La Diplomatie et l’armée de la Restauration à la Monarchie de Juillet.

La diplomatie.


duc-dangouleme

Les rois du XIXème siècle reprirent une diplomatie traditionnelle propre à la monarchie capétienne surtout celle du XVIIIème siècle, sous Louis XV et Louis XVI. Ils ne cherchèrent pas une expansion en Europe, mais se contentant du « pré-carré ». Ce pendant, la recherche d’une gloire militaire hors de hors de nos frontières étaient quelque peu recherchés pour le prestige de la monarchie et assoir une certaine légitimité.

Les traités de Vienne de 1814 et 15 mettant fin à l’empire de Napoléon, donna à l’Europe pendant un siècle l’ordre européen. La France prit par à cet ordre et fit même l’un des arbitres et garant de l’équilibre européen par l’intermédiaire de Talleyrand.

Louis XVIII renonça au premier traité de Vienne, à tout idée d’expansion pour s’appuyer sur des petites et moyennes puissances, en protégeant les Etats italiens et Allemand, comme le fit Richelieu et Mazarin.

Il eut aussi une politique familiale digne de l’Ancien Régime, en soutenant son cousin le roi de Saxe, et le Bourbon d’Espagne et de Naples.

a coutume de dire, ce traité ne fut pas humiliant pour la France mais avantageux. Ce pendant, après les cents jours et la chute de Napoléon, à Waterloo, le deuxième traité de Vienne l’est beaucoup moins. Nous perdons la Savoie, plus les fortes places comme Philippeville. La France est occupée en partie par la Sainte Alliance, pays conservateurs, voulant éviter toute révolution en Europe.

Louis XVIII, après Talleyrand, nomme comme ministre des affaires Etrangère, le duc de Richelieu. Celui-ci, se donna deux missions : évacuer les puissances étrangères en France après le traité d’Aix la Chapelle signé le 25 octobre 1818 et intégré le concert des Nations : « Nous avons fait bien des tords, mais nous avons fait pénitence publique. Maintenant nous demandons à être admis dans le giron de l’Eglise (i.e la quadruple alliance). Vous ne nous refusez pas, parce que nous sommes amendés, qu’il ne faut pas repousser le pécheur repentant, et qu’en dernière analyse vous pouvez tout aussi bien nous admettant dans votre communion, que si nous étions exclus »et Richelieu concluait « La France ne peut pas être un corps isolé, il faut qu’elle se rattache à quelque chose pour ne pas s’agiter dans son orbite, à son détriment et à celui des autres »

-Nous avons en image, de rois passifs diplomatiquement, or il n’en est rien. La monarchie essaya par les évènements du moment d’exercer ces objectifs. La première occasion fut l’expédition d’Espagne, menée par Louis d’Angoulême pour rétablir Ferdinand VII dans ses droits en 1823. Au début, Louis XVIII n’était pas partisan d’une intervention militaire préférant jouer l’arbitre en proposant son modèle de Charte, mais ce fut un échec et du se résigner à une intervention. Cette victoire française permit à la France de retrouver du prestige et de la gloire nationale, et d’avoir lutter contre la révolution en Espagne, ce qui plut aux puissances européennes conservatrices. Le même cas de figure eut lieu à Naples et en Sicile, où ses cousins furent rétablir mais, il donna l’impression de répandre le modèle constitutionnel en Europe. Ainsi, nous voyons que la Restauration permit de restaurer l’influence française en Europe, l’équilibre européen tout en promouvant l’idée du juste milieu constitutionnel.


Une autre occasion de redonner le blason à la France fut l’expédition en Grèce. Par le courant romantique, l’orientalisme fut à la mode aux salons parisiens. En 1821, les grecs se révoltèrent contre la joute ottomane. Le 27 janvier 1822, la Grèce proclama leurs indépendances. Tous les courants politiques les soutinrent ; Ultra par fraternité chrétienne, libéraux pour le droit des peuples à disposer d’eux même. Le roi Charles X est donc en phase avec l’opinion public. Ainsi, il lance une expédition, et la flotte française gagna victoire à Navarin, le 25 Octobre 1825, ce qui coupa la flotte turco-egyptienne de la base et affaiblissait l’empire Ottoman. En 1828, il envoya un corps expéditionnaire en Morée. L’amiral de Rigny convainquit le Pacha d’accepter une suspension des armes. Le 14 août 1829, le traité d’Andrinople consacra l’indépendance de la Grèce et le février 1830, la Grèce fut une monarchie. Par sa fermeté, Charles X joua les médiations entre l’Angleterre et la Russie qui avait des intérêts divergents dans la région, ce qui évita sans doute un conflit.

prise-dalger Enfin, le dernier la dernière victoire de la Restauration fut la conquête d’Alger. Nous pouvons discerner plusieurs causes, la première financière datant de 1798, la seconde politique, Charles X espéra redonner de la gloire à son trône, et la troisième, pour mettre fin au piratage et à l’esclavage des chrétiens des blancs par les musulmans d’Alger. Ce fut une victoire amère, puisque nos meilleurs soldats loyaux furent là bas et non à Paris durant les Trois Glorieuses. Mais, Charles X laissa à la France en héritage l’Algerie, dont la colonisation sera l’œuvre de la Monarchie de Juillet.

Louis-Philippe bien que libéral et incarnant « un Vatican II de la Royauté » comme le définit Guy Antonetti dans sa lpbiographie continua la politique diplomatique de la Restauration et donc de la monarchie Capétienne. Il incarna la continuité nationale en matière diplomatique face à une instabilité ministérielle. Sa politique fut axée sur trois idées :

–> éviter la guerre à tous pris.

–>Reconnaissance de sa famille dans les cours européennes

–>Intermédiaire entre l’Autriche et l’Angleterre.

« La France montrera à l’Europe qu’uniquement occupé de sa prospérité intérieure, elle chérit la paix aussi bien la liberté et ne veut que le bonheur et le repos de ses voisins » Louis-Philippe, lors de son avènement.

Lors de sa prise de sa succession, il prit Mollé, aux affaires étrangères, et Talleyrand comme ambassade à Londres, ce qui rassura les cours européennes.

La première crise internationale de son règne est l’indépendance de la Belgique, s’inscrivant dans des révolutions libérale et nationale en Europe. Les belges demandèrent l’aide de la France et souhaite comme roi, le duc de Nemours, fils de Louis-Philippe. La Belgique fut toujours un point contentieux dans les affaires internationales, entre la France et l’Angleterre, évitant que la France s’en empare au risque de lui déclarer la guerre. Souvenons-nous que durant la guerre de succession d’Autriche, Louis XV déclina l’offre de l’annexion de la Belgique, même conquise, prétextant qu’il n’est pas là pour négocier en commerçant mais en tant que roi. Louis-Philippe fut de même, il refusa le trône pour son fils, par peur de provoquer une guerre avec l’Angleterre, pensant que la Belgique pourrait être « vassale » de La France. Ce pendant, Louis-Philippe fit épousé sa fille, au nouveau roi de Belgique, trouvant un compromis dynastique.

La deuxième crise de ce « printemps des peuples » fut la Pologne. Nos liens avec la Pologne remontent au moins depuis, Henri III, qui fut pour une courte période roi de Pologne, et ce pays fut allié de la France révolutionnaire. Louis-Philippe refusa d’intervenir militairement, suite à la proclamation de l’indépendance pour ne pas bouleverser l’équilibre européen.

Enfin, la même période voit des troubles nationalistes en Italie, menaçant le Vatican. L’Autriche intervienne, ce qui fait protester la France, et fait pression contre Grégoire XVI pour faire partir les autrichiens et appel à la réforme. Cela se réalise et la France en si peu de temps, augmente son influence et se trouve l’arbitre de l’Europe.

La première décennie du règne, voit l’alliance avec la monarchie constitutionnelle anglaise, par idéologie, et tradition orléaniste-, pensons au régent. Ce pendant au cours de la décennie des années 40, l’alliance traditionnelle depuis le XVIIème siècle, se réalisa avec l’Autriche. La Monarchie de Juillet tenta le rôle de l’arbitre entre L’Angleterre et l’Autriche, selon nos intérêts, puisque nos relations ave l’Angleterre s’est quelques peu refroidi   .

Cela commençait en 1840, au moyen orient. L’Europe risque de connaître une guerre à propos de Mehemet Ali d’Egypte, menacé par l’Empire Ottoman dont les intérêts anglais et russe sont enjeux. Les anglais nous tapissèrent en séparant nos intérêts. Mehemet Ali doit rendre ses possessions aux turcs par pression. Thiers, qui est ministre, appela à la guerre et à l’invasion du côté droit du rhin. Louis-Philippe ne voulant pas la guerre, renvoie Thiers et le remplace par Guizot, comme premier ministre. Le 13 Juillet 1831, est signé le traité de Londres. Il prévoit le retour du la situation de 1832 : le Bosphore est interdit de navigation, et Mehmed Ali est roi héréditaire en Egypte.

Suite à cette affaire, Guizot fut nommé Ministre des affaires étrangères. Cet anglomane, spécialiste de Glorieuse Révolution anglaise souhaite l’entente cordiale avec l’Angleterre et la paix à tous prix.

Ce pendant, cette politique sera dure à maintenir, avec les événements de la décennie, mais la paix sera maintenue, malgré des discordes dans tous les coins du monde.

La première crise du ministère de Guizot fut celle d’Haïti en 1842. Dans cette île a lieu, une lutte d’influence entre des missionnaires protestants et des militaires français. Les parlementaires français pousse Guizot à la guerre contre l’Angleterre, mais celui-ci refuse, après cette expérience, où il est traité de traite servant les intérêts anglais, il en retiendra : « C’est l’un des inconvénients du gouvernement parlementaire, que les évènements et les questions, au moment, où elles apparaissent et tombent dans le domaine de la discussion, grandissent démesurément et prennent aux yeux du public, une importance de toute proportion avec la vérité des choses et les intérêts du pays »

En outre, Guizot doit faire face à une autre crise avec l’Angleterre, au Maroc.

En effet, en 1842, l’Angleterre reconnut implicitement la conquête de l’Algerie par la France. Le 1er mai 1843, le duc d’Aumale prit la Smala d’Abdel Kader, qui se réfugia au Maroc.

a frontière marocaine connut des troubles, car Abdel Kader est aidé par le Maroc. Ainsi, Guizot répliqua en envoyant un ultimatum, au Maroc, pour disperser les troupes marocaines à la frontière est sanctionner les coupables. Ce pendant, des anglais sont installés au Maroc pour commercer, et pensent que la France va annexer l’Angleterre car Joinville bombarde Tanger et le général Bugeaud gagne la bataille de l’Isly. Au finale, Guizot calme le jeu.

– Enfin, le mariage espagnol est un tournant dans les relations franco-anglaises. En effet, la reine Isabelle II avait l’âge de se marier. Toutes les cours européennes voulaient avoir l’un des leurs, sur le trône d’Espagne. L’Angleterre voyait un Saxe- Cabourg, et Louis-Philippe son fils Montpensier, pour garder le trône d’Espagne aux Bourbons. Ce pendant, les deux pays trouve un compromis avec le duc de Cadix « Paquita », cousin de la reine. Mais celui-ci avec des airs féminins lui déplurent. Mais, en bonne chrétienne dut l’accepter. Louis-Philippe ressortit gagnant de ce mariage, puisque le trône d’Espagne resta dans la famille, et Montpensier épousa la cadette de la reine. L’Angleterre s’était sentie trahie et répliqua par le traité d’Utrecht. Nos relations se sont refroidies. Certains historiens comme Antonneti, pensent que le refroidissement de nos relations avec l’Angleterre en 1829 et 1847, n’est pas pour rien dans les révolutions de 1830 et 1848.

La France dans le monde.

La bataille de Navarin, tableau de 1846 d' Ivan Ayvazovskiy (1817-1900)

La bataille de Navarin, tableau de 1846 d' Ivan Ayvazovskiy (1817-1900)

Tous d’abord, le retour de la France dans le monde est du à la renaissance de la marine, délaissée par la Révolution et l’Empire. Celle-ci rivalisait avec la Royale Navy sous Louis-Philippe et a été la base de notre marine à l’époque contemporaine. La Marine permit la bataille de Navarin en 1829 et la conquête d’Alger et l’expansion du domaine coloniale sous la IIIème République. Marseille connut grâce à cela, et jusqu’en 1962, son apogée commerciale du aux colonies. La marine se modernisa et rentra dans l’époque contemporaine, avec la machine à vapeur. Louis XVIII, et Charles X lancèrent des grandes expéditions, renouant avec Louis XVI. Le plus célèbres des explorateurs était Dumont d’Urville qui découvrit les îles Fidji, et fit la reconnaissance d’îles inconnues en Nouvelle Islande, la Nouvelle-Bretagne et la Nouvelle-Guinée.

La Monarchie de Juillet hérita de cette marine et continua l’œuvre. Elle permit de commercer avec l’Amérique du Sud, nouvellement indépendants, à l’aide de comptoirs et eut le privilège de commercer avec la Chine.

Enfin, les rois renouèrent avec l’aide d’évangélisation du nouveau monde, surtout dans le pacifisme, avec le soutien, du pape Grégoire XVI, qui redonna le titre du roi « Très Chrétien » à Louis -Philippe.

L’armée.

L’armée française a été réformée durant cette période. La royauté voulait éliminer le modèle révolutionnaire. Ces premières mesures furent l’abolition de Saint Cyr et la circonscription pour mettre en place l’enrôlement. La carrière miliaire offrait un bon débouché, pour la classe moyenne puisque la Restauration fonctionnarisa l’armée et surtout les officiers : le premier fonctionnaire dont le déroulement de carrière soit organisée et garantie » Général Dalmas. Le but de cette fonctionnarisation est de défendre l’Etat, indépendamment de la couleur politique et l’armée est le garant de l’Etat de droit.

La monarchie de Juillet perfectionnera cette politique. La loi du 23 février 1833 prévoit que l’école d’application d’Etat-Major et ouverte à une promotion annuelle de 25 sous lieutenants issu pour 22 de Saint Cyr et de 3 polytechniciens. Une société militaire s’organisait pour le temps de paix. Elle intervient peu à l’extérieur, et maintien la paix et l’ordre à l’intérieur.

L’armée se modernise avec l’artillerie et le génie. L’expédition en Algerie a été composée de plus de 37 000 hommes. En 1845, l’armée d’Afrique fut composée de 115 000 hommes, soit un tiers de l’armée française. Ce sont ces régiments qui libéreront la France en 1942. Louis-Philippe installa l’école de sous Lieutenant en Algerie très réputée.

Le processus de fonctionnarisation se poursuivit sous Louis-Philippe, et plaça ses fils au sommet de l’armée pour la surveiller.  L’armée est l’une des première préoccupation du nouveau régime. Tout au long de 1831-32 l’armée sera réformée et la loi de Gouvion-de Saint-Cyr de 1818 est revue. Les effectifs sont doublés passant à 400 000. Enfin, le 9 mars1831, Louis-Philippe créa la légion étrangère, toujours existante, pour intervenir hors dehors du territoire national.

En 1838, la loi Soult met l’indépendance vis à vis du favoritisme. Puis, loi mettant la mise en activité. Le système se fige sous la monarchie de Juillet.

La modernisation et la fonctionnarisation a débuté sous la monarchie au XIXème siècle. L’encadrement disciplinaire et l’obéissance absolue à la hiérarchie est en vigueur. Napoléon III renforcera ce système.

La Restauration marque, dans un premier temps le retour de la sagesse de nos rois, ne voulant pas une expansion mais des frontières sûres et un rôle d’arbitre. Ce pendant, Charles X par souffle romantique noue avec quelques aventures périlleuse avec l’indépendance de la Grèce et la prise d’Alger, par l’esprit de Croisade qui lui coûta son trône. Paradoxalement, Louis-Philippe Ier voulant une rupture avec l’Ancien Régime et la Restauration renoue avec la politique traditionnelle de nos rois.
Malgré un refus d’expansion en Europe, la France renouvelle son destin colonial, grâce à une modernisation de la marine. Le dernier vestige des Bourbons sera l’Algérie.

Enfin, l’armée connaît une modernité avec la fonctionnarisation et un début de démocratisation, qui est toujours d’actualité.

Olivier R.

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