était libre. Mais Robert déclina l’offre. Non, par refus de l’empire, il est faut de croire que es capétiens n’avaient pas de rêve impérial. Pour les partisans de l’empire jusqu’au XVIIème siècle, les capétiens étaient l’héritier de Charlemagne. Plus d’une fois, on proposa au roi de France ou un capétien, le trône impérial. Le frère de Saint Louis, Charles d’Anjou se vit proposer l’empire. François Ier et Louis XIV se portèrent candidats. Et enfin, l’hériter des Habsbourg proposa comme représentant de l’Union Européen nouveau Saint Empire Romain Germanique, pour paraphraser Voltaire qui n’est ni saint ni empire et ni romain, son cousin le grand duc de Luxembourg, descendant direct de Louis XIV, par les Bourbon de Parme et Philippe V d’Espagne. Un prince européen dans toute sa splendeur. Certes, les capétiens n’eurent pas d’empire, mais ils en construisirent un indirectement. Des rejetons ont régné au Portugal, Espagne, presque en Angleterre, Italie, Hongrie, Brésil… Puis ils firent un empire moral, artistique et spirituel, la civilisation française rayonnant sur le monde. Pour revenir à Robert, il refusa l’offre, bien que tentantes, il préféra avoir un petit royaume, avec une forte autorité qu’en empire sans pouvoir. Arrêtons de rêver, et concentrons nous sur le royaume de France, et précisément sur dans la cour de France. Un nouveau Numa à la française ou la réforme clunisienne. « Sa pieuse mère l’envoya aux écoles de Reims et le confia au maître Gerbert, pour être élevé par lui et instruit suffisamment dans les doctrines libérales. » — Helgaud de Fleury, Epitoma vitae regis Roberti pii, v. 1033. « Le très bon et très pieux Robert, roi des Francs, fils de Hugues, dont la piété et la bonté ont retenti par tout le monde, a de tout son pouvoir enrichi chéri et honoré ce saint [Aignan] par la permission duquel nous avons voulu écrire la vie de ce très excellent roi. » — Helgaud de Fleury, Epitoma vitae regis Roberti pii, v. 1033. L’époque connaît des courants hérétiques cherchèrent à purifier à l’Eglise par ses excès de laxisme, avec le simonisme, le concubinage des prêtres, la vie des évêques éloignée des préceptes évangéliques. Critiques légitimes qui sont revenues souvent au cours de l’histoire de l’Eglise. Mais, le vrai problème est leur contestation de l’ordre social, de la hiérarchie de l’Eglise et de la famille. Inacceptable pour Rome. Des cas d’hérésies se trouvaient dans l’orléanais touchaient essentiellement la noblesse et le clergé. Les accusés passaient devant un tribunal, et débattaient à un haut niveau de théologie, avec l’évêque. Celui-ci, face à la persistance des hérétiques, les laissa dans les mains du pouvoir séculier. Robert, contre l’avis du conseil et de l’Eglise n’allait pas aller de main morte. Au bucher ! Les 13 hérétiques furent donc brûler. Mais, Robert crut qu’il fit le bien, et défendit défendre l’orthodoxie. Il était sincèrement pieux. Dans « la vocation chrétienne de la France » Jean-François Chemain, note que deux souverains français ont l’épithète de « Pieux », Louis et Robert II, tous les deux second dans les deux dynasties. Jean-François Chemain met en lien avec la royauté Romaine, qui après tout, nos rois s’en réclamaient. Le deuxième roi fut Numa, succédant à Romulus qui fonda l’Etat, tout comme Charlemagne et Hugues Capet, qui ancra cet Etat « dans le granit de l’alliance divine. » Leçon à retenir, pour plus tard. Robert II est un roi pieux, il prit chaque jour, seul et longuement, multiplie les actes d’humilité et de charité, comme laver les pieds aux pauvres le jeudi Saint, comme le fit Saint-Louis et Louis XIII. L’image pieuse de ce roi est renforcée par les pouvoirs thaumaturges. En effet, il est le premier capétien a soigné les écrouelles.. Le roi te touche, Dieu te guérit », diront les rois à partir des Valois. Est-ce ces quelques mots simples, courants mais magiques qui fit le charme et la légitimité des capétiens, jusqu’à Charles X ? Face aux hérésies, la réponse de l’Eglise fut plus douce et spirituelle, avec la réforme clunisienne et l’élan monarchiste. Le cœur de cette purification fut l’abbaye de Cluny. Un siècle plus tôt, en 909, Guillaume Ier d’Aquitaine créa l’abbaye. Elle visa à restaurer l’ordre bénédictin sur les pas de Saint Benoît d’Aniane. Les monastères clunisiens ont des privilèges immunitaire, c’est-à-dire qu’elles n’eurent des compte qu’à rendre au pape directement, et furent séparer du pouvoir séculier. Selon Jean-François Chemain, elle soutint Robert pour s’affranchir de la souveraineté impériale. Celui-ci encouragea la réforme cistercienne pour purifier l’Eglise. On lui doit notamment la construction de Saint-Germain-des-Prés détruite par les normands. La mort du roi. Robert mourut en 1031. Il demanda pardon pour ses péchés et fit l’aumône. La population garda de ce saint homme, un roi pieux. Il préfigura le roi chrétien, modèle de Louis VII et surtout Saint Louis. Il aurait pu être canonisé, mais ses amours lui coûtèrent d’être Saint Robert de France. Nous ne constaterons par la suite que les premiers capétiens dépourvus de pouvoirs politiques eurent un grand sens religieux. Roi car intermédiaire entre Dieu et les hommes. Roi car ayant une autorité morale à défaut d’en avoir une politique. Certes, tous nos rois se comporteront en roi Très Chrétien, tentant d’imiter Saint Louis. Mais aucun n’eut l’épithète de pieux ou

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Le Testament de Louis XVI mercredi, Jan 21 2009 

LE TESTAMENT DE LOUIS XVI

Au nom de la Très Sainte Trinité du père du Fils et du Saint Esprit, aujourd’hui vingt cinquième jour de Décembre, mil sept cent quatre vingt douze Moi Louis XVIe du nom Roy de France étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille de plus impliqué dans un Procès, dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune Loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser, je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.
Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, je le prie de la recevoir en sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ, qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes quelqu’indignes que nous en fussions et moi le premier.
Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de St Pierre auquel Jésus Christ les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Eglise, les Sacrements et les Mystères tels que l’Eglise Catholique les enseigne et les a toujours enseignés.
Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchire l’Eglise de Jésus Christ mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Saint Eglise Catholique donnent et donnèrent conformément à la discipline de l’Eglise suivie depuis Jésus Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.
Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester, à les détester, à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Eglise Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur, je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.
Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne) ou ceux à qui j’aurais pu donner de mauvais exemples ou des scandales de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.
Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.
Je pardonne de tout mon cœur, à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en ai donné aucun sujet et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle malentendu, m’ont fait beaucoup de mal.
Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes tantes, mes frères, et tous ceux qui me sont attachés par les Liens du Sang ou par quelqu’autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu ,particulièrement de jeter de yeux de miséricorde, sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.
Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux, je lui recommande surtout d’en faire de bons Chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Eternité, je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.
Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donné dans le cours de notre union, comme elle peut être sure que je ne garde rien contre elle, si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.
Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissant de tous les soins et peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.
Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve, qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.
Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou le parents de ceux qui ont péris pour moi et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi, je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne (souvent dans les moments de troubles et d’effervescence on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.
Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé, d’un côté si j’étais seulement touché de l’ingratitude et de la déloyauté des gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux à leurs parents ou amis, de l’autre j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés, je les prie d’en recevoir tous mes remerciements, dans la situation où sont encore les choses, je craindrait de les compromettre si je parlais plus explicitement mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.
Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation si je ne recommandais ouvertement à mon fils M. De Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi, avait porté à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes, je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tant lieu de me louer depuis qu’il est avec moi comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie Messieurs de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposées au Conseil de la Commune.
Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gènes dont ils ont cru devoir user envers moi, j’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.
Je prie Messieurs de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité, pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.
Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant lui que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancées contre moi. Fait en double à la tour du Temple le vingt cinq décembre mil sept cent quatre vingt douze.
LOUIS