III. « La République maurrassienne, ou L’héritage du « chambordisme ».

de-gaulle

La pensée du comte de Chambord ne restera pas lettre morte, après sa mort en 1883. Sa conception de la royauté unie à la patrie et à ses institutions donnant l’autorité en haut et les libertés en bas, inspira largement le penseur royaliste, Charles Maurras. Deux de nos présidents de la Vème République, furent plus ou moins sympathisants de la cause royale, et de l’AF,.

L’influence se verra avec Charles de Gaulle, avec un exécutif fort, d’un chef d’Etat, clef de voute des institutions, un parlementarisme rationalisé, un bicamérisme, un gouvernement responsable devant le chef de l’Etat et le parlement, le droit de dissolution pour le chef de l’Etat, l’intérêt national avant tout, et une méfiance vis-à-vis des partis. Dans le plan social, il prôna l’association des travailleurs, appelée participation, la concorde civile et la fin des luttes des classes et une certaine décentralisation, proposée lors du référendum en 1969, qui lui causa sa perte.

Sur le plan militaire, il était aussi favorable à une armée de métier dans vers une armée de métier, 1934, rejoignant l’idée du comte de Chambord, voulant mettre fin à la conscription :

« On en revient partout au temps des barbares où les peuples entiers se ruaient les uns contre les autres ! ». 26 janvier 1874, à propos de la généralisation de la conscription.

pompidou

Le second président de la République, George Pompidou, qui fut sans doute le plus républicain, fut aussi influencé par le dernier prétendant, via Charles Maurras, lors d’un discours à l’école libre de sciences politiques, le 8 décembre 1972, il cita un passage de Kiel et Tanger :

« « S’agissant de la France, de sa place et de son rôle dans le monde, il faut d’abord en prendre la mesure. Quelqu’un qui n’a jamais été mon maître à penser, tant s’en faut, Charles Maurras, a, dans Kiel et Tanger, dès 1910, prévu le monde actuel, je cite : « composé de deux systèmes : plusieurs empires avec un certain nombre de nationalités petites ou moyennes dans les entre-deux. Un monde ainsi formé, continue Maurras, ne sera pas des plus tranquilles. Les faibles y seront trop faibles, les puissants trop puissants et la paix des uns et des autres ne reposera guère que sur la terreur qu’auront su inspirer réciproquement les colosses. Société d’épouvantement mutuel, compagnie d’intimidation alternante ». C’est bien là ce que nous voyons, n’est-ce pas ? J’en conclus que l’action de la France, aujourd’hui puissance moyenne typique, est simple et évidente. […] » »

mitterand

Enfin, certaines idées, seront reprise par François Mitterrand, outre sa préoccupation sociale, se voit dans sa volonté de rentre l’indépendance à la magistrature ; et ainsi dans la décentralisation entamée en 1982 :

« Je vous demande de choisir les libertés communales, ces vieilles libertés héritées du Moyen-âge, contre les empiètement de l’Etat ». François Mitterrand, Politique 1, p. 430.

En outre, François Mitterrand, épris d’histoire, se voyait dans la lignée des présidents légitimes, de Gaulle, Pompidou, succédant à Henri V, contre, le candidat « orléaniste et usurpateur » qui fut, selon lui, Giscard d’Estain.

Conclusion.

Bien que le comte de Chambord n’eût pas eu d’enfant, il eut quand même des héritiers spirituels et politiques. Si la Vème République fête ces 50 ans, c’est en partie du à sa nature de « monarchie élective », largement inspiré des théories du comte de Chambord. Les trois présidents qui ont marqué l’histoire de la Vème république et les plus appréciaient, furent des héritiers indirects du dernier roi de France. Ainsi en quelque sorte, le vieil adage « le roi est mort…. Vive le roi » continua d’exister indirectement au XXème siècle.

Sources :

Le comte de Chambord, dernier roi de France, Daniel de Monplaisir, Perrin, 2008.

L’illégitimité de la République, Fabrice Bouthillon, Commentaire, Plon ;2005

François Mitterrand, le dernier des Capétiens, Guy Gauthier, France-Empire

Les enfants de Louis-Philippe et l France, Arnaud Teyssier, 2006

Georges Pompidou, Discours prononcé à l’occasion du centenaire de l’école libre des sciences politiques, 8 décembre 1972, in Entretiens et Discours, tome I, Plon, 1975, p. 97.

Louis XVI, Jean-Christian Petitfils, 2005

http://www.royaliste.org/IMG/article_PDF/article_500.pdf

http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?f=40&t=5394

http://www.royaliste.org/spip.php?article501

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