Les Capétiens, naissance d’une dynastie nationale- Hugues Capet-. mardi, Juil 21 2009 

Les Capétiens, naissance d’une dynastie nationale.

1 / HUGUES CAPET (987-996)

a/ Hugues, duc des Francs.

Hugues Capet fut le petit-fils de Robert Ier, roi des francs (922-923), sa famille eut du prestige avec l’arrêt des Vikings à Paris (885-886), par Eude, comte de Paris qui deviendra roi des francs.

Son père fut Hugues le Grand (898-956) refusant une royauté bancale pour ne pas  perdre ses bénéficies, il met sur le trône l’héritier carolingien, Louis IV d’outre-mer qui le nomme dux francorum. Mais doutant de l’accroissement du pouvoir et de l’influence, le roi carolingien lui déclare la guerre mais il est perdant. Il épousa la fille d’Henri Ier l’oiseleur, empereur du Saint Empire et ils auront autre Hugues Capet qui héritera le titre du duc des Francs. Hugues reçoit une éducation rudimentaire, plus apte à faire la guerre : il apprend à monter à cheval, tirer à l’arc et à combattre corps à corps. Hugues n’apprendra jamais à lire, écrire et n’aura aucun goût pour ni pour les arts et ni pour le latin. Mais il reçoit une éducation religieuse solide.

Il apprend son métier de duc, qui lui servira pour celui de roi, grâce à son père, qui l’accompagne dans ses chevauchées à travers ses domaines. Hugues le Grand est intelligent, fin diplomate et politique avisé, qualités qui héritera son fils, notre futur roi.

b. Un nouveau roi, une nouvelle dynastie.

A la mort de Louis V, Hugues Capet devient donc le 3 juin 987, roi des francs. Il est reconnu par l’ensemble des peuples qui constituent la Francis Occidentale :

« Le duc fut porté au trône et reconnu roi par les Gaulois, les Bretons, les Normands, les Aquitains, les Goths, les Espagnols (du comté de Barcelone) et les Gascons. »
— Richer de Reims, Histoire, IV, v. 990

Il est sacré  à Noyon, le 3 juillet 987. Lors de son sacre, il promet :

« Je promets à chacun de vous [les évêques] de lui conserver le privilège canonique, la loi et la justice qui lui sont dus et de vous défendre autant que je le pourrai, avec l’aide du Seigneur, comme il est juste que le roi agisse en son royaume envers chaque évêque et l’Eglise qui lui ai confiée ; je promets de concéder de notre autorité au peuple qui nous est confié une justice selon ses droits »

Plusieurs raisons ont amené les grands à élire Hugues Capet. Tout d’abord, Hugues est issu d’une lignée prestigieuse, sa famille a déjà accédé à la couronne royale, il est à la tête de réseau vassalique, et il est carolingien par sa mère, une Vermandois et Ottonien par Henri Ier l’oiseleur. Il a toutes les vertus et la foi chrétienne, pour être un bon roi, soucieux de la Respublica. Son concurrent le plus sérieux, fut Charles de Lorraine, dernier carolingien, oncle de Louis V. En théorie, il était légitime, car carolingien. Mais Adalbéron de Reims argumenta sur le fait que Charles de Lorraine.

« Nous n’ignorons pas que Charles [de Lorraine] a des partisans : ils soutiennent qu’il a des droits à la couronne, transmis par ses parents. Mais on ne doit porter sur le trône qu’un homme exceptionnel par la noblesse du sang et la vertu de l’âme. Or, Charles n’obéit pas à l’honneur, il a perdu la tête au point de s’être remis au service d’un roi étranger Otton II et d’avoir pris femme dans une classe inférieure de la noblesse. » Richer de Reims, Histoire, IV, v. 990.

« En acceptant, avec le duché de Basse-Lorraine, la vassalité de l’empereur, Charles était devenu un étranger au royaume et ne pouvait plus revendiquer le trône 1 »

1 L’argument de Richer est intéressant pour l’histoire du sentiment national en France. Il préfigure celui qu’invoqueront en 1328, à la mort de Charles IV le Bel, les grands de France pour préférer à Edouard III d’Angleterre, neveu du défunt roi et sont plus proche parent, le comte Philippe de Valois, son cousin germain. Ce dernier dira un chroniqueur de l’époque, « était du royaume » alors qu’Edouard III ne l’était pas. » Yves Sassier, Hugues Capet, p 196

Il est assez intéressant de constater que dès le Xème siècle, la nationalité du prince pouvait avoir des conséquences sur ses futures qualités de roi. Celle-ci s’affirmera au XIVème et au XVIème siècle avec l’arrêt Lemaistre de 1593. Ainsi, Hugues Capet fut élu en qualité de prince national. Jacques Bainville.

L’autre raison est plus paradoxale. Adalbéron favorise l’élection d’Hugues Capet, au détriment de Charles de Lorraine, car il est partisan de l’Empire. D’ailleurs, Louis V l’avait trainé en justice, à Compiègne, pour le juger comme traitre. Sa mort arrangea bien l’archevêque. Ainsi, il veut écarter le dernier carolingien pour favoriser les Ottoniens. A cette date, l’empereur est le jeune Otton III, qui est encore mineur. Hugues Capet est un homme mûr. Ainsi, il pense qu’à la mort du nouveau roi de Francs, Otton III sera acclamé comme roi de la Francis occidentale, et d’unir sur sa tête, la chrétienté latine. Mais c’est méconnaître Hugues Capet et les siens. Toutes l’histoire de cette dynastie est l’affirmation de leur souveraineté contre les empereurs du Saint-Empire. La dynastie capétienne fut installée par la volonté des empereurs, et celle-ci finira par vaincre l’empire.

Afin d’asseoir sa famille sur le trône des francs, Hugues trouve le prétexte d’une aide militaire au comte d’Espagne (Barcelone) en lutte contre les musulmans, pour faire acclamer et sacré son fils Robert à noël 987. Au début, Adalbéron fut contre, mettant en mal ses idées impériales. Mais l’argumentation du roi lui fit changer d’avis.  Ainsi, en cas de mort d’Hugues Ier, son fils sera son successeur. Cette pratique sera abolir sous Philippe II, ne doutant pas de sa légitimité ne fera pas sacre son fils, Louis, de son vivant. Bien sûr, Hugues Ier ne guerroya jamais en Espagne.

Hugues instaure la progéniture masculine qui ne sera pas contestée jusqu’en 1316, dit « le miracle capétien ».

c. Un roi guerrier.

Ainsi, la légitimité d’Hugues Capet fut faible. Il fut contesté par une partie des « légitimistes » carolingien et le premier d’entre eux. Celui-ci le fit une guerre et prit en 988 la ville de Laos. Adalbéron mourut, Hugues favorisa l’élection d’Arnould, neveu de Charles comme archevêque de Reims, pour calmer les ardeurs du carolingien. Mauvais calcule, l’archevêque aida son oncle à rentrer dans la ville, en 989. Hugues rentre en guerre, contre le carolingien. Hugues Ier souhaite négocier avec lui à Reims. Mais  l’évêque de Laon, Adalbéron, malgré sa fidélité à Charles, le trahit et le livre avec son neveu, à Hugues. Charles est enfermé à Orléans et mourra en 991. Ses fils, Otton et Louis mourront en 1012, sans descendance et s’éteindront avec eux, l’illustre lignée des Carolingiens. L’attitude d’Adalbéron et d’Hugues choquèrent leurs contemporains.

Outre un parti « légitimiste » ou « carliste », il existe un parti impérial, rêvant d’unir l’ancien empire franc sous la même tête, le même qui a mis Hugues Capet sur le trône peu glorieux des francs. Celui comporte Eude Ier de Blois, cousin Hugues Capet par les Vermandois et Robert Ier de France, par les femmes, et Adalbéron de Laon, souhaitant destituer les deux rois capétiens, au profit d’Otton III, en 995. Avertis, les deux rois ont déjoué le complot.

En 991, Eude de Blois vise la ville de Melun, qui pourrait unir son territoire. La ville est placée sous l’autorité du roi, et il sait qu’une prise par la force lui serait fatale. La ville appartenait à un de ses aïeux, ainsi il corrompre l’administrateur.  Les deux rois sont furieux. Richard Ier de Normandie, allié des capétiens,  Foulques Nerra et Bouchard se lancent contre Eude, celui-ci est vaincu. Enfin, Eude lance une attaque sur la château de Langeais, mais il est mis en échec et meurt quelques temps après. Son fils Robert II voudra épouser sa veuve, Berthe de Bourgogne,  et répudie sa première femme Rozala, en 992, contre l’avis de son père.

Hugues Capet ne fut certainement pas un grand roi, il a juste mis la première pierre de la grande famille capétienne.

Il a su appuyer la réforme monastique, qui donnera un nouveau souffle  à la chrétienté. Enfin, il met au pas les barons rebelles, politique suivie jusqu’à Louis XIV.

Il meurt en  le 24 octobre 996, après un pèlerinage sur la tombe de son ami Mayeul. Selon le moine Helgaud, Hugues confie à son fils ces quelques mots :

« Je t’adjure, au nom de la Sainte et Indivisible  Trinité,  de ne pas livrer ton âme au conseil des flatteurs, de ne pas écouter les vœux de leur ambition, en leur faisant un don empoisonné de ces abbayes que je te confie. Je souhaite également qu’il ne t’arrive point, conduit par la légèreté d’esprit ou ému par la colère, de distraire ou d’enlever quelque chose de leurs biens. Mais je te recommande surtout de veiller à ce que, pour aucune raison, tu ne déplaises jamais à leur chef commun, le grand Benoît ».

Bibliographie,

Yves Sassier, Hugues Capet, 1987

Jacques Bainville, Histoire, de France, Fayard, 1924

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Brève histoire de l’époque médiévale. jeudi, Déc 18 2008 


Brève histoire de l’époque médiévale.

I. CLOVIS ET LES MEROVINGIENS.

  1. Les mérovingiens avant Clovis.

Clovis descendrait d’un Pharamond, roi franc, plus ou moins imaginaire.

L’ancêtre le plus historique est Clodion qui en 430 a pris Cambrais. Il meurt en 448 pour laisser place à Mérovée (grand-père de Clovis), il meurt en 458, son fils Childéric le remplace. Mérovée est considéré comme le fondateur de la dynastie mérovingienne.

Ils pensaient descendre des dieux, et la marque indiscutable est une chevelure dense, blonde et bouclée (appelée le mund) légitimant son pouvoir.

Childéric est un officier au service de l’Empire Romain d’Occident, il règne sur un petit royaume de Tournai. Ayant des tendances autoritaires et coureur de jupon, il se fait déchoir. Mais vu l’anarchie dans son royaume il est rappelé en 461, il épouse une princesse Basine avec qui il aura Clovis. Il meurt en 481. Clovis devient roi.

  1. Le règne de Clovis.

la Gaule sous Clovis

la Gaule sous Clovis

Il hérite du petit royaume de son père, mais en 486, il part en conquête d’autres terres.

Il bat Syagus, « roi des romains » régnant sur Soisson (histoire du vase de Soisson).

En 490, il s’empare de tous les royaumes au dessus de la Loire. En 493, Clovis épouse Clothilde, princesse chrétienne, roi de Burgondes.

En 496, il part en guerre contre les Alamans, voyant une défaite, il appelle « au Dieu de Clothilde » pour gagner la victoire à Tolbiac, il la remporte et se converti au christianisme. Le 25 décembre 496 (ou 498 ou 499), il se fait baptiser à Reims, par l’évêque Rémi. La France, à partir de cette date, devient « fille aînée de l’Eglise », le roi protège le catholicisme.

En 507, il gagne contre les Wisigoth, à Vouillé.

En 508, Clovis choisit Paris (Lutèce) comme capitale. Son royaume s’étend des Pyrénées au-delà du Rhin.

  1. Les rois mérovingiens.

En 511, Clovis meurt. Selon la coutume franque, son royaume est divisé entre ces 4 fils (patrimonialité). Sa descendance se fera la guerre pour unir les regna sous une même autorité. En 558, Clotaire Ier, troisième fils, de Clovis a éliminé tous les frères et neveux concurrents, se retrouvant à la tête du regnus francorum. En 561, il meurt, son royaume est divisé entre ces 4 enfants.

Des luttes fratricides font rage, surtout entre deux belle-sœur : Brunehaut et Frédégonde. Mais en 629, le roi Dagobert réunit sous son nom, le regnus francorum, il règnera jusqu’en 639. Ce fut le dernier roi mérovingien qui sera puissant. Par la suite, l’autorité des mérovingiens sera affaiblir au profit des maires du palais (sorte de 1er ministre) apparus sous Clovis II. C’est la famille Pipinide qui aura la charge des maires de Palais qui exercera le pouvoir réel. Le 25 octobre 732, le maire de Paris, Charles Martel arrête l’avancée musulmane à Poitiers. Il aura une aura dans toute la chrétienté. Il meurt en 741. Ses terres sont divisées entre ces fils, mais son fils Cadet, Pépin le Bref réussira à être le seul maire de palais des trois royaumes francs.

II. Les Carolingiens.

1. Pépin le bref.

déposition de Childéric III

déposition de Childéric III

En 749, Pépin envoie des émissaires à Rome pour savoir qui devrait régner entre celui qui a le titre de roi, mais pas le pouvoir, et entre celui qui a le pouvoir mais pas le titre de roi. La réponse du pape Zacharie est sans appel, celui qui a le pouvoir doit porter le titre de roi. Ainsi, avec l’appuie du pape, Pépin le Bref dépose le dernier roi mérovingien Childéric III en 751, qui se fait tonsurer et envoyer dans un monastère, où il meurt en 755. Il se fait élire roi par les aristocrates et se fait sacré roi des francs (premier roi sacré en France). Il encourage la réforme de l’Eglise et lance des campagnes militaires contre les lombards pour protéger le pape et en 759, il chasse définitivement les musulmans de Narbonne. En 754, il donne des terres au Pape (base des états pontificaux). Il meurt en 768.

2. Charlemagne, l’apogée des carolingiens.

Lempire carolingien.

L'empire carolingien.

A la mort de Pépin le Bref, le royaume franc est divisé entre ces deux fils : Carloman et Charles. Mais par chance, Carloman meurt en 771, Carloman meurt, laissant son frère seul à bord du royaume !

Charles Ier s’avère un grand conquérant contre les saxons, les bretons, les avars… Son royaume s’agrandit.

En l’an 800, allant sauver le pape, Léon III, il est couronné empereur d’occident (il fut sacré de son vivant de son père), à son insu, restaurant l’empire romain d’occident. C’est l’apogée des carolingiens.

Il réorganise son empire par des fonctionnaires dans chaque comté et marché (missi dominici) et la justice avec les capitulaires. Notons qu’en 789, l’école gratuite et obligatoire est instaurée, et tenue par le clergé pour tous les enfants !

Mais, en 814, Charlemagne meurt laissant l’empire à un seul héritier : Louis Ier dit le Pieux qui fut déjà couronné en 813.

3. La fin des carolingiens.

le partage de lempire carolingien

le partage de l'empire carolingien

Louis le Pieux, contrairement aux rois francs a une conception romaine du pouvoir, il veut un empire unifié et le transmettre à sa mort, à son fils ainé uniquement, le titre d’empereur et laissant aux autres des états vassaux sous l’autorité de l’empereur (fin du partage équitable entre héritiers). Il promulgue en 817, l’ Ordinatio Imperii.

Ses fils Louis et Charles (de deuxième mariage) se rebellent contre Lothaire (pour les raisons de partage) et le dépose en 833. Lothaire devient empereur, mais en 834, Pépin et Louis le Germanique s’allient contre Lothaire et remette leur père sur le trône.

En 840, Louis Ier meurt. Mais les guerres de succession continuent. En 842, Charles et Louis le Germanique s’associent et se promettent fidélité (traité de Strasbourg, premier document en langue française), contre Lothaire. En même temps, les Normands pillent l’empire, les trois frère s’unissent en 843 (traité de Verdun) et se partagent l’empire. Lothaire a le titre de l’empereur et a Aix-La Chapelle et Rome, Charles a la Francis occidentale (la future France) et Louis le Germanique, la partie orientale (future Allemagne). Le partage n’a rien de nationalisme, simplement de liens de vassalité avec des aristocrates.

En 855, Lothaire meurt. Ses frères se disputent la part de l’héritage de Lothaire donnée à leurs neveux.

Après avoir essayé de lutter contre les vikings, les bretons… Charles II, dit le Chauve se fait couronné empereur, le 25 décembre 875.

En 877, avant de partir pour l’Italie, il promulgue le capitulaire de Quierzy qui autorise les enfants des comtes à succéder en cas de mort, à leurs morts, durant la campagne militaire. Mais il meurt en cours de route. Ainsi, par ce capitulaire se met en place la féodalité, devant la menace viking et hongroise et avec l’affaiblissement du pouvoir impérial puis royal.

Le pouvoir carolingien s’affaiblie, malgré le couronnement comme empereur de Charles III le gros (888), l’aristocratie prend le dessus et élit le roi des francs. A la fin du Xème siècle, les carolingiens se voient peu à peu écartés du trône, au profit des Robertiens, ancêtres des capétiens.

III. Les Capétiens, naissance d’une dynastie nationale.


  1. Hugues Capet et les premiers capétiens.

Laccroissement du domaine royal

L'accroissement du domaine royal

Hugues Capet fut le petit-fils de Robert Ier, roi des francs (922-923), sa famille eut du prestige avec l’arrêt des Vikings à Paris (885-886), par Eude, comte de Paris qui deviendra roi des francs.

Hugues Capet devient donc le 3 janvier 987, roi des francs. Son domaine est l’un des plus faibles du royaume s’étendant de Paris à Orléans, mais son titre roi de France par la grâce de Dieu lui donne une autorité. Il n’agrandira pas le royaume et tentera d’affirmer l’autorité de sa famille en couronnant et en sacrant son fils Robert, de son vivant.

Il meurt en 996, son fils Robert II lui succède. Il fut un grand guerrier, un roi instruit mais un cœur tendre réputé pour ses déboires conjugaux. On lui doit notamment la construction de Saint-Germain-des-Prés détruite par les normands.

Puis, Henri Ier le succède en 1031, il épouse Anne de Kiev, la fille du grand Laroslav de Russie. Il maintient le domaine royal sans l’agrandir.

En 1060, succède son fils Philippe Ier il agrandit un peu le domaine royal en s’emparant d’une partie du Vermandois, du Gâtinais (1068), du Vexin français (1077), de la vicomté de Bourges et de la seigneurie de Dun-le-Roi (1101). Il développe l’administration royale et, pour assurer des revenus à la couronne, dispose des biens de l’Église et vend les charges ecclésiastiques, ce qui lui attire les foudres des réformateurs grégoriens. Grâce à Anne de Kiev, le nom Philippe apparaît en France.

Il meurt en 1108, après 48 ans de règne (plus long règne après Louis XIV et Louis XV), il est enterré à Saint-Benoît sur Loire.

Son fils Louis VI le gros le succède. Il affranchi les paysans. Louis VI encourage les mouvements communaux, associations professionnelles sociales ou religieuses. Dès 1110, il octroie aux habitants des villes divers avantages fiscaux et le droit de s’administrer sous la direction d’un maire. En 1111 il lutte contre le brigandage perpétré par certains seigneurs tels que Hugues du Puiset à l’intérieur du domaine royal.

C’est à partir des règnes de Louis VI et de Louis VII, conseillés par l’abbé Suger, que la royauté commence à exercer un rôle national, en répondant à l’appel de ses sujets. La justice du roi va se mettre à régler les conflits entre différents vassaux, confirmer des chartes communales aux bourgeois des villes et garantir des propriétés d’abbaye. Il sera le premier roi a descendre en Occitanie pour affirmer son pouvoir. Il demande à se faire appeler « roi de France » par le pape. Signe que les rois ne le sont pas d’un peuple mais d’un Etat qui s’affirme.

Son fils Louis VII lui succède en 1137. Il a épousé Aliénor d’Aquitaine, mais il la répudia et elle épousa le roi d’Angleterre et lui apportera beaucoup de terre du sud ouest de la France…

Louis VII écarte sa mère de la Cour, mais garde les conseillers de son père, dont l’abbé de Saint-Denis, Suger. Il poursuit la politique de son père et continue de mettre en valeur le domaine royal. Cette même année débutent les travaux de construction de la basilique Saint-Denis. Il fait de multiples concessions aux communautés rurales, encourage les défrichements et favorise l’émancipation des serfs. Il prend appui sur les villes en accordant des chartes de bourgeoisie (Étampes, Bourges) et en les encourageant hors de son domaine (Reims, Sens, Compiègne, Auxerre). Il soutient enfin l’élection d’évêques dévoués au pouvoir royal. Il partit pour la deuxième croisade.

Nous lui devons pour l’anecdote, l’ébauche de nos droits de l’homme :

« Un décret de la divine bonté a voulu que tous les hommes, ayant la même origine, fussent douées dès leurs apparition d’une sorte de liberté naturelle. Mais la Providence a permis aussi que certains d’entre eux aient perdu, par leur propre faute, leur première dignité et soient tombés dans la condition servile. C’est à notre majesté royale qu’il est donné de les élever de nouveau à la liberté. »

Les premiers capétiens ont su maintenir leur dynastie à la tête du royaume, en sacrant et couronnant leurs fils de leurs vivants, ils ont un peu agrandi le domaine. Les Capétiens deviendront incontestablement la famille royale française au XIIème siècle avec l’ébauche de la notion d’Etat par le droit romain.

  1. L’accroissement du pouvoir royal du XIIème au XIVème siècle.

Son fils, Philippe II Auguste devient roi en 1180. Il marque le début de la naissance du royaume de France. Il accroît le pouvoir royal dans le royaume avec la création de bailli pour administrer. Il fait de Paris une grande capitale avec la création du Palais du Louvre.

Surtout, en 1214, il remporte contre son vassal, le puissant roi d’Angleterre la bataille de Bouvines, où il agrandit considérablement son pouvoir royal. A cette date, les capétiens ne seront plus contestés dans leur légitimité, et son fils le futur Louis VIII n’aura plus besoin d’être sacré du vivant de son père. Il accroît aussi l’influence des capétiens dans le sud de la France avec la croisade anti albigeois en 1207 qui dura jusqu’en 1244. Il meurt le 14 juillet 1223, son fils Louis VIII ne règnera que 3 ans. (Au passage, les barons anglais avaient fait appel à lui pour qu’il devînt roi d’Angleterre).

En 1226, l’un de nos rois les plus connu règne, c’est Louis IX, dit Saint-Louis. Il continue la politique de baillage de son père, qui donnera

Saint Louis

Saint Louis

l’image d’Epinal du roi justicier dessous son chêne de Vincennes. En 1254, il fait des grandes ordonnances judiciaire allant contre une justice favorable aux riches et défavorables aux pauvres. Il impose l’habeas corpus avant l’heure : tout accusé qui n’est pas encore condamné est présumé innocent. On commence à consigner les appels de la cour royale. Il crée aussi le parlement de Paris, cours de justice. Il centralise le pouvoir monétaire, seul le roi peut battre monnaie. Enfin, en 1257, la Sorbonne ouvre ses portes grâce à Saint-Louis, ouvrant la gratuité de l’enseignement supérieur.

Sa Sainteté est du au respect scrupule des commandements de l’Eglise, et surtout à l’aide apportées aux pauvres, à les soigner, laver les pieds comme le Christ… Il meurt en Croisade en Tunisie et sera canonisé en 1297. Son fils Philippe III le succède en 1270. Il continuera la politique de ses pères.

Enfin, en 1285, Philippe IV le bel devient roi. Grand roi qui agrandit le pouvoir du roi et les frontières de la France. Il consulte les représentants de la nation avec les Etats-généraux (1304) pour lever les impôts contre le pape. Il veut être « empereur en son royaume » et ne reconnaît la puissance temporelle du pape et de l’empereur sur la France. Il a comme « eternel » rival, le roi d’Angleterre qui ne respecte pas ses devoirs. Ca sera la guerre ! D’où sa volonté d’accroître les impôts via les Etats généraux qui déplaira le pape puisqu’il veut lever un décime sur le clergé français. Il fait déposer le pape Boniface III en 1303.

En 1307, il s’empare de l’argent des templiers. Jacques de Molay est brûlé vif en 1314 et maudit le pape et le roi… qui mourront dans les 40 jours.

  1. Les derniers capétiens.


Avec trois fils, l’avenir de la dynastie semblait assuré, mais « le miracle capétien » prend fin.

Son fils Louis X le hutin lui succède, il ne règne que jusqu’en 1316, il affranchit les serfs du domaine royal. Il meut sans fils, son frère, Philippe prend la régence le temps d’attendre la naissance d’un plausible fils de Louis X. La reine accouche d’un fils Jean Ier, qui « règnera » que 4 jours, son oncle devient Philippe V. Il règne jusqu’en 1322, il n’a pas de fils, son frère Charles IV le Bel devient roi durant 5 ans. Il meurt sans fils.

La crise de succession commence, entre Edouard III, roi d’Angleterre neveu de Charles IV par sa mère et un cousin, Philippe de Valois, un cousin du dernier roi. Les barons se rappelant qu’à l’origine la monarchie était élective, élisent Philippe de Valois, sous le nom de Philippe VI préférant un roi français qu’étranger. La guerre de 100 ans commence en 1338 pour finir en 1453.

A la fin de la guerre de 100 ans les Valois recentralisent le pouvoir royal (Charles V, Louis XI, François Ier) mais à la fin XVIème siècle, le pouvoir royal est menacé de guerre de religion. Elles sont mises fin, avec la dynastie des Bourbons, branche cadette des capétiens, avec Henri IV. La dynastie des Bourbons règnera sans discontinuité jusqu’à Louis XVI (1792), puis sera restauré en 1814 avec ses frères Louis XVIII et Charles X et avec les Bourbons-Orléans Louis-Philippe Ier, suite à une révolution en 1830. Les capétiens se maintiendront jusqu’en 1848.